‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 153 sur 218 · EMINENT PEINTRE ANVERSOIS · texte numérisé non relu

EMINENT PEINTRE ANVERSOIS

Il n'y a quune voix pour déplorer le sort de ceux qui, arrivés de bonne heure à Téminence artistique, et alors que Ton était en droit d'attendre d'eux une longue série de travaux distingués, sont enlevés soudainement. Le fait est malheureusement fréquent et Jacques De Bäcker nous en a fourni, il y a peu d'années, un nouvel exemple. Il était natif d'Anvers et, dit-on, fils d'un bon peintre qui, pour échapper à une poursuite en calomnie, se réfugia en France où il mourut.

Jacques De Bäcker a été désigné aussi sous le nom de Jacques de Palerme d'après certain Antoine Palerme, peintre et marchand de tableaux, chez qui il habitait ~. Ce Palerme tenait le jeune homme très serré et exigeait de lui une grande somme de travail, si bien que Jacques arriva de bonne heure à être très habile, non sans profit pour Palerme qui envoyait ses œuvres en France et les vendait un bon prix. Cela ne l'empêchait pas de talonner De Bäcker, sous prétexte que ses œuvres ne se plaçaient pas bien, et il fallait que celui-ci, selon l'expression vulgaire, travaillât comme un cheval pour produire quelque chose qui satisfit.

S'il lui arrivait d'obtenir un jour de congé, il le consacrait encore à modeler la terre et à se perfectionner.

Un peu plus tard, De Bäcker alla chez Henri van Steenwyck'*,

1. Il iniporic de iic pas confondre ce peintre avec son homonyme hollandais, qui vécut au xvii" siècle. De Bäcker n'est pas inscrit aux res^istres de la gilde de Saint-Luc d'Anvers.

2. 11 était natif de Malines, se fit recevoir bourgeois d'Anvers en 1547, ^^ P'"''- ^"^ P^^t considérable aux travaux de décoration de la ville pour l'entrée de l'infant Philippe en 1549. Doyen de la gilde de Saint-Luc en i555, i56i, iSyo et ibji, il mourut à Anvers en i588-8y. (Voyez Ph. Rombouts et van Lerius, les Liggeren aux années indiquées.)

3. Reçu franc-maître en 1577. Van Mander lui consacre une notice. (\'oyez ci-après, tome 11, chapitre w.)

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