MATTHIAS ET JEROME KOCK
de son propre pays. Ce furent encore ses presses qui léguèrent à la postérité l'image des plus grands artistes flamands et les événements dignes d'être recueillis, tels que
MATTHIAE COCO, ANTVERPIANO, PICTORI. HIERONYMI FRATRI.
Ju ctuoque, Mattnta, Jtr mnaere rura fnebas,
^t tivt vtx dederint temvora noßra varem Erao, auocf artifices inter J^ectaris et ivse,
Qmos tmtnortafi heiaica fßucfe coCit--, CS/on m te vietas t£mtù,in J-raterna , Jepf arti ^E0lnt; et merito [aus tribuen^a tuée ■
jMATTHIAS cock.
Fac-similù de la gravure de Jean Wicricx.
les Victoires de Charles-Quint gravées par Coorenhert d'après Hcemskerck et la Pompe funèbre de l'Empereur. Les plus beaux recueils d'architecture de Vredeman
De Vrics, les planches d'ornements de Collaert, etc., virent d'abord le jour par ses soins.
Peintre lui-môme, et inscrit en cette qualité parmi les membres de la corporation de Saint-Luc en 1 546, à son retour de Rome où il s'était lié avec Vasari, il forma des élèves éminents. Pierre Breughel le Vieux, surnommé le Drôle, étudia d'abord sous sa direction; il en fut de même de Corneille Cort et fort probablement aussi de Georges Ghisi admis comme franc-maître à Anvers, en même temps que Pierre Breughel, en i55 I.
11 est donc évident que la belle planche gravée par le maître mantouan d'après la Cène de Lambert Lombard', et qui porte, avec la date de i55i, l'adresse de Jérôme Cock et une dédicace à Granvelle, fut gravée à Anvers même. L'étude des œuvres de Georges Ghisi nous avait dès longtemps permis de constater une influence flamande dans l'école que représente ce maître illustre-; le fait est aujourd'hui prouvé et ce n'est point un mince honneur pour Jérôme Cock que d'avoir donné à l'Italie, d'une part, le graveur qui reproduisit les œuvres de Jules Romain; de l'autre, celui qui eut la gloire de travailler directement sous la direction du Titien à la reproduction des œuvres de ce maître, et de former des élèves tels qu'Augustin Carrache; nous avons nommé Corneille Cort.
Bien que Jérôme Cock ait manié lui-même le burin, on lui a attribué beaucoup plus de planches qu'il n'en a réellement produit. Ni les Victoires de Chai'les-Quint, ni la Pompe funèbre, ni les planches d'après Jérôme Bosch, ni celles d'après Breughel, ne sont de lui, comme l'avance M. E. De Busscher dans la notice du maître insérée dans la Bibliographie Nationale de Belgique. En réalité, c'est presque toujours à l'eau-forte que Jérôme Cock a gravé et l'on ne doit lui attribuer que les planches qui portent la signature Hieronymus ou H. Cock fecit.
Quant aux initiales H. C. F., elles appartiennent exclusivement à Collaert le vieux.
■1. H. Hymans, Hiitoire de Li f^raviirj d.ins l'ccole de Rubens; Bruxelles, 187g, page 5.
HÎERONYMO COCO ANVERPÎAK.
PICTORI.
FaUor { an efßgiem yultus^Hteroriyme jpnmûm
Hanc duxit piBor poß tutifata tut?
Isle/cio cjuidcertètorpens ^ languidum m illa^
Ü\(on prorfum indoBis in nuit hococulü.
Clariùs, heujcdenim loquitur caluaria cunHù-,
Indice commonßrat quam tua Iceua manm:
Hiprceiere Qocum artifices • quos deinde fecut'/j
Vos ijfdem comités ille ^flbique yocat.
Fac-similc d; la gravure de Jean Wiericx.