Crowe et Cavalcaselle, édition Springer, pages 87 et
3. Crowe et Cavalcaselle, édition française, tome II, pages 123-J27; Idem, édition allemande, page 104, note i.
4. Bulletins de la Commission royale d'histoire, tome XIII, page 140.
5. V. ,-l?r/jR/ d'Obreen, tome V, page 3oi. Art. de M. A. Bredius.
tableau représentant Saint François », légué en 1470 par Anselme Adornes, à ses filles Marguerite et Louise. Le testateur exigeait que des volets fussent ajoutés à ce tableau et qu'on v représentât son portrait et celui de sa femme '. Il existe au musée de Turin et chez lord Hevtesbury deux œuvres répondant à cette description-.
Saint François est accompagné d'un frère et reçoit les stigmates; le tableau de Turin a souffert, mais est encore d'une surprenante beauté. Les pieds et les mains sont exécutés avec le soin habituel de van Eyck. Les draperies ne sont pas moins parfaites. Au fond, entre des rochers, coule un fleuve; dans le lointain une ville dont la précision et le détail font songer à la Vierge du Louvre.
Une page de grande importance, le Triomphe de l'Eglise sur la Synagogue ou la Fontaine de la vie, revendique sa place parnii les créations des van Eyck. Ce tableau, qui est au musée de Madrid ■', a été l'objet d'appréciations infiniment variées. La disposition générale et les types évoquent tout naturellement le souvenir de V Agneau mystique; de part et d'autre on trouve des personnages dont il est impossible de contester l'identité ; Crowe et Cavalcaselle ont même fait reproduire, d'après le tableau de Madrid, les portraits présumés d'Hubert et de Jean van Eyck; mais l'analogie cesse en ce qui concerne l'exécution picturale. « Comparativement à V Agneau mystique, dit Woltmann, les caractères sont effacés et l'exécution est inégale \ » Pourtant il accepte l'œuvre comme datant du milieu du xV siècle. C'est aussi l'opinion de M. J. Rousseau"'. Pour Mündler, Waagen, et M. Eisenmann, la Fontaine de la vie peut être une composition personnelle d'Hubert van Eyck, mais l'exécution n'est plus que d'un de ses continuateurs ''. Enfin, MM. Bode et Bredius sont d'avis que la peinture est du xvi^ siècle et reproduit un original disparu^. D'autre part, un connaisseur eminent, M. le professeur C. Justi, dans une lettre qu'il nous fait l'honneur de nous écrire, émet l'opinion que le tableau n'a ni l'aspect d'un original ni surtout le caractère d'une peinture des frères van Eyck. « Feu le directeur Sanz du Musée del Prado me disait, ajoute notre correspondant, que le tableau avait été un peu retouché dans le bas; j'affirme que l'exploration la plus minutieuse au moyen de la loupe ne révèle aucune trace de retouche et l'on est amené à se demander si le tout n'est pas une copie.
« D'après une communication de W. Bürger à M. Madrazo [Miiseo espanol de antiguidados, IV), une répétition ancienne du Triomphe de l'Eglise se trouvait à Paris chez M. Haro. » Nous ne citons que l'avis des plus récents auteurs. Il existe trop d'œuvres incontestées de Jean van Eyck, — signées et non signées, — pour que tant
1. Alexandre Pinchart, Archives des arts, sciences et lettres; première série, tome I", page 26g. Voyez aussi Anselme Adornes, par le comte de Limburg Stirum {Messager des sciences historiques, 1881), avec des fac-similés de portraits dessinés, qui ont peut-être servi pour l'exécution des volets.