‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 160 sur 218 · GUILLAUME KEY · texte numérisé non relu

GUILLAUME KEY

D'après une autre version, il serait mort quelques Jours plus tôt, ses amis gardant le secret sur les causes de son décès.

D'autres encore soutiennent qu'il fut tellement frappé de l'aspect sévère du duc d'Albe qu'il en tomba malade et mourut, mais je crois que c'est là un conte inventé à plaisir.

Lampsonius dit de lui :

L'habile main de Key a peint des visages Que vous croiriez animés, tant ils sont réussis. Moro, seul excepté, d'après mon sentiment, Personne dans la Néerlande n'a triomphé de lui.

COMMENTAIRE

Il n'est possible d'attribuer, avec certitude, aucune oeuvre à Guillaume Key. Selon toute vraisemblance ses portraits se confondent avec ceux d'Antonio Moro et d'autres maîtres, au gré de la fantaisie des catalographes et suivant l'aspect des personnages représentés. Le portrait du duc d'Albe étant, à notre connaissance, la seule effigie flamande du personnage, mentionnée dans les sources authentiques, et portant, en outre, les caractères de la sincérité, nous pensons ne pas trop nous éloigner des présomptions licites en proposant le nom de Key.

La Galerie du palais de Hampton Court nous montre une œuvre plus probable du pinceau de notre artiste. C'est une tête de Lazare Spinola, datée de i566, et déjà portée sous le nom de Key à l'inventaire du roi Charles W. * La peinture est d'ailleurs consciencieuse, mais d'une médiocre portée.

Au musée de Pesth (^salle IX, n°7), existe un Portrait d'homme également attribuée Guillaume Key. Nous ignorons l'origine de cette œuvre.

Dans l'ancienne Galerie du roi de Hanovre, à Hanovre, nous avons vu deux portraits fort remarquables attribués à Guillaume Key. Ils se font pendant et représentent probablement le mari et la femme. Ce sont d'ailleurs de fort petits tableaux. L'homme est coiffé d'un bonnet noir et, en parcourant l'inventaire des tableaux ayant appartenu à Rubens, nous y relevons, sous le n° 187, le portrait d'un homme coiffé d'un bonnet noir par Guillaume Key. C'est peut-être là une simple coïncidence. Un second tableau du même peintre, de la collection du chef de l'école anversoise, est simplement indiqué comme « peint sur fond de bois ».

Un tableau de Caïn et Abel, de Guillaume Key, passa en vente à Anvers en 1749 avec la collection van Halen. Le musée d'Anvers possède une toile anonyme du

I. E. Law, Historical Catalogue of the Pictnrcs in thc Royal Collection at Hampton Court, n" 609.

mcmc sujet in° 601). Nous ne pensons pas que Ton puisse y voir une œuvre du XVI« siècle, à moins qu'elle n'ait été fort dénaturée par des retouches, et le catalogue la range, sans doute avec raison, parmi les œuvres du siècle suivant.

Le tableau de Key devait être d'une certaine importance, car il se vendit 2o5 florins, somme considérable pour le temps.

Par contre, le Portrait de Guillaume Key tenant sa palette et ses pinceaux, qui passa en vente à La Haye en 174? collection Seger Fierens), n'atteignit que i3 florins *.

A Anvers, en 1659, après le pillage de la maison du bourgmestre Guillaume van Halmale, les personnes qui habitaient avec lui réclamèrent du Conseil de Brabant des indemnités pour le dommage subi. Un colonel de Altuna déclara avoir perdu sept portraits de ses ancêtres, exécutés par Guillaume Key-. Il les évaluait à 72 florins.

Si nous rapportons cette mention, c'est à seule fin d'établir, qu'à l'époque dont il s'agit, les œuvres de Guillaume Key ne se confondaient pas encore avec celles d'autres portraitistes.

I. Probablement l'effigie reproduite en gravure pour le recueil de Lampsonius. ■->. Alex. Pinchart, Archives des arts, tome II, page iSb.

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