‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 181 sur 218 · Même sujet au Belvédère, 2° étage, salle III, n · texte numérisé non relu

Même sujet au Belvédère, 2° étage, salle III, n

5. M. le docteur A. vander Willigen [Nederlandsche Spectator, page 139, 1867) nous montre la suite des Travaux d'Hercule, offerte en vente de la main à la main, à La Haye en 1697. L'annonce dit expressément qu'il s'agit des peintures citées par van Mander.

D'autre part, nous voyons la même série présentée en vente publique, avec la collection du comte de Hogendorp, à La Haye, en 1751 : « N" 128 : dix pièces de Frans Floris représentant les Travaux d'Hercule de grandeur naturelle, pouvant servir à la décoration d'une grande salle. » On paya le tout 3oo florins.

Corneille Cort, d'après les dessins de Simon Janszoon Kies, d'Amsterdam, élève d'Heemskerck et de Frans Floris, et qui était un habile dessinateur à la plume, procédant par simples hachures; ce que sont devenues ces peintures, Je l'ignore'.

Les œuvres de Floris se sont répandues dans beaucoup de pays, aussi bien en Espagne qu'ailleurs, et attestent son mérite.

C'était un homme passionné pour son art. On le voyait rentrer plus d'à moitié ivre, prendre le pinceau et accomplir beaucoup de besogne, semblant plus alerte et plus animé au travail, car il avait coutume de répéter : « Quand je travaille, je vis; quand je m'adonne au plaisir, je meurs. » Notre jeunesse artiste devrait bien s'approprier cette parole et y conformer sa conduite.

Frans fut admis à la gilde des peintres en iSSg; il mourut en iSyo-, ayant à peine atteint la cinquantaine. Il reçut une honorable sépulture, le jour de la Saint-François".

Il laissa des fils qui embrassèrent la carrière artistique. Un Baptiste Floris fut pitoyablement occis à Bruxelles par les Espagnols ^ Un second Frans est actuellement à Rome et s'y est fait un nom comme peintre de petits tableaux ^

Mais Frans a surtout formé des élèves excellents; sous ce rapport aussi, il surpasse tous les peintres qui ont existé dans les Pays-Bas, car, dans tous les pays de la chrétienté, un bon nombre des meilleurs maîtres furent ses disciples. J'ai eu un jour une discussion avec Frans Menton d'Alkmaar^, son ancien disciple, à propos de ce fait et de la circonstance qu'aujourd'hui les meilleurs maîtres font si peu de bons élèves; selon lui, la raison en était dans les grands travaux que Frans

1. Le mot sitbwba)W qui se lit sur une des planclies gravées par Corneille Cort pour la suite des Arts libéraux ne doit pas être interprété comme une preuve que l'œuvre fut peinte à Rome, ainsi que le pense M. Riegel. [Beiträge :^ur Niederländischen Kunst-Geschichte, tome II, page 20.) L'avenue du Margrave où demeurait Jonghelingh était située hors des portes d'Anvers.

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