Elisabeth Verhulst (alias Bessemers), de Malines
7. Marcel (il fut apothicaire), Scipion, Jules (le graveur), Aurèle, Marie, Sabine et Catherine. « En 1575, dit M. Weale, ses enfants l'aidaient beaucoup dans ses travaux: Marcel consacrait ses heures de loisir à la mise au net de la rédaction de son père, besogne dans laquelle il était aidé par Aurèle qui dirigeait les ateliers; Scipion dessinait les niédailles que Jules gravait; Sabine et Catherine mettaient les feuilles en ordre pour le brocheur et paraphaient les volumes reliés. »
rORTRAIT DE HUBERT GOLTZIUS.
Fac-siniilc de la gravure de Melchior Lorcli, d'après la peinture d'Antonio Moro.
38o LE LIVRE DES PEINTRES
Il entreprit le voyage de Rome à Tinsu de sa femme, celle-ci le croyant seulement parti pour Cologne'.
Pendant son séjour à Bruges, il se montra fort empressé aux prédications d'un moine franciscain nommé Frère Corneille, et Ton dit qu'il écrivit et publia les sermons de ce moine dont il peignit de mémoire le portrait en buste, et presque de face, très ressemblant et animé de colère sous l'impression des écrits satiriques en prose et en vers qu'on dirigeait contre lui ~. J'ai tenu entre mes mains cette œuvre, qui était fort remarquable sous le rapport de l'art.
En secondes noces il épousa une femme de médiocre réputation, au grand désespoir de ses enfants et de ses amis, et au préjudice de son repos et de son honneur, comme il est arrivé si souvent à ces hommes sages et intelligents qui se sont imaginé pouvoir, par le raisonnement, l'éducation, les habitudes régulières, détacher de leurs penchants fâcheux des femmes par lesquelles ils se sont laissé abuser^.
C'était un homme d'esprit sagace, distingué et courtois, tenu en haute estime par les personnages titrés et les savants.
Il avait fait hommage d'un de ses livres de médailles, richement relié, à Antonio Moro, qui dit ne vouloir s'acquitter envers lui qu'à l'aide de son pinceau. Il le fit venir chez lui une couple de fois le matin dans le but de poser pour son portrait, mais le renvoyait après
1. Les notes du Calendariiim nous renseignent à ce sujet: « Xov. iq. Imjar i55S ^och ich Hubert Golt:{. aus Brüg nach Italien die Studien der Medalien ^u uberselien und conterfeitcn. » (La 19 novembre, moi, Hubert Goltz., je partis de Bruges pour l'Italie, dans le but d'étudier et de dessiner les médailles), Le 14 novembre i56o, le savant était de retour : Im jar j56o kam ich wider gen Brüg.» (L'an i56o je revins vers Bruges.)
2. Corneille Adriaensen, né à Dordrecht en i52i, mort à Bruges le 14 juillet i58i, un des plus fougueux défenseurs des idées espagnoles dans les Pays-Bas. « Il était, dit M. Goethals, le fléau des hérétiques et des sectaires, car après les avoir poursuivis et ridiculisés dans la chaire, il fut encore chargé d'examiner ceux d'entre eux qui s'étaient publiquement compromis. Aussi les sectaires avaientils juré la perte de ce moine qui les poursuivait comme leur ombre. Il n'est point de crime dont ils ne l'aient accusé. » M. T. J. I. Arnold a publié, dans la revue hollandaise D/e/^c/ze warande, une série très remarquable d'articles sur le frère Corneille (187S). 11 y a inséré une biographie très consciencieuse d'Hubert Goltzius. (Pages 443 et suivantes.) Le portrait peint par Goltzius est à l'hôtel de ville de Bruges. Adriaensen y est représenté en buste, vu de face, revêtu de l'habit de son ordre. Une inscription latine indique le nom du personnage avec les mots: ad vivum delin. M.D.LXXIII.
3. Elle s'appelait Marie Vynck et était veuve d'un antiquaire de renom, Martin Smets. Le mariage, dit M. Weale, eut lieu au début de l'année i58i. Marie survécut à Goltzius et se maria une troisième fois.
HUBERT GOLTZ 38i
un bon déjeuner. A la troisième visite le peintre enleva, dans l'espace d'une heure ou à peu près, l'effigie qui était remarquablement bien faite et ressemblante. Il avait pu graver dans sa mémoire la physionomie véritable de Goltzius.
L'œuvre existe encore à Bruges, chez la veuve de Goltzius ou chez ses parents ^ ; elle a été reproduite par le burin et insérée dans un des volumes du savant-.
Les livres de Goltzius ont été honorés de diverses épitres latines ; je citerai surtout Tépigramme suivante qui lui fut adressée par un ambassadeur anglais :
In Effigiem Huberti Golt\ii, ab Antonio Moro expressam, Danielis Rogerii Angli Epigramma.
Gohzion arte parem pingendi ccrnis Apelli,
Sculpendique parcm, culte Lysippe, tibi, Notitia imperii Graii, pariterquc Latini,
Varronem similem, Pausaniteque simul.
Ce qui veut dire :
Epigramme de Daniel Rogers, Anglais, Sur l'effigie d'Hubert Goltzius, peinte par Antonio Moro.
Tu vois ici en peinture un émule d'Apelle,
Un homme digne d'être comparé à Lysippe dans la sculpture^,
Un savant digne de Varron le Romain,
Egal encore à Pausanias le Grec.
Hubert Goltzius est mort à Bruges en l'an i583^ ou vers cette époque.
I. Actuellement au muse'e de Bruxelles, n" 354. Une inscription, en lettres d'or, porte : Hubertus Goltzius, Herbipolita Venlonianus civis romanus | historicus et totius antiquitatis Restaurator iNsiGNis ab Antonio Moro Philippi II | Hispaniarum régis pictore ad vivum delineatus an. a Chr. N.4.T. M. D. Lxxvi. On doit supposer que Moro se'journa à Bruges un certain temps, si l'assertion de van Mander est correcte.
■2. Dans la Sicilia et Magna Grœcia (iSyG). Nous reproduisons cette planche.