Saint-Bavon
3. Ce vitrail a disparu. Nous attribuons au maître un triptyque de la Nativité à l'e'glise de Sainte-Walburge, à Furnes, tableau signé ^ÖC' *^" "^'^ trouvera la description dans les Notes sur quelques œuvres d'art conservées en Flandre rV et dans le nord de la France que nous avons insére'es dans le Bulletin des Commissions royales l d'art et d'archéologie, tome XXII, page 249.
beaucoup sur les peintres locaux, il eût difficilement tenu tcte aux Brabançons et aux Hollandais de premier ordre.
Il était d'humeur sombre. Étant venu à Courtray, où les artistes l'accueillirent de la manière la plus cordiale, tandis qu'on festoyait, les convives se mirent à plaisanter entre eux au sujet de leurs femmes et de leurs enfants. Quelqu'un s'informa des enfants de Charles; on dit qu'il avait une fort belle femme, mais n'en obtenait pas d'enfants. « Tu es indigne de vivre, d'avoir une si belle femme et pas d'enfants! » s'écria quelqu'un.
Cette parole, on le sut plus tard, était allée au cœur du mélancolique artiste; il ne put l'oublier quoique l'on fit pour le distraire. On s'en alla hors des murs, le long de la Lys, une rivière qui passe à Courtray. « Je voudrais être au fond de cette eau », dit Charles. Comme c'était l'été et qu'il faisait très chaud, on crut qu'il songeait à se baigner dans cette eau limpide.
Rentrés en ville et se retrouvant au cabaret où ils avaient été précédemment, les camarades se remirent à boire. Charles restait également sombre. Ses amis l'excitant à la joie, l'un d'eux porta sa santé; et, son verre vide, lui demanda ce qu'il préférait, du rouge ou du blanc, car on buvait du vin des deux sortes. Charles tenait un couteau sous la table et, se penchant, il se porta un coup; « Voici du rouge », dit-il, laissant couler son sang sur la table.
L'assistance fut atterrée; elle se saisit du peintre qui rappela alors la parole prononcée, qu'il n'était pas digne de vivre.
Tous furent extrêmement émus et troublés d'une chose si cruelle.
Ils craignaient que le magistrat n'eût vent de l'affaire, et que Charles, mourant des suites de sa blessure, son cadavre ne fût porté à la justice et pendu au gibet, ce qui eût été un terrible discrédit pour l'art. Ils mirent donc le blessé dans une barque et le firent sortir nuitamment de la ville, le conduisant par la Lys au couvent de Groeningue, qui est une franchise. Ils le pansèrent et le reconfortèrent le mieux qu'ils purent ; la blessure n'était pas d'ailleurs très profonde, le couteau ayant donné sur une côte, ce qui avait amorti le coup.
Parfois on put croire qu'il en reviendrait, qu'il revenait à des idées
meilleures, déplorait sa folie, car il s'écriait : « Qu'ai-je fait? » Puis, le désespoir le reprenant, il se remettait à divaguer, demandait du papier et traçait toutes sortes de diableries, disant qu'il était damné.
Ceux qui le soignaient, Olivier Bard, peintre, né à Bruges, et d'autres, suffisaient à peine à le contenir, tant il faisait d'efforts, sa blessure s'aggravant chaque fois.
Ayant passé en de pareils accès plusieurs jours et plusieurs nuits, il mourut en i5G3 ou 1564.
Quelques personnes prétendent qu'il avait laissé à Rome ou ailleurs, en Italie, une femme, et qu'il était poursuivi par le remords. Enfin, il mourut ainsi misérablement et fut inhumé dans le couvent.
J'ai parlé cette fois de l'élève avant le maître, ce qui se présentait ainsi, et me sera d'autant mieux pardonné que l'élève surpassa son maître et fut aussi le mien.
A les classer d'après la date de leur mort, Charles eût dû être mentionné de beaucoup le premier.
COMMENTAIRE
Les églises, les hospices, le musée d'Ypres et plusieurs particuliers de la même ville possèdent un assez grand nombre ei'œuvres attribuées au plus célèbre peintre de la localité. Sont elles de lui ? nous Tignorons, car aucune n'est signée et plusieurs portent sur le cadre, ou dans le champ môme du tableau, des dates évidemment postérieures à la mort du peintre. C'est ainsi que le Baptême du Christ (parloir de l'hospice Saint- Jean) porte sur la bordure le millésime 1600. La date de 1617 se lit sur ï Adoration des Mages du même établissement, au-dessus de la tète d'un ecclésiastique agenouillé à la droite du tableau. On peut croire, toutefois, que ces dates ont été postérieurement ajoutées, car les peintures sont très franchement dans le style du xvi'' siècle et procèdent incontestablement d'un même auteur.
Les plus remarquables d'entre ces œuvres de Charles d'Ypres sont deux figures de grandeur naturelle, ^a/«/^ Pierre et Saint Paul, probablement les volets d'un triptyque, à l'église Saint-Pierre.
L'ensemble est sévère et fait songer à certaines figures de Lambert Lombard et l'analogie est encore complétée par les fonds de paysages semés de ruines romaines. Les deux panneaux portent les armoiries des familles Destrompes, Colins, Denielle, de Boodt, de Guevara, Tacquet, Lernuts et Cock van Opine.
A ces deux figures se rattache par le caractère la suite des Apôtres qui décorait
autrefois le jubé de Saint-Martin, comme on le voit par un tableau de Jean Thomas encore exposé dans l'église. Cet ensemble appartient aujourd'hui à M. Heilbroeck, à Ypres. Les figures sont plus petites que nature.
L'hospice Saint-Jean possède un grand tableau où sont réunis les trois épisodes emblématiques de la Rédemption : le Sacrifice d'Abraham, le Serpent d'airain, le Christ en croix, et, de plus le Baptême du Christ et V Adoration des Mages.
Dans la chapelle de l'hôpital, un assez beau triptyque de V Adoration des Mages est d'une composition presque identique à celle de l'œuvre précédente, et l'on y est frappé de l'extraordinaire analogie de style et de disposition avec V Adoration des Mages de Frans Floris au musée de Bruxelles.
Le musée d'Ypres possède le Couronnement de la Vierge. M. Arthur Merghelynck, à Ypres, conserve plusieurs bons portraits où les personnages sont accompagnés de leurs saints patrons. A ces œuvres se rattachent les portraits (anonymes) n°'^ 66 et 67 du musée de Bruxelles.
Van Mander a parfaitement jugé Charles d'Ypres. Sans manquer de mérite, il eût difficilement tenu tête aux Brabançons et aux Hollandais.
Dessinateur correct, compositeur assez habile mais peu original, Charles emprunte volontiers à d'autres maîtres : Lucas de Leyde, Frans Floris, etc., des types et des allures. Son coloris est froid et ne contribue nullement à racheter les défauts que nous venons de signaler.
Nous trouvons dans le Dictionnaire des monogrammes de Nagler (tome V, n» 2029) une marque attribuée à Charles d'Ypres, et différente de celle relevée par nous-même sur la Nativité de l'église Sainte-Walburge à Furnes. Nagler emprunte cette marque au Guide de l'amateur de tableaux de Lejcunc, qui, lui-même, n'en indique pas la source.
M. le chanoise van de Putte s'est assez longuement occupé de Charles d'Ypres dans sa notice Sur quelques œuvres de peinture conservées à Ypres, insérée dans les Annales de la Société historique, archéologique et littéraire d'Ypres et de l'Ancienne West- Flandre (i863, tome 11, page 175). Voir aussi Couvez : Inventaire des objets d'art qui ornent les églises et les établissements publics de la Flandre orientale., et les Notes publiées par nous-même dans le Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, tome XXII, page igS.
ANTOINE DE MONTFORT, DIT BLOCKLANDT
PEINTRE
Il semble qu'une noble race, même atteinte par les revers, conserve encore ce privilège de voir l'un des siens arriver tôt ou tard aux honneurs. 11 en fut ainsi d'Antoine de Montfort, issu des barons et vicomtes de Montfort.
Les honorables magistrats de la ville de Montfort ont bien voulu me communiquer la généalogie du peintre, revêtue du sceau municipal pour garantie et légalisation. Son père se nommait messire Corneille de Montfort, dit de Blocklandt, d'un fief que possédaient ses ancêtres et d'une seigneurie située entre Gorcum et Dordrecht, et nommée le Bas-Blocklandt. Corneille fut pendant de longues années receveur du seigneur de Haren et du baron de Morialmez et, plus tard, écoutête de la ville de Montfort. Donc, notre Antoine tirait le nom de Blocklandt d'une terre de ce nom, située non loin de Montfort'. Cette seigneurie passa au frère puiné du peintre, pensionnaire de la ville d'Amsterdam, par le décès de son neveu, seigneur de Blocjvlandt, mort sans postérité en 1572.
Antoine naquit à Montfort en i532, et fit ses premières études artistiques chez un oncle, Henri Assueruszoon, peintre médiocre quoique assez bon portraitiste. Ayant passé quelques années chez ce maître, et la réputation de Frans Floris étant très grande, Blocklandt eut la satisfaction d'être placé chez lui et, au bout de deux ans, d'y achever son apprentissage^.
1. Kramm est d'un avis opposé; il pense que le vrai nom du peintre était Blocklandt, dit de Montfort, à cause du lieu dont il était originaire.
2. Les tables de la gilde d'Anvers ne portent pas le nom d'Antoine Blocklandt. Il importe de se rappeler que la plupart des élèves de Floris ne furent point inscrits, le maître ayant sans doute été exempt de cette formalité.
Revenu à Montfort en i552, il y épousa, âgé de dix-neuf ans, la fille d'un honorable bourgeois qui était bourgmestre et marguillier ' ; elle ne lui donna pas d'enfants.
11 alla ensuite habiter à Delft, sur la longue digue, et s'y montra de plus en plus appliqué au travail et à Tétude : composant, peignant, dessinant, faisant d'après nature des académies d'hommes, surtout de femmes, pour arriver à mieux rendre les contours, les muscles, le modelé intérieur, la rondeur des formes, l'effet des teintes, le relief des plis, les saillies et les dégradations des tons de chair^ ainsi que le mouvement des membres. Par cette ' observation patiente, excellente et habile du nu, des draperies, des têtes et des autres parties du corps, il se fit une grande réputation. Beaucoup de travaux importants lui furent confiés, car il avait un penchant particulier pour les grandes choses et il eut amplement de quoi le satisfaire par des tableaux d'autel, des volets, des toiles^ etc. Il faisait peu de portraits d'après nature, ne recherchant pas beaucoup ce genre et préférant les compositions, bien qu'il fût habile et excellât dans les travaux d'après le modèle vivant. On en voit la preuve dans une couple de portraits de son père et de sa mère grandement traités et excellents, particulièrement le premier, tête barbue, qui est comme enlevée et très remarquable. Ils sont à Amsterdam dans la Warmoesstraet, chez le sieur Assuérus de Blocklandt, neveu du peintre.
Blocklandt suivait d'assez près, sous le rapport de l'exécution, le style de son maître. Frans Floris. Il avait une manière de procéder à lui, se servait de plumes d'oie ou d'autres pour tracer, puis rehaussait à l'aide du pinceau en manière de hachures, aussi bien pour les draperies que pour les chairs. Il traitait très bien les étoffes, les extrémités, les visages, et s'entendait à donner un bon effet à ses œuvres. En outre, il était fort habile dans le travail des cheveux, ce qui ajoute grandement au bon effet des visages, et excellait non moins dans la manière de traiter la barbe.
Il y avait de lui dans les églises de Delft beaucoup d'excellents
I. Gcrtrudi.', tïlle de Coriielisz, ainsi qu'il résulte de l'acte d'acquisition d'un immeuble cité par Kramiii.
ANTOINE DE MONTFORT, DIT BLOCKLANDT
tableaux d'autel et il faut surtout citer la Décollation de saint Jacques qui se trouve à Gouda '. La plupart de ces œuvres ont été anéanties
ANTOINE DE MONTFORT, DIT BLOCKLANDT. Gravé par S. Frisius,
par la rage aveugle et ignorante des sectaires et dérobées à l'admiration de la postérité, de manière qu'il en a subsisté peu de chose.
I. Aujourd'hui au musée de cette ville; gravure dans l'Art chrétien de Taurel, où l'on trouve une excellente notice sur Blocklandt.
A Utrecht on voit de lui quelques tableaux religieux et des volets, entre autres chez la demoiselle van Honthorst, derrière la cathédrale, un beau triptyque avec des volets peints sur les deux faces. Le panneau central représente l'Assomption de la Vierge et les autres parties sont consacrées à V Annonciation aux bergers et à quelques autres épisodes, tandis que l'extérieur représente la Salutation angélique '.
A Dordrecht, dans les locaux des confréries, il y a de son pinceau quelques belles choses, des scènes de la Passion ou du Crucifiement qui sont des œuvres excellentes.
En ce qui concerne ses allures, il était grave, studieux, simple mais distingué dans sa mise, correct et affable, tenant sa maison sur un pied d'étiquette ou de règle, d'un caractère imposant, et ne sortait que suivi d'un domestique, très préoccupé en un mot, de sa dignité héréditaire.
Il avait une très intéressante façon d'ébaucher, comme le montre une de ses œuvres qui est à Leyde chez M. Pierre Huyghenssen, à la Cloche d'or. Dans un salon à l'étage se trouve une Bethsabée au bain avec d'autres femmes, œuvre restée à l'état d'ébauche et qui appartient à la catégorie de celles qu'il faut estimer au delà des peintures achevées, comme on l'a vu plus d'une fois dans les temps anciens.
A l'époque de son premier mariage, n'ayant pas d'enfants, Blocklandt, très tourmenté du désir de voir les œuvres célèbres de
I. Il existe de ce triptyque une très belle estampe de P. C. Lafargue, portant cette indication: Anth. van Montfoort, aliter dictus Blocklandt, pinxit an° 1 5yg, et sous le panneau central (l'Assomption), Altitud. Tab. ii 1I12 ped. Latittid. 11 ped. Rhen. A l'exte'rieur, les volets ferme's représentent un donateur en prière devant la Madone. Saint Michel et saint André accompagnent le personnage dont les armoiries ornent le prie-Dieu sur lequel il s'agenouille. Les volets intérieurs représentent VAnnonciation à la Vierge et la Nativité.
A l'époque où Lafargue exécuta sa belle planche, l'original appartenait à la famille van Reenen, qui le possédait depuis plus d'un siècle et demi, dit l'inscription placée à la suite du nom du graveur. Kramm raconte qu'il vit ce tableau à La Haye en 1818, dans une maison absolument conservée dans son état primitif depuis une couple de siècles. Il ajoute que, vendu un peu plus tard, le triptyque, après avoir appartenu un certain temps à des marchands, finit par passer dans la Galerie du comte de Nassau.
M. Taurel rectifie absolument cette version. Lors de la vente van Reenen en 1820, le triptyque fut omis, et conservé, jusqu'en 1846, par M. L. L. van Reenen, et lorsque, finalement, il passa en vente, retenu à 1,000 florins. On n'avait pu le transférer à la salle des ventes à cause de ses dimensions. Depuis, on ne sait ce qu'il est devenu, et toutes les investigations de M. Taurel, à ce sujet, ont été infructueuses. Notre auteur détermine les armoiries : Van Wanroy, Wtenham, de BruxellesÇt) et de LocquehemÇf).
ANTOINE DE MONTFORT, DIT BLOCKLANDT 4o5
Rome, tableaux, antiquités et autres belles choses, finit par se mettre en route en compagnie d'un orfèvre de Delft, à Tépoque où le comte de La Marck vint à la Brielle, au commencement d'avril 1572'.
Il fut transporté d'admiration à la vue des travaux des excellents maîtres italiens. L'on dit, toutefois, que les puissantes figures nues du Jugement dernier et la voûte de Michel-Ange ne lui plurent pas, impression première qui, du reste, a été éprouvée par d'autres, car ces œuvres ne s'apprécient qu'à la longue et par l'efFet de l'éducation.
En tout, son absence fut de six mois, car, au mois de septembre, il était rentré à Montfort, et allait ensuite se fixer à Utrecht où, ayant perdu sa femme, il se remaria et eut trois enfants -.
A Utrecht il peignit un beau tableau d'autel destiné à l'église de Bois-le-Duc et représentant la Légende de sainte Catherine^ œuvre exceptionnellement belle.
Il fit encore un autre beau tableau représentant la Pentecôte ou Descente du Saint-Esprit sur les apôtres. Les volets représentaient V Ascension du Christ et d'autres sujets semblables, figures pleines de caractère. Ce tableau était autrefois à Utrecht, à l'église Sainte- Gertrude.
A Amsterdam il y avait de lui un tableau d'autel chez les Récollets. Il représentait la Mort et les funérailles de saint François. L'œuvre périt par la main des iconoclastes.
Pour un nommé Keghelinghen il peignit une Vénus, figure nue de moyennes dimensions et dont il faisait grand cas. Elle est encore conservée par la veuve dudit amateur.
Sa dernière peinture est encore à Amsterdam, chez Wolfart van Byler, dans le Nés, au Treillis. Elle représente divers sujets tirés de l'Histoire de Joseph, le patriarche, mais n'est point complètement achevée.
A Utrecht, il habitait la maison du couvent de Sainte-Catherine et c'est là qu'il mourut en i583, âgé de quarante-neuf ans.
1. Il s'agit ici de la célèbre victoire remportée par les gueux de mer sous le commandement de Guillaume de La Marck, le i"'' avril iSya.
2. Il est inscrit comme t'ranc-maitre dans la gilde des selliers (et des peintres!) à Utrecht, en iSyy. (Müller: De Utrechtsche archicvcn, etc., page 14.)
4o6 LE LIVRE DES PEINTRES
Ce maître possédait une connaissance approfondie du nu comme on le constate par ses œuvres et quelques estampes, notamment un Christ au tombeau gravé par Goltzius'. Ses têtes de femmes, de profil et autres, prouvent qu'il avait une grande prédilection pour le type du Parmesan qu'il cherchait surtout à suivre.
Ainsi donc, il lui fut réservé, grâce à sa valeur artistique, de donner un relief durable à sa race, à lui-même et à sa ville natale.
Blocklandt eut plusieurs bons élèves et collaborateurs, entre autres Adrien Cluyt d'Alkmaar^, qui fut bon portraitiste d'après nature, et mourut en 1604. Le père d'Adrien, Pierre Cluyt, était un peintre verrier assez habile dans la peinture des blasons.
Il eut aussi pour élève un jeune seigneur qui marchait bien et se distinguait comme portraitiste d'après nature, mais ne consentit pas à faire sa pièce de maîtrise pour ne pas figurer parmi les peintres de profession, croyant par là déroger à la noblesse de sa race. Sentiment bien différent de celui de la noble famille des Fabiens, qui aimait à se glorifier du nom de peintre comme on a pu le lire ci-dessus. Je cite le chevalier Tupilius^, l'empereur Adrien et d'autres, qui ont voulu, par le pinceau, rehausser l'éclat de leur nom et celui de leur race.
Il y a lieu d'ajouter que Blocklandt eut un autre élève nommé Pierre, qui était de Delft et fils de l'opulent Smit. Celui-ci, à ce que l'on prétend, aurait eu plus d'intelligence que son maître et promettait de devenir un artiste de premier ordre : malheureusement il mourut jeune.
Michel Miereveldt, de Delft, un autre de ses élèves, trouvera sa place parmi les contemporains ^.
I. Tableau au musée épiscopal de Harlem. La gravure de Goltzius (B., 265) porte le mille'sime de i583. Le niijme maître a gravé, d'après Blocklandt, Loth sortant de Sodomc et la Résurrection.
3. Un Adrien Cluyt, verrier, est admis à lagildede Dordrecht, le 25 janvier 1647. (Obreen, Archief, tome I"'', page 219.)
3. Peintre de l'antiquité, originaire de Venise, et dont parle Pline. II était gaucher.
4. Voyez tome II, chapitre xxviii. Corneille Ketel fut également l'élève de Blocklandt; van Mander lui consacre une biographie spéciale reproduite au tome II, chapitre xxvi.
ANTOINE DE MONTFORT, DIT BLOCKLANDT 407
COMMENTAIRE
Les œuvres de Blocklandt sont très peu nombreuses et les musées de Berlin et de Vienne (Belvédère) sont, en dehors de ceux de Gouda et des collections épiscopales de Harlem et d'Utrecht, les deux seuls où se rencontrent de ses peintures. Berlin possède une Nativité', Vienne la Métamorphose d'Actéon'-^.
Le musée archiépiscopal d'Utrecht possède un Couronnement de la Vierge, œuvre assez médiocre d'ailleurs.
Gérard Hoet mentionne quatre tableaux, encore peut-on supposer que l'une de ces œuvres, la Nativité, est mentionnée deux fois, en 171 5 et en 1743.
Restent alors la Rencontre de Jacob et d'Ésaii et Hercule triomphant de l'envie et de l'avarice, etc.
Jugé par les estampes assez nombreuses que des contemporains : Galle, Goltzius, etc., ont exécutées d'après ses dessins, on peut affirmer que Blocklandt était un maître des plus distingués, le plus châtié, peut-être, des compositeurs de l'école de Frans Floris. Certaines de ses créations ne seraient pas désavouées par les dessinateurs les plus corrects, et nous n'hésitons pas à croire que plus d'une fois ses peintures se confondent avec celles de l'école italienne.