I. Catalogue de 1881, n
•2. Alph. Wauters, op. cit.
li. J. B. Descamps, Vie des Peintres ßamands, etc., tomel", page 12. Paris, 1753.
Hans ou Jean Memling n'apparait dans l'histoire qu'à dater de la seconde moitié du XV-' siècle. Il avait cessé de vivre à la tin du premier quart de 1494'. On ne sait en quelle année, en quel lieu, ni même en quel pays il vit le jour. M. James Weale, à qui sont dues la plupart des informations que l'on possède sur Memling, n'a pu trouver, sur la nationalité de celui-ci, aucun renseignement. Sans accueillir les assertions de quelques auteurs allemands touchant l'origine du grand peintre, M. Weale ne rejette pas absolument l'hypothèse de sa naissance sur les bords du Rhin. Le prénom de Hans ne figure, d'après lui, dans les archives brugeoises qu'associé à des noms allemands. Nous devons faire observer que van Mander cite fréquemment des Hans parfaitement flamands. Le chroniqueur van Vaernewyck, qui écrivait à peine un demi-siècle après la mort de Memling, le désigne sous le nom de Jean l'Allemand, « Diiytschen Hans », sans qu'aucun doute soit possible sur la personnalité du maître.
Pour l'orthographe du nom, aucune discussion ne peut exister sur sa forme réelle, la leçon Hemling repose sur l'interprétation fautive d'une lettre de l'inscription placée au bas d'un des tableaux de l'hôpital Saint-Jean de Bruges. Cette majuscule U-I n'est qu'une des formes de l'M usité au xv*' siècle. S'il était nécessaire de s'arrêter encore à le démontrer, il suffirait d'ouvrir \c Dictionnaire des abréviations latines et françaises du ynoyen âge, de Chassant, page 5 2. Ajoutons, au surplus, que tout archéologue a eu occasion de rencontrer cette forme, et nous citerons, notamment, l'estampe de "Wenceslas d'Olmutz : la Mort de la Vierge, oli elle se présente avec le caractère d'une précision absolue. Nous l'avons relevée, encore, en 1874, sur une merveilleuse tapisserie portant la date de 1485 et exposée par M. le baron Davillier à l'Exposition des Alsaciens-Lorrains^. Dans l'inscription: Fons. ortorum : puteus. aqiiaritni. viventium. que. ßinint. impetu. de Libano. Canticorum. Hll. Actïï A" 1485, tous les M étaient figurés U4. Enfin, au musée d'Anvers, dans le n" 262, Deipara Virgo de Jean Mostaert (?], se rencontre aussi la lettre en question.
L'époque de la venue de Memling à Bruges est indéterminée; les documents établissent qu'il travaillait dans la ville flamande en 1478 et y devenait acquéreur, en 1480, de trois maisons et d'un terrain. La même année, il figure dans les comptes de la ville parmi les bourgeois notables imposés pour les frais de la guerre entre Maximilien et la France.
L'Anonyme de Morclli parle d'un portrait d'Isabelle d'Aragon existant chez le cardinal Grimani à "Venise, et peint par Memling dès l'année 1450. L'exactitude de cette date, ou l'authenticité de l'œuvre peut être douteuse. Mais la Vie de saint Bertin, deux panneaux (larg., i m. 46 cent.; haut., o m. 57 cent.) de l'ancienne collection du roi Guillaume II, acquis par le prince Frédéric des Pays-Bas, furent commandés, dès l'année 1464, par Guillaume Filastre, abbé de Saint-Bertin, à Saint-Omer, mort à Gand, en 1473 ''.
1. T. Gasdertz, Hans Memling, p. i 2, Leipzig, i883. (D'après une communication de W. H. J. Weale.)
2. Salle XI, n" 6. M. Eugène Müntz a donné une reproduction de cette œuvre capitale dans son livre sur la Tapisserie i Bibliothèque de l'Enseignement des Beaux-Arts), page 14?.
■■!. Kunstbode, pages 137-141, article de M. Victor de Stuers. Harlem, 1881.
M. A. J. Wauters attribue à Mcmling une Vierge et VEnfant Jésus avec un donateur, œuvre datée de 1472, et qui se trouve au palais Liechtenstein, à Vienne ^
Memling était marié; sa femme, dont on ne connaît que le prénom, Anne, mourut en 1487, lui laissant trois fils mineurs : Hans, Corneille et Nicolas. Le peintre luimême mourut dans le premier tiers de rannée 1494 et, le 10 décembre 1495, se fit la déclaration des biens de sa succession. Les enfants étaient alors mineurs, c'est-à-dire qu'ils n'avaient pas atteint leur vingt-cinquième année.
Nous n'avons pas à passer en revue les œuvres de Memling. Disons, toutefois, que sa Châsse de sainte Ursule fut achevée avant le 24 octobre 1489, époque à laquelle y furent déposées les reliques.
La date i4()i, inscrite sur le cadre du Crucifiement, triptyque à doubles volets, au dôme de Lübeck, en fait la dernière œuvre connue du maître, si toutefois l'inscription doit être acceptée comme contemporaine de la peinture -. Crowe et Cavalcaselle hésitent même à voir ici un Memling^, tandis que Waagen et Woltmann'' proclament l'œ'uvre une des créations capitales du maître.
Une peinture que passent sous silence les critiques que nous venons de mentionner, rappelle, dans ses dispositions générales, le tableau de Lübeck. C'est le Crucifiement du musée de Pesth '.
Ici, nous rentrons dans les dimensions habituelles des tableaux de Memling. L'originalité du tableau de Pesth est d'ailleurs prouvée par une estampe de Jules Goltzius, peut-être la seule reproduction ancienne du maître ''.
L'église Sainte-Marie de Dantzig possède également une œuvre considérable attribuée à Memling, avec toute vraisemblance. C'est un Jugement dernier avec volets, pris, dès l'année 1473, sur un navire anglais, le Saint Thomas, par un capitaine du nom de Paul Benecke. Le vaisseau avait été chargé à Bruges par les Portinari, à destination de l'Angleterre, et le tableau fut offert, dès le lendemain de la capture, au temple qu'il n'a cessé d'orner depuis. La date, non moins que le style de l'œ'uvre, autorisent donc son attribution à Memling.
Un portrait de Memling, gravé à l'eau-forte par J. van Oost, de Bruges, existe à l'Albcrtine de Vienne; il est reproduit en fac-similé par M. Weale dans sa notice du Beffroi (tome IV, page 45^, et dans l'opuscule Hans Memlinc, ■{ijn leren en ^ijne Schildenuerken, du même auteur. Bruges, 1871.
Le portrait prétendu de Memling, à la Galerie Nationale de Londres (n" 943 du