Gravure dans Fœrster, Denkmale deutscher Kunst, tome X
7. On a récemment (mai i88!3) trouvé au revers des mêmes tableaux d'autres peintures de Lucas Cranach. [Kunst Chronik, tome XVIII, page 563.)
L'étude approfondie à laquelle s'est livré M. Schuchardt', touchant les œuvres de Cranach, lui permet d'asseoir les règles suivantes :
1° Le serpent, monogramme du peintre, se présente toujours, dans ses œuvres personnelles, avec des ailes de chauve-souris entièrement déployées. Dans les œuvres de Lucas Cranach le fils, ces mêmes ailes sont plus inclinées et ressemblent davantage à des ailes d'oiseau ;
2° Aucune peinture originale de Cranach ne se présente avec un fond d'or; le maître ne s'est jamais servi d'or pour rehausser soit les bijoux, soit aucun détail de parure dans ses portraits. Son fils, au contraire, a fait emploi de l'or pour rehausser les détails en question;
3" Dans aucun tableau de Cranach on ne rencontre d'auréoles chargées d'inscriptions.
Cranach eut deux fils peintres : Jean, qui mourut en i536, et Lucas (i5 i5-i586!. Ses élèves furent très nombreux. Les plus célèbres sont Hans Brosamer et Pierre Gottland.
Trois monographies ont été consacrées à ce grand artiste par ses compatriotes : J. Heller, Lucas Cranacks Leben und Werke, 1854; Chr. Schuchardt, L. Cranach des älteren Leben und Werke, 3 vol. in-8% Leipzig, iSSi-iS/i; et M. B. Lindau, Lucas Cranach, ein Lebensbild aus dem Zeitalter der Reformation, Leipzig, i883.
Hans Sebald Bekam, peintre et graveur, né à Nuremberg, en i5oo, mort à Francfort-sur-le-Mein le 22 novembre i55o. Il appartient, avec Barthélémy, son frère cadet, au groupe des « petits maîtres «, dont il est un des représentants les plus distingués.
Les deux Beham, dont l'œuvre trahit l'influence évidente d'Albert Dürer, ne furent cependant pas les élèves de ce glorieux artiste.
Hans Sebald eut des démêlés nombreux avec les autorités religieuses de Nuremberg. Banni une première fois en i525, il fut chassé une seconde fois en 1529 et se réfugia à Munich. Suivant l'exemple de son frère, à dater de i53o, il changea son nom de Peham en celui de Beham. Ses premières œuvres portent donc un monogramme composé des lettres H. S. P.
Albert de Brandebourg, cardinal de Mayence, devint le Mécène de Beham. Les bibliothèques de Cassel et d'Aschaffenbourg conservent encore de précieux Codices que le prélat avait commandés à son peintre. Le musée du Louvre possède, dans la fameuse table décorée de V Histoire de David, une des œuvres capitales du maître. Elle est datée de 1534-. Ce travail considérable appartenait également au cardinal-électeur de Mayence.
Hans Sebald Beham a gravé sur cuivre près de trois cents planches, et le nombre des dessins qu'il livra aux graveurs sur bois est plus considérable encore ^.
1. L. Cranach des ^Eiteren Leben und Werke, tome II, page 7. Leipzig, iSSi-iByi. ^