‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 44 sur 218 · Belgisch Museum, tome III, page ly.S. Gand, iSSg · texte numérisé non relu

Belgisch Museum, tome III, page ly.S. Gand, iSSg

sur SCS estampes le nom de cette localité, à la suite de ses noms exprimés en toutes lettres, chose assez rare au xv"" siècle.

Un autre graveur, du nom de François, avait donné avant lui une certaine notoriété à la petite ville westphalienne. Il existe de ce François de Bocholt des planches que plus tard Israel revêtit de sa marque '.

Les archives de Bocholt ont absolument prouvé la qualité d'orfèvre d'Israël de Meckenen et sa présence dans la localité en 1498 -. Il y est mort le 10 novembre i5o3. Le British Museum possède un dessin de sa pierre tombale exécuté par Ottley.

Un portrait d'Israël et de sa femme Ida fait partie de son œuvre gravé ^.

Lucas Cranach. — 11 s'agit ici de Lucas le vieux, né à Kronach, dans la Franconie, le 4 octobre 1472, mort à Weimar le 16 octobre i553. Son nom véritable paraît avoir été Sünder ''.

Peintre de Frédéric le Sage, électeur de Saxe, Cranach se fixa à Wittemberg, où il fonda un atelier et dirigea une imprimerie. Il devint successivement conseiller loigi, puis bourgmestre de la ville (i 537-15401.

En i5o9, Cranach visita les Pays-Bas et y peignit, à la demande de l'Electeur de Saxe, un portrait du jeune Charles d'Autriche, plus tard Charles-Quint. Passé au service de Jean-Frédéric le Magnanime, il partagea la captivité de ce prince après la bataille de Mühlberg, et revit Charles-Quint qui le traita avec bonté. Il se rencontra à Augsbourg avec le Titien, dont il parait avoir fait le portrait ''. Rendu à la liberté en i552, il se fixa à Weimar et y commença le superbe retable qui orne encore l'église de cette ville. Le peintre avait alors quatre-vingts ans. On voit sur le triptyque toute la famille de Jean-Frédéric de Saxe, et les figures en pied de Luther et de Cranach luimôme. L'œuvre fut achevée par Lucas le jeune ''.

Un autre triptyque, non moins important que le précédent, orne l'église de Wittemberg. On y voit la Cène, le Baptême, la Confession et la Prédication ~ .

Le portrait de Cranach, peint par lui-même, est au musée des Offices de Florence.

Doué de beaucoup d'imagination, Cranach est une des grandes personnalités de l'Ecole allemande et, même à côté de Dürer, il fait preuve d'une remarquable puissance d'expression. Ses estampes sont très recherchées. Il les revêtait parfois de ses initiales, mais plus souvent d'un monogramme tiré de ses armoiries : un serpent couronné et ailé tenant un anneau. Cette marque se trouve également sur les peintures du maître et M. Lindau y voit une allusion au nom de Sünder, pécheur.

I. Sidney Colvin, Israel de Meckenen, orfèvre de Bocholt, dans VArt, tome XXVllI, page 87. •2. C. Becker, Kunstblatt , iSSg, page 141. 'i. Bartsch, n" i . Nous reproduisons cette planche.

4. F. Warnecke, Lucas Cranach der œltere (Gœrlitz, 1879), '^■'- Müller. M. Lindau, Lucas Cranach (Leipzig, i883), accepte Sünder comme plus vraisemblable.

3. Crowe and Cavalcaselle, Titian, his life and times, tome II, page 2o3. London, 1877.

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