‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 51 sur 218 · Crowe et Cavalcaselle, édition Springer, page · texte numérisé non relu

Crowe et Cavalcaselle, édition Springer, page

ctrangers pour être admis dans la corporation de Saint-Luc et de Saint-Éloi, et il vient d'Ouwater.

En dehors des deux panneaux du musée du Belvédère, à Vienne, œuvres admirables, autant par le coloris que par le style, et qui sont loin d'indiquer l'époque reculée que leur suppose van Mander, la Pinacothèque de Munich donne à Gérard de Saint-Jean une Descente de croix^ et le musée de Modène possède, d'après MM. Crowe et Cavalcaselle ^, un Christ entre les larrons. C'est encore à notre peintre que se rattache, on en doute peu, le remarquable tableau du musée d'Amsterdam, V Offrande expiatoire'-^ . Cette peinture a des caractères hollandais très marqués; elle est inférieure aux volets de Vienne, ainsi qu'aux autres peintures irrécusables de Gérard David.

M. Bode signale également une Adoration des Mages, au musée de Prague, et un Christ au tombeau environné des instruments de la Passion, au musée archiépiscopal d' Utrecht ■'.

Nous avons parlé de la notice de M. Renouvier. Elle jette fort peu de jour sur la personnalité du maître qui nous occupe"'.

L'Anonyme de Morelli parle de peintures de Gerardo di Olanda qu'il vit chez le cardinal Grimani, à Venise. Il n'y a pas de sujet désigné.

3. Musée d'Amsterdam, n° 428. Voyez la Kunst Chronik du 17 mai i883, page 528, article de M. de Wurzbach. Le tableau est gravé dans VArt chrétien de M. Taurel.

4. Studien :;iir Geschichte der hoUœndischen Malerei, page 6. Brunswick, i883.

'3. Les Peintres de l'École hollandaise. Gérard de Saint-Jean et le tableau de la Résurrection de \^a^are. Paris, Rapilly, 1857.

THIERRY DE HARLEM'

La tradition assure que la ville de Harlem, en Hollande, a eu de bonne heure des peintres distingués, voire les meilleurs des Pays-Bas, et la chose est pleinement confirmée par Texistence d'Albert van Ouwater' et du petit Gérard de Saint-Jean% auxquels vient se joindre Thierry de Harlem qui fut également un peintre fameux en ces temps reculés. Je n'ai pu savoir qui fut son maître'; il habitait à Harlem la rue de la Croix, dans le voisinage de l'orphelinat, où Ton voit un pignon dans le goût antique^ décoré de médaillons en relief'. 11 parait avoir également habité Louvain en Brabant, car j'ai vu de lui à Leyde un triptyque dont le panneau central était une Tête de Christ et les volets des Têtes de saint Pierre et de saint Paul, avec une inscription latine en lettres d'or dont voici la traduction : En l'an de grâce quatorze cent soixante-deux, Thierry, qui est né à Harlem, m'a peint à Louvain ^'; qu'il jouisse du repos éternel. Ces têtes sont à peu près de grandeur naturelle et, pour le temps, remarquablement bien traitées, avec des chevelures et des barbes très détaillées.

Ce tableau, qui est chez M. Jean Gerritsz^ Buytewegh, est le seul que je puisse signaler du maître. Mais il indique, tout à la fois, quelle était la valeur de Thierry et le temps où il vivait, et créait des œuvres si parfaites. C'était un bon nombre d'années avant la naissance

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