Geschichte der Malerei, tome II, page
ROGER VANDER WEYDEN io5
et le Jugement dernier, dans une église gothique, dont le Crucifiement occupe le centre '.
A cette œuvre se rattache, par analogie, le triptyque du musée d'Anvers, n° 3g3, contesté jadis par certains auteurs, admis, au contraire, assez généralement aujourd'hui, entre autres par Woltmann.
Mais de toutes les peintures du grand Roger, la plus importante est, sans conteste, le retable de l'hôpital de Beaune, terminé sans doute vers 1430, et commandé par Nicolas Rollin, le même chancelier de Bourgogne qu'on voit représenté par Jean van Eyckdans sa merveilleuse peinture du Louvre. L'ensemble représente \e Jugement dernier et se compose de neuf panneaux^. Le peintre y a introduit les portraits du pape Eugène IV, de Philippe le Bon, d'Isabelle de Portugal, de l'évêque d'Autun, de Jean Rollin et de son épouse Guyonne de Salins. Cet ensemble grandiose, qui fut exposé un moment au Louvre pendant l'Exposition universelle de 1878, peut rivaliser slyücV Adoration de r Agneau. Quant à l'attribution à Jean van Eyck, elle n'est plus admise aujourd'hui par aucun critique.
On range aussi, parmi les œuvres de vander Weyden, un triptyque de la collection du duc de Westminster, où le Christ est représenté à mi-corps, accompagné de la Vierge et de saint Jean. Sur les volets apparaissent la Madeleine et saint Jean-Baptiste. Cette œuvre, d'un splendide coloris, porte extérieurement une croix avec les mots : « Bracque et Brabant ».
Le tableau de la collégiale de Louvain, représentant la Descente de croix, n'est pas incontesté. La date de 1443 et l'indication qu'il fut offert cette année-là par Guillaume Edelheer et sa femme, rapprochées d'un passage du manuscrit de Molanus, conservé à la bibliothèque de Bruxelles, où Roger est mentionné comme l'auteur de ce tableau, plaident cependant en faveur de son authenticité.
L'œuvre n'est certainement pas exempte de retouches. M. Piot, qui lui a consacré une étude intéressante'', nous a communiqué ses doutes sur l'origine commune du panneau central et des volets.
La liste des œuvres attribuées à vander Weyden, en dehors de celles que nous venons d'énumérer, est nécessairement fort longue; il serait sans utilité de la passer en revue. Nous devons faire observer, toutefois, que, d'après MM. Crowe et Cavalcaselle, V Annonciation'' et le. Portrait de Philippe le Bon, du musée d'Anvers"', malgré leur mérite, sont des œuvres apocryphes. Les mêmes auteurs rejettent la Descente de croix, du musée de La Haye *', et quelques autres créations exposées sous le nom de vander Weyden à Dresde, à Francfort, à Munich.
L'inventaire des tableaux de Marguerite d'Autriche mentionne un Portrait de
I. De Laborde, les Ducs de Bourgogne; Preuves, tome 1°'', Introduction, page lix.
■2. Gravures dans l'édition française de Crowe et Cavalcaselle, et Fœrster, Denkmale, tome X.
3. Revue d'histoire et d'archéologie, tome III (Bruxelles, 1809), page 197.
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Charles le Téméraire, peint par Roger vander Weyden. La dernière édition du catalogue du musée de Bruxelles identifie la peinture en question avec un panneau anonyme catalogué sous le n" 5 5. Par sa valeur artistique, la peinture n'est certainement pas indigne de rillustrc maître. Il résulte, toutefois, d'une très intéressante notice de M. Alphonse Wauters', que Charles de Bourgogne, représenté ici tenant une flèche, avait fait, en juillet 1467, un V(eu à saint Sébastien; que, dès lors, la peinture est postérieure à la mort de vander Weyden.
Plus récemment, un autre écrivain, M. A. J. Wauters, a attribué le portrait à Hugues vander Goes -. On a encore donné à vander Weyden la magnifique Pietà tiu palais Doria Pamphili, à Rome.
La Zeitschrift für bildende Kunst a fait graver, en i882'\ un Christ en croix avec la Vierge et saint Jean, attribué à vander Weyden et appartenant à M. Miethke de Vienne. Ce tableau avait été rapporté de Malte par M. le D'' Lippmann, conservateur des estampes du musée de Berlin. D'une bonne couleur et d'une belle expression, l'œuvre était frappante par le caractère massif des personnages de la Vierge et de saint Jean. Dans le fond, se déroule le panorama de la ville de Bruxelles. MM. Scheibler et Justi voient dans cette peinture un Thierry Bouts''.
Une estampe de Jérôme Wiericx, représentant le Christ au tombeau'-', est donnée comme reproduisant une création de vander Weyden. Le nom du maître ne figure pas sur la planche. Le tableau, sur fond d'or, est au musée de Naples', et il nous paraît absolument digne du maître. La Madeleine, que l'on voit au second plan, est une figure admirable d'expression [5^ salle, 32 {?>g]. Le n" ?>o, Antica sciiola Tedesca, nous montre la même Madeleine, cette fois tournée à gauche. Il existe au musée de Tournay et à l'église Saint-Pierre, à Louvain, à l'église Sainte-Walburge, à Furnes, et en d'autres endroits, des peintures d'une composition identique à l'estampe que nous citons. L'exécution est extrêmement sèche et montrerait le talent de Roger sous un jour peu favorable.
Le musée de Bruxelles possède une Tète de femme en pleurs '' qu'il est facile de reconnaître comme appartenant à une des Descentes de croix de vander Weyden. M. Rousseau se prononce catégoriquement contre l'authenticité de cette œuvre, après une étude attentive de la Descente de croix de Madrid'. Il est, en effet, bien difficile, malgré la vigoureuse expression de cette tête, d'y voir une création de vander Weyden.
A la suite des travaux cités dans cette notice nous croyons devoir ajouter une étude Sur les commencements de la gravure aux Paj^s-Bas et l'influence exercée sur cet art
1. Recherches sur l'histoire de l'Ecole flamande de peinture, dans les Bulletins de l'Acadcniie de Belgique, 3° série, tome III (1882). Une photographie du tableau accompagne la notice.