ROGER VANDER WEYDEN
PEINTRE DE BRUXELLES
Parmi ceux qui ont illustré la peinture, il importe d'accorder une mention spéciale au célèbre Roger vander Weyden, lequel, originaire de la Flandre ou de parents flamands, a, de bonne heure, fait éclater à Bruxelles, dans les ténèbres de notre passé artistique, la vive intelligence que la nature avait départie à son noble esprit, pour le plus grand bien des artistes de son temps.
En effet, vander Weyden a puissamment contribué aux progrès de notre art par son exemple, non-seulement en ce qui concerne la conception, mais pour l'exécution plus parfaite, envisagée sous le rapport des attitudes, de l'ordonnance et de la traduction des mouvements de rame : la douleur, la joie, la colère ; le tout selon l'exigence des sujets.
On conserve à l'hôtel de ville de Bruxelles, pour immortaliser sa mémoire, quatre œuvres très célèbres, retraçant des exemples de justice-. Il y a, notamment, un morceau excellent et remarquable où
1. Bruges, Bruxelles, Louvain et Tournay, se disputent l'honneur d'avoir vu naître ce grand artiste. Il résulte des documents recueillis par MM. Dumortier et Pinchart dans les archives de Tournay, et du travail publié par ce dernier sous le titre : Roger de la Pastiire, dit Vander Weyden [Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie, 1867, pages 408-494), que Roger naquit dans cette dernière ville, probablement en iJgg.
2. Ces peintures furent sans doute anéanties dans le bombardement de Bruxelles par les Français, en 1695. Le peintre avait représente, en quatre tableaux à l'huile : 1° la Justice de Trajan, où cet empereur arrête son armée pour châtier l'assassin de l'enfant d'une veuve ; 2° le Pape saint Grégoire recevant la tète de Trajan et priant Dieu pour l'àme de ce paien dont la bouche ne prononça que de justes arrêts; 3" Archambaitd de Bourbon (Herkenbald), rfon;!(7«/ la mort à son neveu coupable de viol; 4" le même Arcliambaud, avant de mourir, recevant miraculeusement l'hostie que l'évéque lui a refusée.
MM. Pinchart (Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 2' série, tome XVII (1864), page 54, et G. Kinckel (Die Brüsseler Rathausbilder ; Berne, 1867), ont identifié ces compositions avec les tapisseries trouvées dans la tente de Charles le Téméraire après sa défaite par les Suisses, et encore conservées à Berne. M. Alf. de Wurzbach s'inscrit en faux contre cette identification (A'uns/ Chronik, i883, page 5-28), se fondant sur la différence d'etTet et de composition qui doit exister entre un carton
ROGERO, BRVXELL£NSI PICTORJ
9Sn ti^ijlt (àucfi, quocf multa^'^ j^uUfira, 'R.oßere,
^inxtßi,vt poterant tem^ora Jerre trua:
Q)igna tarnen, nofrro miicunc^iie ejl tempore Pictor, ^cC qucp,Jl Jhjfiat, reßrifere vs^ue y^tit . eftes ptfturce, mice Bruxe(tênje tribunal 'De refèo ThemiMs ceiùre taUe vêtant:
Q^mm, tua de par Pis pinaenao ex tréma vomr^tas 'Perpetua eß inopuni (ntoa mecücina Japn.. Ida reUquifn terris iam prQxima tnortr: idàr tnoniimenta polo non montura mirant
KOGER VANDER WEYDEN (DE LA l'ASTUKEl. Gravé par Wicricx (?).
,oo LE LIVRE DES PEINTRES
un vieux père, malade et alité, se dresse pour couper la gorge à son fils criminel. L'expression du père, qui serre les lèvres en appliquant à son propre enfant les rigueurs extrêmes de la loi, est admirablement rendue.
On voit un second tableau où, pour honorer la Justice, un œil est arraché en même temps à un père et à un fils', et d'autres exemples de môme portée. Ce sont choses saisissantes à voir et qui remuaient le docte Lampsonius au point qu'il n'en pouvait détacher ses regards, lorsque, dans cette même salle, il rédigeait la Pacification de Gand pour Fapaisement des Pays-Bas. Il interrompait son travail, pourtant si grave, pour s'exclamer : « O Roger, quel maître tu étais-! »
A Louvain, à l'église de Notre-Dame-hors-des-Murs, on voyait aussi de Roger une Descente de croix, dans laquelle deux hommes, debout sur des échelles, laissaient descendre le Christ sur un drap blanc''. Au bas du tableau se tenaient Joseph d'Arimathie et d'autres personnages, qui recevaient le corps du Sauveur, et les saintes femmes, rassemblées au pied de la croix, se lamentaient d'une manière très émouvante, tandis que la 'Vierge évanouie était soutenue par saint Jean debout derrière elle.
Cette œuvre capitale de Roger fut envoyée au roi d'Espagne; le vaisseau qui la portait fit naufrage, mais le tableau flotta et fut sauvé. Comme l'emballage avait été soigneusement fait, la peinture
de tapisserie et un tableau. L'auteur perd de vue qu'il existe des tableaux absolument reproduits en tapisserie (Voir à ce sujet, E. Müntz, la Tapisserie. [Paris, Quantin, 18821,011 l'on trouve, page i5i, la reproduction d'une des tapisseries de Berne. Voir aussi Achille Jubinal, les Tapisseries historiées, planches 2-4. Paris, i838.)
Une note du Journal des Beaux-Arts (1862, page 142) faisait espérer que l'on avait retrouvé les tableaux de vander Weyden. Il n'en a rien été.
1. Van Mander fait ici une confusion, car aucun auteur ne comprend ce sujet parmi ceux qui avaient été traités par Roger vander Weyden à l'hôtel de ville de Bruxelles. Il s'agit de la légende de Zaleucus, législateur des Locriens (700 ans avant Jésus-Christ), qui se laissa arracher un œil pour sauver un des yeux de son fils, condamné par lui-même à perdre la vue. C'était un des épisodes représentés par Holbein dans ses peintures de l'hôtel de ville de Bàle. De là, sans doute, l'erreur de notre historien.
2. Dominique Lampsonius (i535-i5g8), ne prit aucune part à l'acte de la Pacification de Gand. Il intervint, probablement, en qualité de secrétaire du prince-évêque de Liège, Gérard de Groesbeke, un des commissaires de l'empereur Rodolphe II, dans les négociations de VEdit perpétuel de 1577.
3. Il n'y a qu'une seule échelle dans la Descente de croix de Roger vander Weyden.
ROGER VANDER WEYDEN loi
eut à peine à souffrir; le panneau fut légèrement disjoint, mais il n'y eut pas d'autre dommage.
A la place de l'original, on donna aux Louvanistes une copie faite par Michel Coxcie, ce qui laisse à penser quelle valeur devait avoir le modèle'.
Ayant peint pour une reine ou pour quelque haut personnage un portrait, vander Weyden touchait, de ce chef, une rente en blé. 11 devint très riche et laissa aux pauvres d'abondantes aumônes. Sa mort advint au temps où régnait la suette, qu'on appelait aussi « le mal anglais », et qui s'étendit par toute la contrée, faisant des milliers de victimes. Ce fut pendant l'automne de i52g~.
Lampsonius, s'adressant à Roger, s'exprime comme suit : « Il ne suffirait pas, ô Roger! de t'adresser l'éloge d'avoir produit des œuvres admirables en des temps plus arriérés que le nôtre. Tes travaux sont restés dignes d'admiration, et les peintres des jours plus éclairés viennent, s'ils sont sages, en faire l'objet de leurs études. C'est ce que nous montre le tableau qui enseigne à l'édilité bruxelloise à ne point faillir dans le chemin de la justice.
« Et comment, d'autre part, s'effacerait le souvenir de tes volontés dernières ? Des richesses amassées par ton pinceau , consacrées au soulagement des nécessiteux ?
« Les biens que tu laissas à la terre périront sous l'effort du temps ; mais tes bonnes œuvres brilleront impérissables au ciel M »
1. Ls. Descente de croix appartenait aux arbalétriers de Louvain, qui la cédèrent à Marie de Hongrie; elle est aujourd'hui à l'Escurial. L'exemplaire du musée du Prado (n" 1818 du catalogue) est, selon le catalogue de M. de Madrazo, la copie de Coxcie. Enfin, sous le n" 2193 a, on rencontre, au même musée, une troisième version ancienne, provenant du musée de la Trinidad. Les musées de Berlin, de Liverpool, de Douai et de Cologne, possèdent également des copies anciennes de la Descente de croix. Il importe d'ajouter que Crowe et Cavalcaselle se prononcent pour l'authenticité du tableau de la Galerie de Madrid. Par contre, les mêmes auteurs croient voir, dans la réduction de l'église Saint-Pierre à Louvain, l'œuvre de Coxcie. Alfred Woltmann {Geschichte der Malerei), au contraire, accepte pour original ce petit triptj'que, daté de 1443, et dont les volets représentent les donateurs Guillaume Edelheer et sa femme. (Voir sur ce- dernier tableau la notice de M. Ch. Piot insérée dans la Revue d'histoire et d'archéologie, tome III, page 197.) L'église de Notre-Dame-hors-des- Murs fut démolie en 1798. — Voir aussi sur la Descente de croix de Madrid : les Peintres flamands en Espagne, par J. Rousseau, dans le Bulletin des commissions d'art et d'archéologie, tome VI, page 3i(), et tome 11, page 32, avec une planche du tableau, également gravé dans Fœrster, Denkmale, tome XI.
2. Roger vander Weyden est mort à Bruxelles, le 16 juin i4')4.
3. Voici comment s'exprime M. Pinchart au sujet des bonnes oeuvres de vander Weyden : « Van
COMMENTAIRE
Diigagce de toute controverse inutile, la biographie de Roger vander Weyden repose, avant tout, sur les excellents travaux de MM. Alph. Wauters, archiviste de la ville de Bruxelles, et Alexandre Pinchart, chef de section aux Archives générales du royaume de Belgique. Elle se résume comme suit :
Roger de la Pasture, mieux connu sous le nom de vander Weyden, naquit à Tournav entre les années i3q8 à 1400. Déjà marié à Elisabeth Goffart ou Goffaerts, et père d'un enfant, il entra en apprentissage le 5 mars 1427 ^n. st.i, chez Robert Campin. et fut inscrit comme maître à la corporation des peintres tournaisiens le i"'" août 1432. Son apprentissage avait donc duré cinq ans et cinq mois.
Aucune œuvre de Robert Campin n'a été signalée jusqu'à ce jour. Comme beaucoup d'artistes, même célèbres, de son temps, il s'occupa de travaux intimes : peintures de bannières, mise en couleurs de sculptures, etc. Toutefois, dans un travail récent', M. Pinchart nous le montre, en 1438, exécutant les cartons d'une Vie de saint Pierre, peinte sur toile par un autre artiste : Henri de Beaumetiel.
Après son admission à la maîtrise, Roger de la Pasture alla se fixer à Bruxelles et, à dater de cette époque, ne porta plus, sans doute, que le nom flamand de vander Weyden, traduction littérale de de la Pasture. Il devint peintre de la ville de Bruxelles, et M. Wauters le trouve mentionné, en cette qualité, dès le mois de mai 1436, époque a laquelle le magistrat déclare qu'il ne sera point remplacé à sa mort. Comme peintre de la municipalité, vander Wevden jouissait de certaines prérogatives; il était compris au nombre des fonctionnaires qui recevaient annuellement une pièce de drap aux couleurs de la ville et la portaient sur l'épaule droite, tandis que les emplovés d'un rang intérieur, également gratifiés, portaient la même étoffe sur l'épaule gauche.
Vers l'année i44q, Roger, selon l'acception commune, se mit en route pour l'Italie. On croit avoir les indices de son séjour à Ferrare, où il travailla, dit-on, pour Lionel d'Esté, et à Rome, oîi il séjourna pendant l'année du Jubilé de 1450. Il visita peut-être aussi Milan, Florence et Naples; mais rien, à cet égard, n'a pu être établi sans conteste.
II mourut à Bruxelles le 18 juin 14Ö4 et fut inhumé en l'église de Sainte-Gudule, devant l'autel de Sainte-Catherine.
Mander qui a traduit ces vers en a exagéré le sens; il écrit que Roger avait fait beaucoup d'aumônes aux indigents; puis est venu l'ouvrage de Sandrart dans lequel on lit que l'artiste mourut comblé de biens, qu'il a laissé presque tout aux pauvres ; ce qu'ont répété Mariette dans son Abeccdario et d'autres auteurs plus modernes. Or, en compulsant le compte de la saint Jean-Baptiste, i4'')3, à pareille date 14G4, de la table des pauvres de Sainte-Gudule, qui était la paroisse du défunt, il ne s'y trouve renseigné qu'une somme de 2 peters, valant 9 sous de gros, payée par les exécuteurs testamentaires de Roger vander Weyden, le al^ juin 1464. » (Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie, tome VI, page 478.)
I. Quelques artistes et quelques artisans de Tournay, des XI\'', XV' et AT/" siècles. (Bulletin de l'Académie de Belgique, 3" série, tome IV. 1882.)
ROGER VANDER WEYDEN io3
Une messe pour le repos de l'âme du peintre fut célébrée à Tournay, à l'autel de Saint-Luc; M. Pinchart en a retrouvé le compte, qui mentionne expressément : « Roger de la Pasture, natif de Tournay, demeurant à Bruxelles ». Il en a joint le fac-similé à l'article cité plus haut.
Vander Weyden laissait, en mourant, trois fils et une fille. Corneille, le fils aîné, entra en religion à la Chartreuse d'Hérinnes ; il mourut en 1473. Pierre, le second fils, né à Bruxelles en 143-, fut peintre; il mourut après 014. Jean, le fils cadet, se fit orfèvre, et mourut en 1468.
Goswin vander Weyden, peintre aussi, était fils de Pierre. Il naquit à Bruxelles en 1465 et mourut à Anvers en i538, laissant un fils, peintre, qui porta le nom de Roger et mourut avant 1543. La branche anversoise des vander Weyden a été particulièrement étudiée par M. le chevalier Léon de Burbure, dans un travail communiqué à l'Académie royale de Belgique en i865. (Documents biographiques sur les peintres Gossuin et Roger Vander Weyden le jeune. ■ — • Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 2'' série, tome XIX.)
Sous le nom de Roger de Bruxelles ou de Bruges, vander Weyden était cité parmi les plus grands artistes de son temps. Facius le croyait élève de J. van Eyck, et c'est également en cette qualité que le père de Raphaël, Giovanni Santi (dans son poème sur la peinture^ et Vasari le mentionnent.
M. Wauters avait fait justice, dès l'année 1846, de l'erreur de van Mander, en démontrant que Roger de Bruges et Roger vander Weyden ne constituent qu'un seul et même personnage.
Si Roger ne fut pas l'élève de Jean van Eyck, eut-il la gloire de former Memling et Martin Schongauer ? On l'a longtemps soutenu, mais il n'est plus guère possible d'admettre cette assertion, répétée par nombre d'auteurs. Incontestablement, l'étude des œuvres de Roger a exercé une influence 'Considérable sur le génie des deux grands artistes que nous venons de citer, mais de là à les accepter comme élèves directs du peintre de la ville de Bruxelles, il y a quelque distance. De pareilles questions ne se résolvent qu'avec pièces à l'appui, et il est suflisamment démontré que la fameuse lettre de Lambert Lombard à Vasari, qui fait de Martin Schongauer le disciple de vander Weyden, est sans valeur historique.
Roger vander Weyden, connu comme il l'est aujourd'hui, se présente dans l'histoire de l'art flamand avec la qualité d'un chef d'école. A côté même de van Eyck, ce titre lui appartient ; l'école brabançonne procède de lui. Malheureusement, les oeuvres attribuées au maître sont dénuées de signature et de date, contrairement à ce qui existe pour Jean van Eyck. Seul le triptyque de la Descente de croix, à Louvain, est daté de 1443; il est donc à présumer qu'un grand nombre de travaux, qui appartiennent légitimement au peintre, ont été donnés à d'autres artistes. Nous ne tenons aucun compte, en etfet, des monogrammes que Brulliot et Nagler s'ingénient à attribuer à vander Weyden ; même ses travaux les moins contestables sont totalement anonymes.
C'est au musée de Berlin que se trouve la seule œuvre de vander Weyden dont
rauthenticitc soit irréfutablement établie. C'est un petit triptyque (534 ^^ représentant la Nativité, le Christ sur les genoux de la Vierge et l'Apparition de Jésus-Christ à sa Mère. On sait que cette œuvre admirable fut offerte, par le roi Jean II d'Espagne, aux chartreux de Miraflorès près de Burgos, en 1445, fait établi par les archives du couvent. Ce point fixé, on a pu restituer au maître un (cuvre assez riche. Au musée de Berlin même, deux autres triptyques, le premier ;534B|, avec le Baptême du Christ, la Naissance et la Décollation de saint Jean-Baptiste, le second (535), avec la Nativité, Auguste et la Sibylle et les Rois Mages, forment un ensemble de première importance. Le n" 535 provient de l'église de Middelbourg en Flandre, localité qui doit son origine à Pierre Bladelin, maître d'hôtel de Philippe le Bon. Ce personnage est lui-même représenté sur le tableau en question.
Le Belvédère, à Vienne, possède aussi un petit retable attribué à vander Weyden. Il représente le Christ en croix, la Madeleine et sainte Véronique. Nous inclinons à donner au maître la merveilleuse petite Déposition de croix de la même Galerie (2^ étage, chambre II, n° 12), attribuée à Jean van Eyck.
A Munich, la Pinacothèque (fonds Boisserée) expose, sous le nom de vander Weyden, un Saint Luc peignant la Vierge et un triptyque de V Adoration des Mages \ Le musée de Francfort conserve une admirable petite Madone avec saint Pierre, saint Jean, saint Cosme et saint Damien, une peinture décorée de l'écu des Médicis, et que l'on croit avoir été peinte par vander Weyden pendant son séjour en Italie en 1449-1450.
On fait dater d'autres (cuvres de la même époque de la carrière du maître : une Pietà du musée des Offices de Florence serait, d'après Crowe et Cavalcaselle, le fragment d'un triptyque peint à Ferrare, et que Cyriaque d'Ancône vit en 1449 ; un triptyque autrefois dans la collection Zambeccari, à Bologne, aujourd'hui au musée de Bruxelles, avec le Christ en croix adoré par François-Marie Sforza et Blanche de Visconti, et sur les volets duquel sont représentés, d'un côté, la Nativité, avec Saint François, de l'autre. Saint Jean-Baptiste avec sainte Barbe et sainte Catherine, aurait été peint à Milan ^.
Alfred Woltmann, enfin ■', inclinait à attribuer au maître un Christ au tombeau, de la Galerie Nationale de Londres, peint à la détrempe, et qui serait une des peintures que Facius vit au palais de Naples.
Parmi les œuvres dont l'origine est établie par des documents, figure un grand triptyque, dont M. de Laborde avait trouvé la mention aux archives de Cambrai, et que Waagen identifia au musée de Madrid. Cette œuvre fut commandée à vander Weyden en 1455, par Jean Robert, abbé de Saint-Aubert, à Cambrai. Le maître y avait représenté la Chute de l'homme, la Rédemption, les Sacrements, les Œuvres de miséricorde
1. Répétition attribuée à Meinung, k l'hôpital Saint-Jean, à Bruges.
2. Cette œuvre est aujourd'hui attribuée à Memling. MM. Crowe et Cavalcaselle (édition Springer, page 252) reconnaissent qu'il y a, entre certaines figures du tableau et le type de Memling, une assez grande analogie.