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Geschichte der Malerei, tome II, page 5i

BERNARD VAN ORLEY i33

musée de Bruxelles', la manière du peintre s'est transformée, et qu'il se rapproche beaucoup plus de l'école florentine.

Marie de Hongrie, devenue gouvernante des Pays-Bas (i53ii, choisit à son tour Bernard van Orley pour peintre, et lui commanda de nombreux travaux : son portrait, ceux de ses frères, l'empereur et le roi Ferdinand, de son défunt époux le roi Louis II de Hongrie, de Christine de Milan, sa nièce, etc.- Toutes ces œuvres se classent entre les années i533 et i535; il est difficile de les identifier. Nous avons trouvé parmi les anonymes de la Galerie Borghèse, à Rome, le portrait d'un des princes, — nous ne saurions dire lequel, — et au musée de l'Académie de Venise, sous le nom de Holbein, Galerie Manfrin, vni, 206, celui, peut-être, de Christine.

A propos de cette princesse, M. Wauters se demande si le portrait à mi- corps, existant au palais de Windsor et signalé par M. George Scharf-', n'aurait pas été attribué erronénient à Holbein, et s'il ne serait pas plutôt de van Orley. On ne peut nier la grande analogie de caractère et même de pose, entre le portrait certain de Holbein, appartenant au duc de Norfolk, et que nous n'hésitons pas à qualifier de merveille de l'art, et le portrait moins certain reproduit pour la notice de M. Scharf. On sait que le peintre de Henri VIII vint dans les Pays-Bas en i538, pour y peindre Christine de Milan, nièce de l'empereur, que le roi recherchait en mariage. Holbein n'obtint qu'une courte séance ', et compléta sans doute plus tard l'admirable création que possède le duc de Norfolk. L'autre portrait, celui de Windsor, peut très bien être de Holbein, et nous inclinons à le croire, à cause de la grande analogie d'attitude et de conception existant entre les deux leuvres. Mais comme, d'autre part, une première image de la princesse était partie de Bruxelles pour Londres'', il est bien permis de supposer que celle-ci avait pour auteur van Orley, peintre attitré de la gouvernante.

En 1537 l'on plaça dans le transept de Saint-Gudule, à Bruxelles, les belles verrières dessinées par van Orley, et où sont représentés d'une part, Charles-Quint et sa femme, de l'autre, Louis II et Marie de Hongrie. Un troisième vitrail, représentant François I"^'' et la reine de France, sœur de l'empereur Charles-Quint, vint orner la même église. Les autres compositions, destinées à la chapelle du Saint-Sacrement, étaient à l'état d'esquisse quand le peintre mourut, et les cartons furent acquis de ses enfants.

Pour l'église de Saint-Rombaut à Malines, van Orley avait également dessiné un vitrail, depuis longtemps disparu : ï Entrée de Jésus-Christ à Jérusalem, avec les portraits de Philibert le Beau et de Mari^uerite d'Autriche. Il en est de même d'une verrière

1. Episodes de la vie delà Vierge, volets d'un triptyque, n° 44. Les volets io3 et 104., Episodes de la légende de sainte Catherine, qui appartiennent aussi à Bernard van Orley, donnent lieu à la même observation.

2. Alexandre Pinchart {Revue universelle des arts, tunie III, page 14.1, Tableaux et sculptures de Marie de Hongrie).

3. Remarks on a portrait of the Duchcss of Milan. — Archœologia, tome XL, page loû.

4. George Scharf, /oc. cit.; Alfred Woltmann, Holbein und seine Zeit, page 45 1. Leipzig, 1870.

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