‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 76 sur 218 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

exécutée en 1541 pour lV\i;lise de Saint-Bavon à Harlem, et qui représentait la Trinité adorée par réréqiie d'Egmond '.

Ce fut encore à la iin de sa carrière que van Orley exécuta le Jugement dernier^ de l'église Saint-Jacques d'Anvers, placé dans la chapelle des SS. Picrre-et-Paul, et où l'on voit les portraits de la famille Rockox, dont plusieurs membres sont inhumés dans cette partie de Téditice -.

La Prédication de saint Norbert, à la Pinacothèque de Munich [n° 65 il, ornait autrefois l'église de l'abbaye de Saint-Michel d'Anvers.

Le cadre de notre travail ne comporte pas l'étude critique de l'œuvre de van Orlev. Nous ne pouvons omettre toutefois de restituer au peintre un certain nombre de créations. La Galerie du Belvédère, à Vienne, possède les fragments d'un ensemble que complètent deux volets encore anonymes au musée de Bruxelles. M. le conseiller .Schlie a relevé sur la section viennoise : Légende de saint Thomas, la signature et le monogramme de van Orley. C'est également à van Orley qu'appartient, croyons-nous, un volet du Martyre de saint Pierre au musée de Douai (attribué à Albert Dürer).

Woermann est d'accord avec le Cicerone de Burckhardt, pour donner à van Orley le tableau, de sujet indéterminé (n° 3 18), de la Pinacothèque de Turin, et le même auteur enlève à Holbein, pour le restituer à notre maître, le splendide portrait d'homme (n° 223), de la Galerie Pitti à Florence-'.

L'église Sainte-Marie, à Lübeck, possède de van Orley un retable de V Exaltation de la Trinité, datant de i5 18 '', et, tout récemment, M. le conseiller Schlie a trouvé, dans l'église de Güstrow', un second retable issu de la collaboration du peintre bruxellois et d'un sculpteur, son concitoyen, Jean Borman. C'est un ensemble grandiose, oii sont représentés, en sculptures merveilleuses, les épisodes de la Passion, tandis que le peintre y a adapté des volets avec l'Annonciation, la Vierge, Saint Pierre, Saint Paul, Sainte Catherine, Sainte Barbe, et les martyres de ces saints représentés dans les fonds •'.

La Galerie Czernin, à Vienne, possède, parmi ses inconnus, une Vierge en prière, figure à mi-corps, oeuvre de van Orley (n» 228); la collection du prince Frédéric des Pays-Bas, une Vierge avec V Enfant Jésus, qui figura à l'Exposition rétrospective de La

1. Gcnard, loc. cit., page 58. En parcourant les listes publiées par M. le docteur vander Willigen [les Artistes de Harlem, 1870, page 56), on rencontre le nom de « Baentaerts van Oerlen », peintre de Sa Majesté, demeurant k Bruxelles, vis-à-vis de l'église dite Saint-Gheraertskerck ». Cette mention est faite sous la datedei537. M. vander Willigen ne voit là qu'une simple indication d'adresse, encore cette adresse suffit-elle à nous indiquer que la fabrique de l'église avait été en relations avec le peintre de Bruxelles.

2. Theod. van htùns, Notice sur les œuvres d'art de l'église Saint-Jacques, à Anvers, page 1 59. i855.

3. Der Cicerone, de J. Burckhardt. 4"^ édition, annotée par Bode, page (JiK f. Leipzig, 1879.

4. Woermann, Geschichte der Malerei, tome II, pageSiô. — Lotz, Kunst-topo graphie, 1 8(12, tome I", page ."^07. La Trinité est entourée d'une gloire de chérubins; les volets représentent l'Empereur Auguste et la Sibylle et trois portraits de donateurs; Saint Jean écrivant l'Apocalypse. A l'extérieur, les Pères de l'Eglise et la Salutation angélique.

5. Das Altarwerk der beider Brüsseler Meister Jan Borman und Bernaert van Orley in der Pfarkirche ^k Güstrow, par le D'' Friedrich Schlie. Güstrow, i883, in-fol.

BERNARD VAN ORLEY i35

Haye, en 1881 '. Au musée de Rotterdam, se trouve une Jeune femme jouant du luth- (Inconnus, n° 353), et au musée archiépiscopal d'Utrccht : la Volupté punie, une femme que la mort vient surprendre à sa toilette. Ce tableau était jadis attribué à van Orley, on le donna ensuite à Lucas Granach ; la première attribution était indiscutable.

A ne juger que par Tanalogie d'aspect et de système, on serait tenté d'accepter pour un van Orley le beau retable de la Mort de la Vierge, appartenant aux hospices de Bruxelles, avec l'indication : ist Ghemacht anno XV c XX, den XI dach Augnsti.

C'est une œuvre extrêmement remarquable. Le tableau porte une marque : J^ ; et sur le bord de la robe de saint Joseph une inscription MARIA lA IN KOPEN VAN DEN KOTEN (?) •'. Ne seraicnt-ce pas les noms des donatrices, deux religieuses représentées sur l'extérieur des volets ? En i5 2o, van Orley était plus vigoureux dans sa peinture.

Marié deux fois, van Orley eut neuf enfants, parmi lesquels cinq fils, dont trois, au moins, furent peintres. Jérôme était, en 1602, doyen de la corporation de Saint-Luc de Bruxelles. Toutefois, M. Alph. W^auters n'est pas convaincu que tous les van Orley, exerçant au xvi« siècle la profession de peintre à Bruxelles, sont parents de Bernard.

Quelques-unes des plus belles tentures de fabrication bruxelloise eurent pour modèles des cartons de van Orley. Les dessins de YHistoire de Romulus, revêtus du monogramme du maître (Cabinet de Munich), se rattachent évidemment à cette catégorie '. L'on ne peut hésiter à reconnaître la main de van Orley dans la magnifique Histoire d'Abraham, à Hampton Court, que ces tentures ornaient déjà au temps de Henri VIII.

Bernard van Orley mourut à Bruxelles au commencement de l'année 1542. II eut sa sépulture dans l'église de Saint-Géry, détruite au commencement du xix« siècle. La tombe était surmontée d'un tableau de Xix Nativité, peint par le maître lui-même^, à qui l'épitaphe donnait le titre de peintre de Marguerite d'Autriche et de Marie de Hongrie.

I. Kitnstbode, 1881, page 154 (article de M. Victor de Stuers).

■2. Nous de'chitîrons, sur le cahier de musique, les mots : « Si jayme mon amy plus comme mai])'... »

3. J. D. Passavant : Kuii.strci.sc durch England und Belgien (i833, page SgG), n'accepte pas l'attribution à van Orley. Le tableau contient certainement des parties faibles, mais il n'en est pas moins d'une re'elle importance. La composition est fort bien étudiée, surtout pour le panneau central. A saint Joseph, en pleurs, un des apôtres montre l'Assomption de Marie. Les volets représentent, à droite, la Présentation au temple et Y Adoration des mages; à gauche, la Visitation et la Nativité; au milieu, en haut, la Présentation delà Vierge au temple et l'Annonciation. Enfin, à la partie supérieure, apparaît la Trinité. \ l'extérieur, on voit les portraits de deux religieuses a\ec Sainte Catherine et Sainte Gertrude.

4. Hercule Farnèse acheta aux Pays-Bas, en i54^i, quatre pièces d'une tenture de Romulus et Rémus. Six pièces analogues ornent le palais de Madrid. (Wauters, Tapisseries bruxelloises, p. 86.)

5. Le tableau qui surmontait la tombe de Bernard van Orley fut emporté en France par les commissaires de la République. Lorsque, après 181 5, les délégués belges se rendirent à Paris pour faire le récolement des œuvres enlevées des églises et des monuments de leur pays, ils ne retrouvèrent pas la "Naissance de Jésus-Christ, tableau peint dans la manière d'Emmelinck, par Bernard van Orley, dont il ornait l'épitaphe ; I) il n'était pas arrivé à Paris. {Liste générale des tableaux et objets d'art, avec l'indication des lieux ou se trouvent ceux desdits objets que la Commission n'a pu recueillir, etc. Journal des Beaux-Arts, 1863, page ii3.) Plus heureux que les commissaires, nous croyons avoir retrouvé, au musée de Lille, sous le n° Sgi), l'épitaphe de van Orley, œuvre de la meilleure qualité, revêtue du monogramme (faux) d'Albert Dürer, et de la date (également fausse) de i5i2, et que le catalogue a sagement donnée à son légitime auteur.

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