Vasari, édition Lemonnier, tome XI, page
Voilà le témoignage que Vasari rend de Lucas de Hollande comme il l'appelle, et il est exact qu'il composait si bien que Ton voit dans
PORTRAIT DE LUCAS DE LE Y DE, Grave par Andreas Stock, d'après le tableau du m;:ître exislaiit à Brunswick.
ses œuvres la juste observation de Téloignement et de la fuite des arrière-plans que Ton ne trouve pas, au même degré, dans les paysages des meilleures planches de Dürer, voire les plus célèbres, telles que le
Saint Hubert^ et autres. Il est vrai que le susdit Vasari dit quelque part que, selon lui, Lucas était moins bon dessinateur qu'Albert, mais il ajoute qu'en bien des choses il fut son égal par le burin.
Les planches de Lucas se distinguent aussi des œuvres contemporaines par la disposition beaucoup plus heureuse des plans du terrain, par Tharmonie générale, et par le maniement intelligent du burin dans les étoffes et les draperies ; je pense qu'à cet égard les connaisseurs seront d'accord avec moi.
Ce fut en i5io, et âgé de seize ans, qu'il grava cette planche prodigieuse de VEcce Homo- qui confond par la somme d'intelligence et de savoir qu'elle révèle chez un garçon si jeune, autant sous le rapport de l'ordonnance et de la variété des types et des costumes des différents peuples, que par la représentation des belles architectures modernes si bien tracées d'après les règles de la perspective.
Il grava aussi, la même année, d'une manière agréable et délicate, un Paysan et une paysanne avec trois vaches"\ La paysanne qui se relève, ayant fini de traire, rend admirablement la fatigue et la courbature résultant de la position qu'elle vient de quitter. C'est un petit morceau accompli et que l'on recherche fort.
Ce fut encore en l'an i5io qu'il grava Adam et Eve errant après leur chute \ lui vêtu d'une peau de bête, une bêche sur l'épaule; elle, portant dans les bras Caïn, son premier-né; jolie petite planche.
Toujours sous la même date, il grava une petite Femme nue tenant sur ses genoux un petit chien'' dont elle prend les puces.
J'ai tenu à citer ces pièces à la suite les unes des autres, pour mieux établir le fait prodigieux des fruits excellents donnés par un si frêle arbrisseau. Mais il me serait impossible d'énumérer toutes les œuvres qu'il a peintes, gravées ou tracées sur le verre. Je ne puis dire que ceci, c'est qu'il prenait soin d'appliquer ses couleurs avec la plus grande pureté et que, tout graveur qu'il était, il a toujours manié le