‹ Le livre des peintres et graveurs (volume 2)Chapitre 15 sur 41 · XI I · texte numérisé non relu

XI I

C'est de Pierre Daret que Monsieur de Haurane On conserve en portrait, de mémoire exprimé, Par du Moutier le peintre en sa teste imprimé , Honorant d'un grand nom le vénérable organe.

C'est de Robert qu'on voit des choses admirables , Pour des oiseaux divers et pour des fleurs encor , D'une rare beauté plus charmante que l'or, Dont les originaux sont presque incomparables.

Depuis il a gravé des oiseaux en grand nombre , Tels que ceux que l'on voit formez d'un air si doux Par Antoine Tempeste, admiré parmi nous, Dont François Villamène éclaircit le jour sombre.

De Langres ce bon peintre a pris son origine ; Il aime sa patrie et se sent du bonheur Que la victoire apporte à tous les gens de cœur, Qui s'attendent toujours à la faveur divine.

et Graveurs. 47

Du Cerceau.

Nul n'a tant dessiné de bastiments antiques , De modernes non plus, qu Androuet du Cerceau; Il a fait ceux du Louvre et de Fontainebleau ; On voit de luy partout ses arcs et ses portiques.

Il a fait, de morceaux de grande architecture , Des termes , des piliers avec leurs chapiteaux , Des jeux de perspective en des desseins nouveaux , Des vases, des buffets de diverse figure.

Philbert de Lorme estoit un célèbre architecte; Clani le fut encor , et puis François Mansart Fit à Sainte-Marie un chef-d'œuvre en son art; Il dessinoit ailleurs une bibliotèque.

Jean Marot, architecte, a dessiné le Louvre; Il a peint le chasteau pompeux de Richelieu ; Des palais sont de luy, des temples en maint lieu , Et pour lart de bastir le secret il découvre.

De Jean Couvay Ton voit des pièces agréables, Après Stelle et Vignon , du Loir, Blanchar, Perrier ; En figure il a fait le Despautère entier , Et beaucoup de portraits de luy sont supportables.

Voiïillemont chez Rabel fît son apprentissage; 11 fit après le Guide, Albane, Raphaël ; Ses portraits d'Italie ont un goust de pastel ; Neuf princes Lascaris honorent son ouvrage.

C'est Antoine Benoist de Joigni de Bourgongne , Qui fait toute la cour si bien au naturel , Avecque de la cire où se joint le pastel , Que de la vérité l'âme seule s'éloigne.

L'un et l'autre Jaillot, deux admirables frères, Du lieu de Saint Oyan dans la Franche-Comté, Sur l'y voire exprimant toute leur volonté , L'animent par leur main sur des sujets contraires.

Par Simon on diroit que la matière endure ; Hubert la fait plier de la mesme façon ; De quelle utilité profite leur leçon ?

Et qui peut mieux former une noble figure ?

Aubin Vouet a peint comme Simon son frère'; Il a fait S. Philippe et l'Ethiopien, S. Estienne debout sans besoin de soutien, Animé qu'il paroist d'un divin caractère.

L'Asne en est le graveur dans sa bonne manière , Où le dessein entier se montre à découvert; D'Aubin on voit encor la Vierge de Tudert , Resplandissante autour d'une grande lumière.

et Graveurs. 49

Sept Peintres de la Famille des Quesnels. i

Six peintres des Quesnels, et tous considérables, Qui sont sortis de Pierre et de ses trois enfants , Deux François , Nicolas et Jacques triomphants , Augustin et Toussaint ingénieux, aimables.

Pierre avoit fait aussi les vitraux de l'église Qui dans les Augustins sont derrière l'autel , Ouvrage en son dessein , sur le verre , immortel , De Christ montant au ciel , dont la mort est surprise.

Là de Henri Second se voit l'image encore , Celle de son épouse à genou vers le bas , Dans Tan cinquante sept , sans suitte de soldats , Entre les docteurs saints debout que Ton honore.

Page 1