‹ Le livre des peintres et graveurs (volume 2)Chapitre 16 sur 41 · IV. [me · texte numérisé non relu

IV. [me

Tout est plein des travaux , d'ailleurs, de ce rare hom- Mais bien plus de François tout le monde est semé, Qui dépeignit la cour, en ce genre estimé , Et qui suivit Janet, que partout on renomme.

i. Nous croyons distinguer au milieu de tous ces vers aussi bizarres que curieux le tableau suivant de la famille des Quesnel : Pierre Quesnel, le père; François, Nicolas et Jacques, fils de Pierre Quesnel; et Toussaint, François II, et Augustin, fils de Jacques. M. Frédéric Reizet donne cette généalogie dans le tome 3e des ir— chives de Vart français , et les actes de naissance qu'il a trouvés à l'hôtel de ville sont parfaitement en rapport avec les vers de l'abbé de Marolles.

5o Le Livre des Peintres

Il fit des grands tableaux pour les tapisseries, Tels que ceux que son père, ou du grand Auxerrois, On honore le nom dans l'église des rois, En fit d'hommes puissants sous d amples galeries.

Il peignit les tableaux pour la superbe entrée De la reine Marie auprès de son Henri , Au milieu de sa gloire , en un temps favori , Quand ce prince mourut d'une manière outrée.

Il peignit de son fils , dans la cérémonie ,

Le sacre que Ton fit en l'église de Rheims,

Que deLeu mit au jour sur quelques tableaux peints,

Et partout Ton connut quel fut son beau génie.

Jacques peignit des saints , des voûtes , des chapelles ; Il peignit des tableaux pour l'hôtel de Zamet, Il en fit pour le prince à qui tout se soumet, Et l'on connut de luy mille beautez nouvelles.

De Jacques , Augustin , qui survequit son frère , A laissé des portraits qu'il exprima si bien Qu'à leur naïveté l'on ne desiroit rien , Le puisné de celuy qui des vertus fut père.

Je dis Jacques, celuy père d'une famille Dont le second , François , le vice a combatu , Et quitté la peinture , imitant la vertu De ses frères pieux dont l'oratoire brille.

et Graveurs. 5i

Nicolas , si sçavant, dans les nobles familles , Fit des blazons prisez en son temps pour la cour, Dont il fut , disoit-on , l'objet de son amour, Laissant son fils Toussaint père de plusieurs filles.

Mais Toussaint fut un peintre en des sujets d'histoire, Employé quelque temps avecque Freminet Comme avecque du Breuil , qui dans le cabinet Applica son pinceau pour orner sa mémoire.

Suite des Peintres qui ont vescu en Franc* depuis 1600.

on dessein entrepris sous la main semble

[croistre ,

S'il faut encor nommer tous les peintres

[connus ,

De qui depuis six cent les travaux on a vus , Sans que le temps jaloux les ait fait disparoistre.

Des enfants de Vignon , Nicolas et Philippe Méritent d'avoir part dans ce long entretien ; Et Charlote , leur sœur, a travaillé si bien Qu'elle a fait admirer sa rose et sa tulipe.

On a fort estimé Georges de la Chapelle , Dauvel , Chauvel , Franquart , Langlois, Charles Dau- Du Guerrier, Roëlant , Estienne Villequin , [fin , Barthelerai Mazot, Isnal et Jean Cotelle.

On peut louer Cossiers , de Sam , Rerbin, Duchale,

Et Didier Humbelot, Danoot et Fillet,

André Cretey, Pinac et Pierre Coulombet,

Du Laurier, des Lauriers, et Subbu, qui régale.

En ce rang on peut mettre , avec Jacques Bologne , Et Federic Scalberge , Henri Gascard , Courtois , Morillon , et Vanboucle , et Riche pour ses bois ; Quant à Robert Vauguier, on aime sa besongne.

Jean Daret, et Forest, et Jacques d'Assom ville, Ne sont pas moins connus que Louys le Meusnier, Michel Fredeau , Moilon , Baussonnet et Selier, Henry Pesne et TEstain, Both et Pierre Gobile.

Jean Berci , pour les fleurs , fut un peintre admira- On a prisé Le Maire et FAleman Stresor, [ble ; Et Nicolas Bolgon le fut de mesme encor ; Et pour le païsage Asselin fut semblable.

On a loué Floquet, les Naims de Picardie, Laurent Picard aussi, le Liégeois de Nets, Paliot, Jean Rhodolphe , et de Lens, et Perets ; Leremberf fait bien voir que sa main est hardie.

et Graveurs. 53

Je ne méprise point ni Lincler, ni Beaufrère , Ni Godran de Dijon , ni le Dard de Chalons , Ni Murgalet de Troye en peignant ses melons , Ni Baudisson , ni l'Homme , ami de Bonnemère.

Je ne rejette point Thomas Piquot, Robuste; De Jean Barthelemi le nom est bien venu , Des Nouettes , Guignard , Paris a maintenu , Et Jean Coquelimont n'y fait rien que de juste.

Du nombre des François, quel homme fut Marcile , Qui peignit sur le verre et se fit admirer Jusques dans l'Italie estant à désirer, Pour sa belle manière et pour sa main subtile ?

Et du grand Valentin, de Coulommiers en Brie, Quel estât faut-il faire, estant capricieux ? De son ouvrage on voit des tableaux précieux Qui feroient l'ornement d'une ample galerie.

Ceux que je vais nommer honorent la Loraine, Henri Hubert, Merlin, Nicolas de la Fleur, Et Nicolas de Bar, Courtois , plein de chaleur, Des Ruez de Nanci ; la Tour s'y joint sans peine.

A Tolose on connoist l'œuvre de la Perrière, Et Durand et Muguet, comme ailleurs Tortoret, Jean Gabriel, si rare en dessein de ballet, Bramereau d'Avignon avec moins de lumière.

Que Samuel Bernard et Douffet de Liège, Excellent en leur genre, on ne peut trop louer, Aubert le Lionnois, quiseplaistàjouer ; Pour moy j'aime du Puits et Blanchet pour son siège.

De Bourzoneet Montagne, émus par leurs Tempestes, Ne parleroit-on pas, si de Martin Paris Et de Vincent Vaillant on célèbre les ris? Vibert, de Raphaël imite les conquestes.

QUELQUES GRAVEURS ORMIS.

oici quelques graveurs obmis entre les autres :

Alexandre Gouban, André Bertrand de Metz , Jacques Baudoux, Binet, Jaquinet, desMa-

[rets , De Bie etTerochel, qui n'estoient pas des nostres.

Nicolas de la Cour, des Pesches et des Perches En estoient bien d'ailleurs; Denisot en estoit, De la Rue et le Maire, et le Doyen qu'on voit, Et Ninclerà l'eau forte, avecque ses recherches.

Nous avons eu Mazot, Pajot et Bonne Jonne, La Pointe de Verdun et François de Verneuil, Jean Pesne de Rouen et Baudet de Vineuil, Marchetet Pierre Estienne, et FournieretLeronne.

et Graveurs. 55

Nous avons eu Migon, Michelin, des Croisettes, Jacques le Long, Blanchin, Louys le Boulonnois, Béret, Nicolas Pierre et Poinçard Chalonnois, Guillaume du Vivier et Pierre de Nouettes.

Jean Perissin, Fatoure et Nicolas des Hayes, Rivière, Jean Bernard, Jean Colin, Jean Croisier, Jean Alix de Moulins, la Puihelle et Charlier, Charpentier, dont le chiffre efface maintes playes.

Millot, Benoist Thiboust et Bernard de la Place, Richel, Charles Burette et Gabriel Audran, Gérard Audran encore et Poulain de Rouen, Jean Estienne de l'Asne avecque peu de grâce.

Jacques Beli, Chartrain, a fait après Carrache, Jardin et des Jardins, et le Juge et Crouleau, Milet, Jacques Picard, de Courbes, Hulpeau, Pierre Vanloch, le fils, où son humeur l'attache.

Quelques filles.

Des filles Geneviève, en ce rang Brebiette Mérite qu'on la nomme avec Jeanne Matthieu, Les Annes Montcornet, et Pinard, en ce lieu, Ainsi qu'une Marie est de Briot sujette.

< Les trois Stelles.

11 faut donc à propos, en ce lieu, les trois Stelles Nommer encore un coup, puisque Tordre le veut; Ce que Claudine fait, Françoise aussi le peut, Et la jeune Antoinette y mit des traits fidelles.

Claude Daigli, Dervet, Chassel, sont de Loraine ; Rouhier est de Bourgongne, avec peu de façon, Et Gabriel Perier est sorti de Mascon; Claude Isac et Burette ont vescu sur la Seine.

Ouvriers en bois.

En bois, nommons encore Estienne de Rivière, Crache, Georges Matthieu, Claude Bezard, Félon, Georges Volant, Boulèze, avec Jean Papillon, Pillehotte, du Val,Graffardet la Roulière.

Jésuites qui ont esté sçavants dans le dessein pour les choses de mathématique et d'architecture.

Combien d'hommes sçavants d'entre les jésuites Ont aussi dessiné sur des sujets divers ! Pour les beaux bastiments, leurs livres sont ouverts; Martelange et Derrand ont leurs règles écrites.

et Graveurs. 5j

Frère du Breuil a fait l'art de la perspective, Georges Fournier la montre à Bourdin de Moulins ; Vattier de Normandie invente des moulins, Et Pierre Bobinet mérite qu'on le suive.

Claude François Milliet Descales fortifie ;

Il attaque, il défend les places et les forts,

Sur la terre inégale, ainsi que sur les ports ;

Mais pour tous ses projets, faudra-t-il qu'on s'y fie ?

Cor délier s.

D'Haroldus, cordelier, nous avons des emblèmes ; De Gabriel le Fèvre on a d'autres desseins ; Ceux de Louys Boulai se trouvent assez pleins ; Ceux des Carmes Gaifard et Gaspard sont problêmes.

Bénédictin.

De Gislain de la Rue on connoist la pratique ;

Dans S. Vaast de Douai l'on ouït les leçons, Et ce Bénédictin, grand en toutes façons, Fit sentir son sçavoir dans la mathématique.

Bernardin.

Le moine de Chailli, Guillaume Guilleville, Fit aussi des écrits qu'on garde chèrement, Enrichis de desseins qui font leur ornement , Pour les beaux bastiments des champs et de la ville.

P remontré*

De Louys Barbaran on voit le monastère De Tordre Premontré dessiné nettement :

Car il estoit bon peintre, et peignoit justement, Des objets naturels gardant le caractère.

Un Feuillant.

De son livre achevé le Feuillant d'Abbeville De S'c Magdelaine eut loisir d'y songer, Et, sans mentir, il est si bon horologer, Qu'on en voit l'importance en sa manière utile.

Jacobins et Augustins.

Frère Jacques Cillars, Jacobin dans la Flandre, A peint de beaux sujets ; et, pour les Augustins, Frère Eugène Vanmol, promettant des festins, Montre avec Padelou qu'on ne peut s'y méprendre

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