XLII
On y rencontre aussi les plaisirs de la chasse.
De toutes les façons qu’on peut s’imaginer,
Soit après le repas ou soit avant disner,
Sans découpler des chiens l’impétueuse audace.
Des animaux rusez l’on y voit l’artifice,
Par là mesme on s’instruit à voler les oiseaux ;
On y cherche au besoin les poissons dans les eaux, Et des renards si fins on trompe la malice.
Là des fiers animaux on dompte la colère,
On dompte la fureur des lions et des ours,
Des tigres inhumains on arreste le cours,.
Et l’on y voit percer le flanc d’une panthère.
Les cerfs les plus légers sont forcez par la chasse, Les chevreuils on y pousse avec moins de vigueur, Des lièvres et des dains on fait croistre la peur, Courans et recourans dans un bien moindre espace.
On y met en son jour toute l’agriculture ;
On y plante la vigne, on sème les guérets ;
On y fait la moisson des présens de Cerès,
Et le fécond essaim dans sa ruche murmure.
N’y voit*on pas régler tous les tons de musique On y fait presqu’ouïr les accents doux et forts.
De là tant d'instruments y peignent leurs accords. L’on en connoist l’usage et l’aimable pratique.
N’y fait-on pas aussi lesrezcvils, les dentelles,
La guipure nouvelle, ainsi que je l’ay dit ?
Les étoffes de prix y trouvent leur crédit,
Et là, manqueroit-on d’apprendre cent nouvelles ?
Là mesme on peut donc voir mille plaisanteries, La mascarade brusque avecque le balct,
La courte et longue paulme, et le jeu du palet.
Et la palestre antique, et les bouffonneries.
Ge qui touche en maints lieux les fables et l’histoire Est d’ailleurs si nombreux qu’il est presque infini, Et ne scrviroit pas s’il n’estoit réuni,
Afin d’en conserver quelque utile mémoire.
C'est donc ce qui s’est fait d’un ordre méthodique, Aidé par les portraits des hommes vertueux,
Dont le visage peint se conserve avec eux ; Ouvrage gracieux dans un temps pacifique.
FIN
Le nombre det vert contenus dans cette partie est de 1356
)’ a y Z ran d sujet de craindre que tant de noms, les uns bizarres et les autres assez peu connus y lesquels sont employez dans toute retendue de cette partie des peintres et des graveurs, ne plairont pas extrêmement à tout le monde, s'il se rencontre quelqu'un qui les lise : car les vers ne sont pas aimez de tous ceux qui veulent bien que fou croye qtê ils sont du nombre des beaux esprits ; et ceux qui sont les plus capables d'en juger ne sont pas aussi toujours d humeur d approuver tout ce que j'écris, en quelque genre que ce soit. Et c'est delà que quelques uns n'ont pas fait de scrupule de blasmer ces deux vers de ma version des cantiques 1 .*
• Qu'il me baise toujours des baisers de sa bouche :
Tous mes sens sont charmez au moment qu’il me touche.
J u sujet du second, parce, disent-ils , que le sens de ses
r . On ne doit pas s’étonner, quand on connaît quelques livres de l’abbé de Marolles, des explications qu’il donne ici sur des ouvrages qui n’ont aucun rapport avec l’histoire de l’art. Le Livre des peintres et graveurs se trouvait réuni aux différentes œuvres de cet abbé, et il n’a pas même de titre spécial. Il était probablement destiné à ne former qu’un seul volume avec sa Ge'ographic sacrée, son Paris, etc.
paroles n'est pas naturel , et que la pensée en est tiret par les cheveux . Sans mentir , il faut estre bien délicat pour s'en expliquer ainsi , et ceux-là ne sont guère accoutumez au stile des Hébreux , ou des plus éloquents autbeurs des livres sacrez de l'Ancien Testament , qui, dans la seconde partie de leurs versets , disent presque toujours la tnesrne chose que ce qu’ils ont dit dans la tremière, outre que le sens de ce second vers est une raison assez bonne des souhaits de F Epouse, lesquels sont exprimez par ces paroles : Qu’il me baise, etc.
D'autres ont repris, dans ce tnesrne ouvrage, ces vers de la 15 e page :
Vos lèvres, où l’on voit que la rougeur éclate,
Font une bandelette, à nos yeux d’écarlate,
par ce, disent-ils, que des yeux d’écarlate ne sont pas une fort belle chose, comme si cette couleur se devoit entendre des yeux, et non pas de la bandelette. Cela s'appelle disputer ae tout , ou ne s'y entendre pas trop finement.
Il faut corriger aans la partie aes Abbez, en ta page 3 3 , dans la seconde épigramme, en parlant des Bénédictins de la congrégation de S. Maur :
Le premier s’appela dom Martin Terricre,
Car il se nommait Tesnicr, et non pas Tcrrière. h sera donc mieux de lire ainsi ce vers :
Le premier, Dom Martin, eut beaucoup de lumière.
Dans Npigramme cinquième, Bcnard au lieu ae •
Bernard.
Dans le Traité de la géographie sacrée, en la page +> épigram. 9, décrivant la province de Bourges, il la faut lire en cette sorte :
Bourges, grande province, a sous elle Limoges,
Tulle, Clermont, Cahors, Rodais, S.-Flour, Alby, Castres, fille d’ Alby, Vabres, Mande, Le Puy,
Eglises dont chacune oblige à des éloges $
parce que je m'y estais mépris au sujet de Tulle, que pavois marqué au troisième vers au lieu de Castres ; puis qu'en effet Tulle est fille de Limoges, et non pas d'Ally , et Castres seule est flic d'Alby.
Il faut aussi lire, dans la partie des théologiens, page 5 5 1 épi gramme 40, Morot au lieu de Moreau, avec ce vers :
Le vertueux Morot, etc.