XXIV
A propos de Rabel, Jessé 10 fut admirable A former des desseins pour des jeux de balet ; -
Scs crayons achevez ne portoient rien de laid, D’une manière fine et d’un air agréable.
L’heureux Charles le Brun et Gabriel, son frère, L’Aleman de Nanci *°, l’un et l’autre Mignard, Jean Mielle, Morin ; de Nantes, Charles Erard, Geofroy de Moutier, de Daniel grand-père.
C’est de Charles le Brun que l’on voit d’Alexandre Les tableau* inventez dans le grand goust du Roy, Pour marquer de son cœur le belliqueux employ. Où quelqu’autre que luy ozeroit-il prétendre?
Le cavalier Bernin le dépeint tout de mesme, * Avec cet air si haut qui veut estre adoré ;
L’ouvrage de Varin y seroit comparé,
Tant son bust ^glorieux est fier sans diadème.
Le Brun, Bernin, Varin, l’habillent à l'antique; Mignard l’habille ainsi, quand il est à cheval, [mal, Les bras nuds et les pieds presque nuds bien en Sans étrieux encor, ce qu’on tient héroïque.
Je ne l’entenspas bien, n’aimant que trop l'histoire, Pour dépeindre au public le prince tel qu’il est, Faut-il estre menteur, sans y prendre interest ? Quel tort la vérité feroit-elle à sa gloire ?
Couronner donc son front d’un brin d’herbe est-il Parce qu’un empereur en eut son front orné [juste, Dans la mode d’un temps où tout fut si borné ?
On en fît cependant un autre pour Auguste.
Les Empereurs plus bas, sans les dire barbares, Trajan, les Antonins et le grand Constantin, Changèrent la couronne au gré de leur destin.
Et ne feignirent pas de porter des thiares.
Mignard a peint la voûte à frescau Val-de-Grace; C’est un ouvrage illustre, et l'on voit de Bourdon L’hotel d’un président, où brillera son nom,
Pour l’ample promenoir dans tout son grand espace.
Que n’en diroit-on point si c’estoit là l’ouvrage De quelque Italien, pour en faire du bruit ?
Nous sommes ainsi faits, préoccupez sans fruit,
Pour n’y pas rechercher nostre propre avantage î0< *.
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Rubens à Luxembourg a déployé sa gloire,
On n’en profite pas, à peine en parle-t-on :
Le Palais Cardinal ne fait qu’un peloton,
Où l’on a des François représenté l’histoire.
De Georges l’Aleman on voit plusieurs figures Que Businck mit au jour en bois et clair obscur; D’autres que son poinçon a faites d’un air dur ; 1
D’autres par Brebiette et Dorigni, plus sures.
Jean Morin, acquitant son devoir à l’eau-forte,
A donné cent portraits, et des pièces encor.
Sur des sujets divers, comme un pieux trésor.
Car il estoit dévot, et vesquit de la sorte.
Nicolas Boleri fl , Nicolas de la Fage,
Robert Picou de Tours, Provost“et Jean Boucher* Calot, Spirinx, Heraud**, Rousselet et Richer Nous pourront obliger d’en dire davantage
XXXVIII [neille,
François Pourbus, Caron, Melan, Michel Cor- Deux ou trois Ferdinand, et l’un et l’autre Audran, Natalis, Valedor, Vanmol, Falck et Goiran Empescheront souvent qu’un bon œil ne sommeille,
Claude Melan, qui seul donneroit à sa ville Quelque nom glorieux, excelle en son burin,
Qui figure d’un trait l’humain et le divin,
Ouvrage nom pareil dont s’honore Abbeville* 5 .
Michel l’Asne, estimé, surprenant bien du monde Par son burin si net, fut loué de son temps :
Plus de cinq cents portraits, au goust de force gens, Ont honoré ses jours, tant sa main fut féconde.
Dans un juste dessein conduit d’une main seure, Rousselet fait bien voir qu’il est grand ouvrier ; Son air est généreux, sans y rien oublier,
Faisant d’ailleurs fleurir une noble gravcure.
Philippe Thomassin, qui fut long-temps à Rome, Prit les loix du pais, abandonnant le sien ;
Il estoit un peu dur, mais il travailloit bien,
Et, de ce qu’il a fait, Troye enfin se renomme.
François Chauveau pouvoit mériter de la gloire Pour son invention, s’il eust eu cet air doux Que l’art luy denioit dans ses plus hardis coups, Quand il vouloit toucher les desseins de l’histoire.
D’Albert, en bois on voit la teste d’un colosse :
Il le fit tout exprès; mais cela n’est point beau-; J’aimerois mieux Ganîere*" éteignant un flambeau, Et les traits de Biard, d’un goust un peu féroce.
Jean de l’Astre * 7 peut-il mériter'quelqueplace,[Iet? Où nous voulons marquer François Spierre çt Va- Picard, venu de Rome un peu devant Baudet,
Du Chasteau d’Orléans avec sa belle audace ?
Estienne du Perac entend l’architecture ;
Joseph Boilot l’entend pour ses termes divers ;
Jean Maucler du Lignon y conçoit de grands airs ; Simon Maupin souvent y mesle la figure.
Pour Nicolas Poussin, il est incomparable :
On l’admire partout, et quand il a vescu.
De tous ceux de son temps pas un ne l’a vaincu.
Il le faut donc louer, puisqu’il est admirable.
— * JL
Les Te-ttelins connus, le Postrc et les Perelles, Tortebatet du Loir, Tavernier et Mozin,
Les David, les Poillis^ Boulanger, Limouzin,
Sans estre distinguez nous feroient des querelles.
Ceux-cy nous en feroient chez Pierre Mariette, Fouquière, Lamiel i 8 ,Velut 89 , Guignard, Blondeau'’'', Gribelin, Gilbert Seve, et Quesnel, et Moreau, Berchet, Stresor, Le Fevre,etBelange,et Fillette 31 .
Mais d’une autre façon, Boulonnois et la Mare 32 , Langot, Lochon, Grignon, Bignon et Collignon, Humblot, Roussel, Matthieu 33 , Briot et Charpi-
[gnon,
Le triste Jean Piquet 34 , et Ganière, et la Bare 35 .
Frône, Sauvé, Bonnard, Auroux et Dellarame 56 , Vibert 37 et Nicolas, Catreux 38 et Pelerin,
De Son, Robert Boissard, l’Enfant, Charles Melin, Crayer, Crozier 39 , Crespin 40 ,Denisot 41 et Ladame.
Louys Hans* 1 , Patigni 43 , Bachelier, la Roussière, Lens 44 , Casans, Valeri, Jacquart, Michel Pelais, Robert le Roy, graveur, Michel Faulte, au Palais, Courbes, Jaspar Isac, et Grand-Home, et Tour-
[rière 15 .