DE LA NAISSANCE
Acaste se vante d'avoir des princes et des rois parmi ses ancêtres ; s'il n'a pas d'autre gloire que celle de ses aïeux, si ses titres sont ses uniques vertus, s'il faut rappeler les siècles passés pour le trouver digne de nos hommages, si toute.sa grandeur est dans son nom, sa naissance l'avilit et le déshonore. On oppose sans cesse son nom à sa personne; le souvenir de ses aïeux devient son opprobre; les histoires où sont écrites les grandes actions de ses pères ne sont plus que des témoins qui déposent contre lui. On cherche ses glorieux ancêtres dans leur indigne successeur ; on redemande à leur nom les vertus qui ont autrefois honoré la patrie, el cet amas de gloire dont il a hérité n'est
plus qu'un poids de honte qui le flétrit et qui Taccable. Il porte sur son front Torgueil de son origine ; il compte les degrés de sa grandeur par des siècles qui ne sont plus, par des dignités qu'il ne possède plus, par des aïeux dont il ne reste plus qu'une vile poussière, et il se croit au-dessus des autres hommes, parce qu'il lui reste plus de débris domestiques de la rapidité des temps et qu'il peut produire plus de titres que les autres de la vanité des choses humaines.
Délève traduira cette dictée à la deuxième personne du singulier.
Tu te vantes d'avoir des princes et des rois parmi tes ancêtres ; si tu n'as pas d'autre gloire que celle de tes aïeux, si tes titres sont tes unique^ vertus, s'il faut rappeler les siècles passés pour te trouver digne de nos hommages, si toute ta grandeur est dans ton nom, ta naisstince t'avilit et te déshonore. On oppose sans cesse ton nom à ta personne ; le souvenir de tes aïeux devient ton opprobre ; les histoires où sont écrites les grandes actions de tes pères ne sont plus que des témoins qui déposent contre toi. On cherche tes glorieux ancêtres dans leur indigne successeur; on redemande à leur nom les vertus qui ont autrefois honoré la patrie, et cet amas de gloire dont tu as hérité n'est plus qu'un poids de honte qui te flétrit et qui t'accable.
Tu portes sur ton front l'orgueil de ton origine ; tu comptes les degrés de ta grandeur par des siècles qui ne sont plus, par des dignités que tu ne possèdes plus, par des aïeux dont il ne reste plus qu'une vile poussière, et tu te crois au-dessus des autres hommes, parce qu'il te reste plus de débris domestiques de la rapidité des temps, et que tu peux produire plus de titres que les autres de la vanité des choses humaines.
Quatre-vingt-neuvième Exercice