MADAME DESHOULIÈRES ET LE FANTÔME
M"® Deshoulières étant allée voir une de ses amies à la campagne, on lui dit qu'un fantôme avait coutume de se promener toutes les nuits dans l'un des appartements du château, et que depuis longtemps personne n'osait y habiter. Comme elle n'était ni superstitieuse ni crédule, elle eut la curiosité de s'en convaincre par elle-même, et elle voulut absolument coucher dans cet appartement. Au milieu de la nuit, elle entendit ouvrir la porte. Elle parla ; mais le spectre ne lui répondit rien ; il marchait pesamment et s'avançait en poussant des gémissements. Une table qui était au pied de son lit fut renversée, et ses rideaux s'entr'ouvrirent avec bruit ; un moment après, le fantôme s'approcha d'elle. Peu troublée, elle allongea les mains pour sentir s'il avait une forme palpable. En tâtonnant ainsi, elle lui saisit les deux oreilles, sans qu'il y mît le moindre obstacle. Ces oreilles étaient longues et velues et lui donnaient beaucoup à penser.
Elle n'osait retirer une de ses mains pour toucher le reste du corps, de peur qu'il ne s'échappât; et, pour ne point perdre le fruit de son intrépidité, elle persista jusqu'à Taurore dans cette pénible attitude. Enfin, au point du jour, elle reconnut Fauteur de tant d'alarmes pour un gros chien assez pacifique, qui avait Thabitude de venir coucher dans cette chambre où personne n'habitait. Le lendemain, elle railla de leur frayeur ses hôtes, étonnés de sa bravoure.
Les élèves traduiront cette dictée à la première personne, en faisant parler if"»« Deshoulières.