PRIX DU TEMPS
Pour que l'on apprécie bien le temps, il faut qu'on le mesure; on doit jeter sa durée dans une balance fidèle, et dans Pautre plateau, pour contrepoids, on doit mettre les devoirs sans noinbre de Thomme sur la terre. Alors on comprend combien on doit en économiser les moindres parcelles. Chaque seconde que marque le balancier d'une pendule est une seconde que Dieu retranche de notre existence; il l'inscrit au livre éternel, et un jour on en devra rendre un compte sévère.
On peut, il me semble, comparer le temps à cette somme d'argent que le père de famille avait confiée à ses serviteurs ; Tun en avait abusé ; le père de famille le • punit; l'autre Vavait enfouie et conservée précieusement; le père de famille le punit aussi. Le troisième l'avait fait valoir ; la somme avait doublé, et le père de famille le récompensa. Malheur à celui qui dilapidera le
temps dans les folles joies du monde 1 Malheur aussi à rhomme indolent qui n'aura pas employé utilement les heures, et «wra usé sa vie dans Toisivetél Le ciel récompensera celui-là seul qui aura compris la valeur des instants et qui les aura tous mis à profit.
Les élèves mettront au passif tous les verbes en italique.
Pour que le temps soit bien apprécié, il faut qu'il soit mesuré; sa durée doit être jetée dans une balance fidèle, et sur l'autre plateau, pour contrepoids, doi- ^ vent être mis les devoirs sans nombre de l'homme sur la terre. Alors on comprend combien les moindres parcelles doivent en être économisées. Chaque seconde marquée par le balancier d'une pendule est une seconde retranchée par Dieu de notre existence; elle est inscrite par lui au livre éternel, et un jour un compte sévère devra en être rendu.
Le temps, il me semble, peut être comparé à cette somme d'argent qui avait été confiée par le père de famille à ses serviteurs; l'un en avait abusé, il fut puni par le père de famille ; elle avait été enfouie et conservée précieusement par l'autre ; il fut aussi puni par le père de famille. Le troisième l'avait fait valoir; la somme avait doublé, et il fut récompensé par le père de famille. Malheur à celui par qui le temps sera dilapidé dans les folles joies du monde! Malheur aussi à l'homme indolent par qui les heures n'auront pas été employées utilement, et dont la vie aura été usée dans l'oisiveté 1 Celui-là seul par qui la valeur des instants aura été comprise et qui les aura tous mis à proCt sera récompensé du ciel.
Cent trente et unième Exercice
LA JUSTICE d'un SULTAN
Saadi) dans son Jardin des roses ^ nous ofl^re le trait admirable d'un sultan persuadé qu'une grâce que Pon accorde à un criminel est une injustice envers le public. Un Arabe était venu se jeter à ses genoux pour se plaindre des violences que deux inconnus exerçaient dans sa maison. Le sultan s'y transporté aussitôt, et, après avoir ordonné qu'on éteignit les lumières, qu'on saisit les criminels et qu'on enveloppât leurs têtes d'un manteau , il voulut qu'on les poignardât en sa présence. Lorsqu'o?i eut exécuté ses ordres, le sultan fait rallumer les flambeaux et considère les corps de ces criminels ; puis il lève les mains vers le ciel avec un soupir de joie, et il rend grâce à Dieu... — Quelle faveur, lui dit son vizir, le ciel vous a-f-il donc accordée? — Vizir, répondit le sultan, j'ai cru que mes fils avaient commis ces violences ; c'est pourquoi j'ai voulu qu'on éteignît les flambeaux et que l'on couvrît d'un manteau le visage de ces malheureux ; j'ai craint que la tendresse paternelle ne me fît manquer à la justice qu^xxn prince doit à ses sujets. Juge si je dois remercier le ciel, maintenant que la sévérité du juge n'a porté aucune atteinte à la tendresse du père.
Les élèves mettront au passif tous les verbes en italique.
Le trait admirable d'un sultan persuadé qu'une grâce accordée à un criminel est une injustice envers le public nous est offert par Saadi, dans son Jardin des roses. Un Arabe était venu se jeter à ses genoux pour se plaindre des violences exercées par deux inconnus dans sa maison.
Le sultan s'y transporte aussitôt, et, après avoir ordonné que les lumières fussent éteintes, que les criminels fussent saisis et que leurs têtes fussent enveloppées d'un manteau, il voulut qu'ils fussent poignardés en sa présence. Lorsque ses ordres eurent été exécutés, le sultan fait rallumer les flambeaux et considère les corps de ces criminels, puis il lève les mains vers le ciel avec un soupir de joie, et il rend grâce à Dieu... — Quelle faveur, lui dit son vizir, vous a donc été accor- ^ dée par le ciel ? — Vizir, répondit le sultan, j'ai cru que ces violences avaient été commises par mes fils; c'est pourquoi j'ai voulu que les flambeaux fussent éteints et que le visage de ces malheureux fût couvert d'un manteau; j'ai craint que la tendresse paternelle ne me fît manquer à la justice due par un prince à ses sujets. Juge si je dois remercier le ciel, maintenant qu'aucune atteinte n'a été portée par la sévérité du juge à la tendresse du père.
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Cent trente-deuxième Exercice
GÉNÉROSITé DANS LES CAMPS
L'armée française avait envahi la Hollande et en assiégeait les principales places fortes, lorsque la Convention rendit un décret portant que les Français ne feraient plus aucun prisonnier anglais et qu'on passerait qm fil de l'épée toute garnison qui résisterait vingt-quatre heures après sommation de se rendre. Le général en chef, Pichegru, éluda ce décret fatal ; il ne le signifiait aux garnisons que lorsque le génie avait assez avancé les travaux de siège pour rendre une plus longue résis
tance inutile. Mais à la capitulation de Bois-Ie-Duc, où la garnison, faite prisonnière sur parole, obtint les honneurs de la guerre, le vainqueur ^roum dans la place six cents Anglais qui en faisaient partie, et que, d'après le décret, Ton devait sacrifier. Pichegru se concerta avec le commandant de 6ois-le-Duc, à qui les termes de la capitulation permettaient d'emmener un certain nombre de chariots couverts sans qu'on les visitât. On y renferma les six cents Anglais, qu'autrement, d'après les termes du décret, on aurait dû passer par les armes. C'est ainsi que, pendant les jours de la Terreur, la glorieuse épée de la France, comme l'a dit Chateaubriand, établissait un contrepoids à la hache révolutionnaire.
Les élèves mettront au passif tom les verbes en italique.
La Hollande avait été envahie et ses principales places fortes étaient assiégées par l'armée française, lorsque fut rendu par la Convention un décret portant qu'aucun Anglais ne serait fait prisonnier par les Français, et que toute garnison qui résisterait vingt-quatre heures après sommation de se rendre serait passée au fil de l'épée. Ce décret fatal fut éludé par le général en chef, Pichegru ; il n'était signifié par lui aux garnisons que lorsque les travaux de siège avaient été assez avancés par le génie pour rendre une plus longue résistance inutile. Mais à la capitulation de Bois-le-Duc, où les honneurs de la guerre furent obtenus par la garnison, faite prisonnière sur parole, six cents Anglais qui en faisaient partie, et qui, d'après le décret, devaient être sacrifiés, furent trouvés dans la place par le vamqueur. Pichegru se concerta avec le commandant de Bois-le-Duc, \qaï il était permis» par les termes de la capitulation.
248 UVHE DES PERMUTATIONS.
d'emmener un certain nombre de chariots couverts sans qu'ils fussent visités. Les six cents Anglais, qui, autrement, d'après les termes du décret, auraient dû être passés par les armes, y furent renfermés. C'est ainsi que, pendant les jours de la Terreur, comme Ta dit Chateaubriand, un contrepoids à la hache révolutionnaire était établi par la glorieuse épée de la France.