‹ Le livre des permutations; petits exercices d'orthographe en texte suiviChapitre 67 sur 174 · LA CAPRICIEUSE · texte numérisé non relu

LA CAPRICIEUSE

La femmô qui se laisse dominer par ses caprices se rend insupportable à tous ceux qui vivent autour d'elle. Quand elle manque de prétextes pour attaquer les autres, elle se tourne contre elle-même. Elle se blâme, elle ne se trouve bonne à riep, elle se décourage, elle trouve fort mauvais qu'on veuille la consoler. Elle veut être seule, et elle ne peut supporter la solitude. On se tait : ce silence affecté la choque. On parle tout bas : elle s'imagine que c'est contre elle. On parle tout haut : elle trouve qu'on fait trop de bruit et qu'on est trop gai pendant qu'elle est plongée dans la tristesse. On rit : elle soupçonne qu'on se moque d'elle. Que faire? Être aussi ferme et aussi patient qu'elle est insupportable, attendre en paix qu'elle se calme. Cette humeur étrange s'en va comme elle vient; quand elle la prend, on dirait que c'est un ressort de machine qui se démonte tout à coup. Poussez-la un peu, elle vous soutiendra en plein jour qu'il est nuit. Quelquefois elle ne peut s'empêcher d'être étonnée elle-même de ses excès et do ses fougues. Malgré son chagrin, elle sourit des paroles extravagantes qui lui sont échappées.

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Quarante-cinquième Exercice

LA VIE d'un homme INDOLENT

Un homme indolent recule devant tout ce qui exige l'activité et le travail, mais il n'en est pas moins tourmenté par le désir d'être heureux ; il cherche le plaisir avec la même avidité que les autres hommes, et il

ne le trouve nulle part. Partout il a la tête vide et le cœur serré ; un ennui mortel le poursuit sans cesse, et il ne sait rien faire pour y échapper. Il paraît occupé et ne fait rien ; il est toujours en mouvement et reste toujours à la même place. Il déplore la multiplicité des affaires dont il se voit accablé et oublie que le travail seul pourrait en diminuer le nombre. 11 est tout surpris de voir arriver la fin de Tannée et de n'être pas plus avancé en décembre qu'il ne l'était au mois de janvier. Chaque matin il se demande à quoi il emploiera la journée, et le soir arrive avant qu'il se soit décidé à rien entreprendre d'utile. Quand il veut réfléchir, il ne trouve dans son esprit que des idées incomplètes, et bientôt, fatigu^ de son application passagère et stérile, il renonce à penser et se laisse aller mollement au courant des événements.

Les élèves traduiront cette dictée au féminin, engrenant pour titre:

LA VIE d'une personne INDOLENTE

Une personne indolente recule devant tout ce qui exige l'activité et le travail, mais elle n'en est pas moins tourmentée par le désir d'être heureuse ; elle cherche le plaisir avec la même avidité que les autres hommes, et, elle ne le trouve nulle part. Partout elle a la tête vide et le cœur serré ; un ennui mortel la poursuit sans cesse, et elle ne sait rien faire pour y échapper. Elle paraît occupée et ne fait rien ; elle est toujours en mouvement et reste toujours à la même place. Elle déplore la multiplicité des affaires dont elle se voit accablée et oublie que le travail seul pourrait en diminuer le nombre. Elle est toute surprise de voir arriver la fin de l'année et de n'être pas plus avancée en décembre qu'elle ne l'était au mois de janvier. Chaque

matin elle se demande à quoi elle emploiera la journée, et le soir arrive avant qu'elle se soit décidée à rien entreprendre d'utile. Quand elle veut réfléchir, elle ne trouve dans son esprit que des idées incomplètes, et bientôt fatiguée de son application passagère et stérile, elle renonce à penser et se laisse aller mollement au courant des événements.

Quarante-sixième Exercice

LETTRE d'un PERE QUI VOYAGE A SES DEUX GARÇONS (chez LEUR ONCLE)

Mes chers enfants, Je vous ai quittés hier à peu près à l'heure où je prends la plume pour vous écrire, et déjà je suis séparé de vous d'une distance de plus de cent cinquante lieues. Vous en êtes effrayés, n'est-ce pas? mais ce qui doit vous consoler, c'est que, quand j'aurai terminé l'affaire qui m'a forcé de vous quitter, je me rapprocherai de vous avec la même rapidité. Êtes-vous bien sages, bien obéissants pour ce bon oncle qui vous a reçus chez lui pendant mon absence? Il vous a toujours beaucoup aimés, et, par reconnaissance, vous devez faire en sorte qu'il soit toujours content devons. D'ailleurs, je vous l'ai dit en partant, si, à mon retour, j'apprends que vous vous êtes bien conduits, cela' me rendra tellement heureux, que je vous en aimerai encore davantage. Votre instituteur m'a promis de tenir une note exacte et détaillée sur votre conduite en classe; si vous êtes de bons petits garçons, vous tiendrez la promesse que vous m'avez faite de vous montrer plus appliqués et plus dociles qu'à l'ordinaire; vous me prouverez par là qu'absent pour vos yeux, j'étais toujours présent à votre pensée.

Les élèves traduiront cette dictée au {éminin, en prenant pour titre :

LETTRE d'une MÈRE QUI VOYAGE A SES DEUX FILLES

Mes chères enfants,

Je vous ai quittées hier à peu près à Theure où je prends la plume pour vous écrire, et déjà je suis séparée de vous d'une distance de plus de cent cinquante lieues. Vous en êtes effrayées, n'est-ce pas? mais ce qui doit vous consoler, c'est que, quand j'aurai terminé l'affaire qui m'a forcée de vous quitter, je me rapprocherai de vous avec la même rapidité. Etes-vous bien sages, bien obéissantes pour cette bonne tante qui vous a reçues chez elle pendant mon absence? Elle vous a toujours beaucoup aimées, et par reconnaissance vous devez faire en sorte qu'elle soit toujours contente de vous. D'ailleurs, je vous l'ai dit en partant, si, à mon retour, j'apprends que vous vous êtes bien conduites, cela me rendra tellement heureuse que je vous en aimerai encore davantage. Votre institutrice m'a promis de tenir une note exacte et détaillée sur votre travail et sur votre conduite en classe ; si vous êtes de bonnes petites filles, vous tiendi*ez la promesse que vous m'avez faite de vous montrer plus appliquées et plus dociles qu'à l'ordinaire ; vous me prouverez par là qu'absente pour vos yeux, j'étais toujours présente à votre pensée.

Quarante-septième Exercice

. DEVOIRS d'un fils ENVERS SON PÈRE

C'est surtout par une éducation vertueuse qu'un père peut mériter la reconnaissance et la tendresse de son

fils. Celui-ci, formé par les préceptes d'une morale pure, n'oubliera jamais ce qu'il doit à ce père dévoué qui, après lui avoir donné le jour, s'est tendrement occupé du soin de le conserver à la vie et de lui fournir, même au prix des plus grands sacrifices, tout ce que la faiblesse de son âge exigeait. On a vu quelquefois des fils mal élevés, des monstres, désirer la mort de leur père, soit à cause de l'héritage qu'ils convoitaient,soit pour être délivrés des soins que réclame la vieillesse; mais la bonne éducation inspire d^autres sentiments; un père, même infirme, est toujours le meilleur des amis; lors même que l'âge aurait affaibli sa raison, le fils bien élevé l'aime toujours pour les bons conseils qu'il en a reçus autrefois, et dont sa vue seule suffit à ranimer le souvenir. D'ailleurs, si ce fils cessait d'aimer celui qui, à la vérité, n'aime ni ne pense plus, mais qui l'a tant aimé autrefois, il se sentirait ingrat et aurait horreur de lui-même.

Les élèves traduiront cette dictée au féminin, en prenant pour titre:

DEVOIRS d'une fille ENVERS SA MÈRE

C'est surtout par une éducation vertueuse qu'une mère peut mériter la reconnaissance et la tendresse de sa fille. Celle-ci, formée par les préceptes d'une morale pure, n'oubliera jamais ce qu'elle doit à cette mère dévouée qui, après lui avoir donné le jour, s'est tendrement occupée du soin de la conserver à la vie et de lui fournir,»même au prix des plus grands sacrifices, tout ce que la faiblesse de son âge exigeait. On a vu quelquefois des filles mal élevées, des monstres, désirer la mort de leur mère, soit à cause de l'héritage qu'elles convoitaient, soit pour être délivrées des soins que réclame la vieillesse; mais la bonne éducation

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inspire d'autres sentiments ; une mère, même infirme, est toujours la meilleure des amies ; lors même que Tâge aurait affaibli sa raison, la fille bien élevée Taime toujours pour les bons conseils qu'elle en a reçus autrefois, et dont sa vue seule suffît à ranimer le souvenir. D'ailleurs, si cette fille cessait d'aimer celle qui, à la vérité, n'aime ni ne pense plus, mais qui l'a tant aimée autrefois, elle se sentirait ingrate et aurait horreur d'elle-même.

Quarante-huitième Exercice

l'écolier chéri Un instituteur avait chez lui un grand nombre d'écoliers, auxquels il enseignait la charité et la crainte de Dieu. L'un de ces écoliers se distinguait parmi ses camarades ; c'était le plus jeune, et le maître l'aimait par-dessus tous les autres. Ceux-ci demandèrent un jour au maître pourquoi il marquait de la préférence à l'un d'entre eux. u Je vous le dirai, répliqua l'instituteur; mais, auparavant, que chacun de vous prenne un de ces oiseaux (il en tenait toute une nichée dans sa main). Puis allez dans un endroit où vous ne soyez vus de personne, étranglez ces oiseaux, 'et rapportezles-moi. B Ils s'en allèrent et tous rapportèrent leurs oiseaux morts, tous, à l'exception du plus jeune, de l'écolier chéri, qui revint avec son oiseau en vie. « Pourquoi ne Tas-tu pas étranglé? dit le maître. — C'est, répondit le jeune garçon, parce que je n'ai pas trouvé d'endroit où le regard ne pût pénétrer ; Dieu voit tout et sa justice condamne toute mauvaise action. » Alors le maître regarda autour de lui : les écoliers étaient ébahis et muets. Ils venaient d'apprendre pourquoi le maître préférait leur jeune condisciple: c'est qu'il comprenait mieux la charité et la crainte de Dieu.

Les élèves traduiront cette dictée au féminin, en prenant pour titre :

l'écolière chérie' Une institutrice avait chez elle un grand nombre d'écolières, auxquelles elle enseignait la charité et la crainte de Dieu. L'une de ces écolières se distinguait parmi ses camarades : c'était la plus jeune, et la maîtresse l'aimait par-dessus toutes les autres. Celles-ci demandèrent un jour à la maîtresse pourquoi elle marquait de la préférence à Tune d'entre elles. « Je vous le dirai, répliqua l'institutrice; mais, auparavant, que chacune de vous prenne un de ces oiseaux (elle en tenait toute une nichée dans sa main). Puis allez dans un endroit où vous ne soyez vues de personne, étranglez ces oiseaux, et rapportez-les-moi. » Elles s'en allèrent, et toutes rapportèrent leurs oiseaux morts, toutes, à l'exception de la plus jeune, de l'écolière chérie, qui revint avec son oiseau en vie. « Pourquoi ne Pas-tu pas étranglé? ditlamaîtresse. — C'est, répondit la jeune fille, parce que je n'ai pas trouvé d'endroit où le regard ne pût pénétrer; Dieu voit tout, et sa justice condamuQ toute mauvaise action. »> Alors la maîtresse regarda autour d'elle ; les écolières étaient ébahies et muettes. Elles venaient d'apprendre pourquoi la maîtresse préférait leur jeune compagne : c'est qu'elle comprenait mieux la charité et la crainte de Dieu,

Quarante-neuvième Exercice

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