LES HOMMES BIENVEILLANTS
Il en existe encore, de ces hommes francs, bons, honnêtes, ouverts aux plus vives impressions de la vertu, excellents par nature, généreux sans songer au retour, heureux du bien qu'ils font, du bonheur qu'ils procurent; gais de )a joie des autres, ils plaisent à tout le monde; ils donnent des éloges sans chercher à se faire louer eux-mêmes. Sans défiance, parce qu'ils sont sans
méchanceté, ils aiment tous ceux qui paraissent les aimer; ils oublient le mal dont ils ont été victimes, ne se souviennent que du bien qu'ils ont reçu et ne connaissent la haine que parce qu'ils en ont entendu parler; ils jugent tous les cœurs d'après leur propre cœur, agissant avant de raisonner lorsqu'ils doivent rendre service, trompés cent fois, mille fois, mais toujours bons et confiants. Ils franchissent tous les intervalles, tous les obstacles ; ils ne disent pas : « C'est bien difficile, c'est au-dessus des forces d'un homme. » Le temps que les autres emploient à calculer, à prévoir, ils le mettent en action, et ils sont beaucoup mieux servis par la chaleur de leur âme qu'ils ne pourraient l'être par l'esprit d'intrigue le plus raffiné. Chez eux, l'imagination s'exalte pour tout ce qui est grand, noble, généreux; prompts à s'enflammer, ils voient souvent de la grandeur dans les actions les plus simples, et ils revêtent des couleurs les plus brillantes les choses les plus communes.
Les élèves traduiront cette dictée au féminin, en prenant pour titre :