DU GOUVERNEMENT DE L'ÉTAT RELIGIEUX
Toute communauté religieuse est gou-
vernée — sous la dépendance de l’Evêque--, ri une supérieure prise parmi les membres |
e cette communauté, et élue par lewmembres de la même communauté avec toutes les ga-
xanties que peut offrir la prudence humaine. |
. ° , n 0 | Garanties tirées des membres électeurs qui
doivent être d’un certain âge fixé par les constitutions et avoir vécu un certain nombre d'années dans la commuñauté après leur profession — qui doivent se soumettre rigoureusement à ce qui est indiqué dans les règles pour les élections — qui surtout sont obligés, Sous peine de faute grave, de choisir la personne la plus digne parmi celles qui sont éligibles. “ tous ceux qui ont le droit de promouvoir à
Le saint concile de Trente exhorte |
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le des charges, à ne rien innover dans les
us À formes... et s’ils se laissent influencer par les us, | prières, les affections humaines et les suggesies. | tions de l'ambition alors ils péchent mortelleet ment en participant anx péchés des autres.”
, et Et ici par le plus digne on ne doit pas \” entendre quelqu'un en général qui n’est pas indigne, mais réellement celui que l'on croit
mit le plus digne par ses mérites réels : c’est ainsi
que l’a déclaré {nnocent X.
‘ Il faut prendre le plus digne, non pas dans la pensée de l'élu, mais dans celle de l'électeur,” dit saint Thomas. (1)
gou- (1) Voici ce qui est raconté de saint Thomas :
ue | Après la mort du prieur d’un couvent qu'habitait
1bres | saint Thomas-d'Aquin, la communauté se met en
1bres prières pour.le choix d’un successeur. Deux'ou trois . religieux de la maison étant venus auprès du docteur
Ps Bd- Angélique : frère Thomas, lui dirent-ils, si nous ne
ane. | Vous avons point élu, c’est pour vous laisser libre
dans vos importants travaux ; notre choix s’est porté ‘sur le frère “** qui nous paraît le plus instruit et le plus savant après vous. Le saint répondit : s’il est savant, qu'il nous insiruise.
On se met en prières, puis on revint dire au docteur Angélique ; notre choix s’est porté sur le frère ‘** qui nous semble avoir le plus de piété, — s'il est saint, répondit saint Thomas, qu’i prie pour nous.
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fut la réponse du grand docteur. (Le P. Ventura).
La prudence ne tient pas lieu, sans doute, des autres
vertus, mais elle donne à chacune sa mesure, et les
empêche toutes de dégénérer en défauts ou en vices; 2 çe
horte joir à
igou: Enfin, à la suite de nouvelles prières, on retourna règles vers l'illustre conseiller et on lui dit : ‘ Notre choix ligés, s'est fixé sur le frère *** que nous croyons être le plus
vi prudent. — S'il est prudent, qu'il nous gouverne, telle.
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Garanties tirées de la manière dont se fait l'élection. « L'élection de la supérieure se fait ordinairement après un certain nombre de jours passés dans la retraite, la prière, la moztification.
Elle se fait en présence des supérieurs ecclésiastiques députés par l’Evêque, ou par l’'Evêque lui-même, qui la surveillent et la sanctionnent.
Elle se fait par. scrutin secret qui laisse toute liberté à celles qui votent, et le scrutin est dépouillé non seulement sous la surveillance des supérieurs ecclésiastiques et de prêtres dont le nombre est fixé, maïs sous les
yeux de membres de la communauté choisis
pour cela. | IT
Garanties tirées de l’élue elle-méme. — T. La supérieure élue doit être d’un certain âge, et avoir tant d'années de profession. ‘“ On ne choisira pour être abbesses, prieures, ou supérieures, sous quelque nom que se puisse être, que des religieuses ayant au moins quarante ans, et qui, pendant huit ans depuis le jour de leur profession, faite d’une manière expresse, aient mené une conduite digue d’éloge. Si dans le monastère, il ne se trouve pas de sujet, qui réunisse ces qualités, on
or, ce qu'il y a de meilleur, dit saint Grégoire de Nezianze, c'esi la mesure en toules. choses. M
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Voir Craisson: Des com. relig., page 76.
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ourra le chercher dans une autre maison de ‘ordre. Et si celui qui préside l'élection voit en cela de l'inconvénient, on pourra avec le consentement de l’Evêque ou autre supérieur, choisir une religieuse du même monastère, quand même elle n'aurait que trente ans, pourvu qu’elle ait tenu une conduite régulière au moins pendant cinq ans depuis sa profession. ” (1)
2. Dans toute communauté religieuse la supériorité est moins un honneur qu'une charge. On ne cache pas à la supérieure cette parole des livres saints. 1! y aura un jugement rigoureux à subir pour ceux qui gouvernent, aussi s’'applique-t-elle pendant les quelques années qu’elle est en charge à remplir ses devoirs avec la plus grande exactitude, et à mériter le nom de mère que lui donnent toutes les sœurs et qu'elle portera devant le tribunal de Dieu.
3. La supérieure n’est nommée ordinairement que pour un temps fixé par les constitutions. Elle doit chaque année rendre compte au supérieur ecclésiastique de la manière dont elle a géré le matériel de la maison, et du soin qu'elle a eu de toutes ses sœurs, pour le ne comme pour le spirituel. Toutes Ces obligations la rendent nécessairement plus vigilante, plus active, plus mère.
(1) Concile de Trente session XXV, ch. 7. — Bien que ce décret concerne spécialement les monastères à
vœux solennels, Rome néanmoins en applique les dispositions aux congrégations à vœux simples. —