CHAPITRE CINQUIÈME AVANTAGES DE L'ÉTAT RELIGIEUX
Celui qui laissera pour moi sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère. ou ses lerres recevra le centuple et possèdera la vie éternelle (1).
Cette parole est de Jésus-Christ ; elle est donc vraie, vraie dans toute son étendue.
Cette parole est une affirmation de Dieu et.
Dieu la vérité mème n'a pas pu, n’a pas voulu nous tromper.
Cette parole est de foi, et le saint Concile de Trente dans un décret solennel dit en termes précis : Si quelqu'un ose nier que Pétat de virginité, de vocation religieuse, soit plus
saint et plus heureux que la vie du monde, .
que l’état du mariage par conséquent, que celui-là soit anathème !
(1) St-Mathieu, xix, 29.
cms À 5: me
‘ Le monde se figure, nous le savons bien, que la vie religieuse est un sacr ifice bien amer et 1l regarde fa profession religieuse comme une mort ; il y a même des parents qui oni
dit qu’ils aimeraient autant, qu'ils aimeraient
mieux voir mourir leurs enfants que de les voir se consacrer à Dieu dans un couvent...
et 1l est vrai qu’il y à bien de la ressemblance entre les touchantes cérémonies des noces de l'Agnuau et la pompe funèbre d’un con'oi.
‘‘ A la vue de ce drap mortuaire qu'on jette sur la jeune fille qui va donner à Dieu sa virginité, son cœur et sa vie, les parents et les amis pleur: nt comme auprès d’un tombeau, et l'Eglise elle-même semble gémir un instant, quand elle récite sur cette vierge, prédestinée à être l'épouse de Jésus. le cartique de la mort : De profundis clamavi ad te ; mais c’est avec espérance, avec bonheur et délices qu’elle pleure, car elle sait bien que cette mort est la délivrance, qu’elle est Ia vie véritable. Elle ne cesse de le répéter en ce
jour des fiançailles : Quelle est belle la mort
des saints aux yeux de Dieu !—Qu'ils sont heu-
reux ceux qui meurent dans le Seigneur! —
Vous êtes morts, mais votre vie est caché en Dieu avec Jésus-Christ.
Oui, elles meurent ces épouses de Jésus- Christ ; elles meurent sur la croix avec Jésus et s'ensevelissent avec lui. c’est l’objet essentiel des trois vœux qui les clouent sur ce bois mystérieux du sacrifice. La pauvreté les dépouille et ne leur laisse plus que ce voile
157 noir, espèce de linceul; la virginité frappe le (Ml: cœur et lui ordonne de se fermer à toute M 7 pensée, à tout sentiment d'affection terrestre,
1* il ne battra plus que pour Dieu; l’obéissance a avec son giaive atteint encore l’âme et la vie plus directement et plus profondément :
elle la perd, elle la tue si bien qu’elle ne pensera plus qu'avec dépendance et par la voli lonté d’un autre.
FAEL ‘ Elle est morte, la religieuse, et si bien. MI) morte qu'elle ressemble, aux yeux humains, à un cadavre dont on fait ce qu'on veut et | 1 qu'on met où l'on veut sans qu'il puisse se |‘ 10 plaindre.” (1).
dl Mais tout cela n'infirme en rien la parole de Jésus-Christ.
Essayons de la développer. /