‹ Le livre des professes [microforme] (volume 3)Chapitre 35 sur 49 · Q, BR · texte numérisé non relu

Q, BR

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ces actes de charité qui peut lui permettre de dire : Je sais, 6 mon Dieu, que vous m'avez pardonné tous mes péchés.

IV. Les vœux aident puissamment l'âme religteuse à persévérer dans sa vocation et par conséquent à assurer son salut.

La forme employée dans l'émission des vœux indique que le vœu est un contrat libre établi entre l'âme d’un côté et Dieu de l’autre ;

Un contrat qui entraîne des obligations et des avantages réciproques ;

Un contrat qui ne peut être rompu validement que par le consentement des deux parties, de telle sorte que celui qui le violerait se rendrait coupable d’un crime.

Or, si Dieu qui vous a appelé à la vie religieuse, Dieu, à qui vous êtes venue vous donner, Dieu qui a accepté votre offrande, a voulu que votre donation fût établie sous le sceau des vœux — contrat entre vous et lui — c'est qu’il connaissait l’inconstance humaine et qu'il a voulu vous retenir par la gravité du crime que vous commettriez en violant vos vœux : un sacrulége.

Aussi quand viendront ces heures où le joug de Dieu, si doux et si léger cependant à toute heure, vous pèsera par un effet de votre inconstance naturelle ou de votre relâchement, mettez-vous à genoux devant votre crucifix et prononçant encore la formule de vos vœux, dites vous :

Je dois garder et observer mes vœux parce

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que je les ai prononcés librement, volontairement, sachant bien ce que je faisais.

Personne ne m'a forcée, on m'a sans doute donné des conseils, mais loin de me presser on m'a exhorté à réfléchir, à comparer mes forces et ma bonne volonté avec les engagements que je voulais contracter; on m'a montré toute la portée de ces engagements, toutes les difficultés que je trouverais à les remplir ; j'ai prié, j'ai réfléchi, j'ai demandé avec instance à prononcer ces vœux ; on m'a fait attendre, on a prolongé mes épreuves.

Ce n’est que sur mes instances réitérées qu’on m'a enfin admise. C’est donc bien volontaire-

ment, bien librement que je les ai prononcés!

Et maintenant, suis-je aussi libre, n’ai-je pas une passion qui me conseille ? ne dois-je pas au moins mettre autant de temps pour rompre mes vœux, que j'en ai mis pour les contracter ?

Je dois garder et observer mes vœux parce que c’est à Dieu lui-méme que j'ai donné ma parole.

À Dieu, non pas à un homme ; donc première conséquence ma promesse ne peut aucune-

ment dépendre de la conduire des hommes à

mon égard. En vain je prétendrais faire valoir le tort de mes supérieurs ou de mes sœurs our me croire dispensée de ce que j'ai promis Dieu, tout cela n’infirme en rien la valeur de mon serment.

À Dieu, non pas à un homme ; donc, deuxième conséquence, si je veux dégager ma volonté, il faut que Dieu dégage la sienne. Sans cela

jre- je sais que je viole une promesse solennelle, e sais que je suis parjure, Car jamais, jamais

ute Dieu ne voudra se dégager lui-même de sa ser promesse (1).

nes À Dieu, non pas à un homme ; donc, troisième ge- conséquence, j'aurais beau chercher des raim'a sons très-fortes, très-raisonnables pour justifier ais, la violation de mes vœux; comme ils sont les écrits dans la mémoire de Dieu et que là rien ndé ne peut les effacer, je les reverrai après ma m'a mort dans toute la force de leurs expressions es... claires et précises, et, que répondrai-je à Dieu ? ‘on que répondrai-je à ma conscience ?

1r'e- Je dois garder et observer mes vœux parce es !: que ç'est en présence de mes sœurs et au su de pas toute la communauté que je les ai prononcés. pas Il m'en souvient, — et je ne puis oublier ce pre jour mémorable, — c’est à genoux, au pied er? de l'autel, au milieu de mes sœurs, en prétree sence de l’évêque que j'ai dit à haute et inma telligible voix la formule de mes vœux. Quel , scandale pour tous si je violais mes proere messes ! quel déchirement de cœur pour mes ne- supérieurs ! quel mal affreux à toutes ces S à jeunes sœurs, à ces novices que mon exor emple ébranlerait, découragerait, entraineurs

1S (1) L'Eglise, nous l'avons dit, peut accorder la eur dispense des vœux de religion, et cette dispense

demandée pour de graves raisons exposées sincèreme ment, et légitimement obtenue peut laisser la cons- <ience en paix. — Cependant, ne doit-il jamais dans

té, cette pauvre âme passer des troubles, des inquiétudes, ela des remords peut-être ? :

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rait, peut-être! quelle joie satanique pour les méchants qui, dans le monde, sauraient ma défection !

Ces réflexion, soyez-en sûre, seront de nature à appaiser la tentation qui vous oppresserait; et la formule de vos vœux que vous aviez prononcée en commençant avec une certaine apathie, vous la redirez maintenant avec un sentiment d'amour qui fera oublier à Dieu votre moment de lâcheté.

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