‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 100 sur 222 · Avec pureté de conscience · texte numérisé non relu

Avec pureté de conscience

Siil yaen nous un péché mortel, toutes nos actions, même les plus saintes, sont sans nérite aux yeux de Dieu et sans valeur pour le ciel; et quelle perte, nous qui travaillons tout le jour !

Ce n’est pas que ces actions soient tout à fait inutiles, si réellement elles sont bonnes en elles-mêmes: elles disposent Dieu, toujours si bon pour profiter de toutes les occasions que nous offrons à sa miséricorde,à nous accorder des grâces de conversion et nous disposent nous-mêmes à retourner à lui, — mais ce sont des œuvres stériles, des œuvres mortes pour lesquelles nous n’aurons jamais aucune récompense.

Oh! restons donc en état de grâce; plus cet état est parfait en nous, plus nos œuvres sont méritoires, plus elles glorifient Dieu ; — dès que nous nous sentons coupables, même d’une faute vénielle, humilions-nous, effaçons cette faute par les moyens si abondants que la sainte Église met à notre disposition : un signe de croix fait pieusement avec de Peau bénite, un acte d'amour de Dieu dit avec un profond sentiment de regret, d'affection, de dévouement, de soumission. et si, par malheur, nous avions commis un péché mortel, demandons au plutôt la permission de nous confesser:; ne nous couchons jamais au moins sans un acte de contrition profondément senti,

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2. Avec pureté d'intention est pai C’est l'intention qui donne la valeur à nos I actions les plus insignifiantes ; les faire pour KR Con j Dieu, les offrir à Dieu, c’est leur communiquer R not j' quelque chose de divin ; Dieu, en les accep la il tant, les rend en quelque sorte dignes de lui. . NL Oh ! quelle journée bien remplie“ qu’une tu ll journée donnée à Dieu ! quelle gloire pour ce Æ Cesl [h divin Maître qu'une servante qui fait tout ce R dim qu'il veut, comme il le veut, et qui lui offre R Pou avec amour tout £e qu'elle fait.

Ag'r par humeur, par caprice, par inclination, par coutume, par respect humain, par hypocrisie, par ostentalion, par intérét, c'est travailler sans 1. aucun résultat pour le ciel, c'est souvent tra-R ‘ua vailler en souillant sa conscience. "se | 8. Avec ordre et exactitude. Fe das .R avoir L'ordre et la vertu sont deux noms qui sentir signifient presque la même chose, Quelque Line bien que vous fassiez, si vous ne le faites dans {a vol. l'ordre, vous ne le faites point comme il fautÆ Et ao L'humeur dirige les animaux ; la raison puisqu dirige l’homme ; l'Evangile, le chrétien, li notre : règie, le religieux ; l'ordre. tous les êtres. 2, Ac C'est l'ordre qui fait le paradis ; c'est 1 ms désordre qui fait l’enfer. légèret La raison veut quelquefois, sans doute, perfect qu'on quitte l'ordre prescrit, mais c’est pour disait :

suivre un autre ordre plus parfait qui, nous

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est déclaré par la nécessité, par Pinfirmité, ou par Pobéissance.

L’exactitude est le soutien de l’ordre. Elle consiste à faire les actions qui entrent dans notre devoir, dans le temps, dans le lieu et de la manière qui nous ont été prescrits.

Ne pas faire ses actions avec ordre et exac.

titude c'est les dénaturer en quelque sorte ; c'est au moins les rendre imparfaites et par là diminuer plus ou moins la valeur qu’elles pourraient avoir.

4, Avec ferveur.

1. Agir avec ferveur, c’est agir avec promptitude et avec courage ; non pas précisément avec goü!, plaisir et ardeur sensible.

La ferveur est bien ordinairement accompagnée de ce goût sensible, mais elle n’en est

| pas inséparable. On peut être très fervent et

avoir un dégoût naturel pour ce qu’on fait, y sentir de la répugnance et n’y trouver que eine et froideur. La-ferveur est surtout dans a volonté, c’est elle qui fait agir malgré tout. Et alors, elle est plus solide et plus méritoire puisque nous n’agissons que parce que c’est notre devoir.

2. Agir avec ferveur, c'est ne rien faire à moilié, rien avec ce laisser-ailer, composé de légèreté et de mollesse, qui est le fléau de la perfection religieuse. Quand on agit ainsi, disait un saint religieux, on ose un peu mais on n'ose pas assez. On voudrait bien, se fai-

sant quelque chose, faire taire d'importants remords, mais il ne faut pas que cela coûte trop. Tout se fait à moitié, à peu près, à la légère, par routine. On ne vise en rien au parfait. Rien ne porte ce cachet de l’accompli, du fini. Au lieu de marcher, on se traîne ; au lieu d'agir, on se propose ; au lieu d'exécuter, on conçoit des plans ; au lieu de prendre le devoir à deux mains, on l’effleure ; au lieu de méditer, on rêve ; au lieu de prier, on marmotte.

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