‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 12 sur 222 · LUTTER · texte numérisé non relu

LUTTER

Lutter, c'est se prendre corps à corps avec un ennemi,—C’est résister à ses ruses, à seb attaques, à sa fureur,-c'est: essayer de’ le terrasser, de le vaincre, de le Cominer. 5

Lutter, c'est agir comme le P. de Ravignan qui rendant compte à son supérieur d’une de ses retraites lui écrivait: Nous étions deux; J'ai jeté l'autre par la fenêtre et je suis resté seul. C’est ainsi qu’agissent les hommes de cœur et de foi ; c’est ainsi que doit agir toute âme consacrée à Dieu. La mesure est énergique sans doute, et elle demande autre chose qu'une volonté de désir et d'imagination qui semble vouloir et ne veut pas,—qu’une volonté passagère qui veut aujourd’hui et ne vent pas demain,—qu'une volonté lâche que ie meindre obstacle rebute et déconcerte. Des volontés de ce.genre ne sont pas celles dont le bon Dien aime à se servir. Il faut, pour former une vraie religieuse, yne volonté généreuse, une volonté ferme et décidde qui triomphe de tous les-ebstacles,—une volonté qui fasse au moins pous: le ciel ce que font tous les jours les gens du mende pour les choses de Ja terre. Rappelez vos souvenirs : ceiis personne qu vous avez Connue pauvre est riche aujourt ‘ul; pourquoi ? Elle l'a voulu ; —cette autre üuue gondition ordinaire est parvenue aux honpeurs; pourquoi ? -Elle l'a voulu; voyez dans le ciel cette sainte élevée en gloire, haut, bien haut, au milieu des autres s®ints; elle avait les mêmes faiblesses que nous; pourquoi estelle si près de Dieu? Elle l'a voulu.

La volonté fait les héros, —la volorié fait les savanis,—la volonté fait les saints.

:. Ne voulez-vous pas être une sainte ? k £utlicr se résume en ces mots énergiques

réglées gesse d soumett par la c la lutte ,

Cette nom de.

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n ‘qui peuvents’appliquer à toutes les circonstane ‘ces de la vie, et qui doivent être la devise de : toute religieuse : agir contre, et, agir contre, l. c’est aller en avant malgré tout.

at Agir contre la santé quand elle préoccupe. n- | Agir contre le désir de savoir, quand il déxs À tourne dela prière.

1e Agir contre l'estime des autres, des personnes le du monde surtout, quand elie nous sort de a- l'humilité.

le- Agir contre les tendances du cœur, quand elles re nous amollissent.

Lés Agir contre la passion des nouvelles, quand on elles nous troublent.

1er Du reste, si nous nous sommes précaution-

une nées,-—si nos sens mortifiés,çcomme nous venons pus à de le dire, n’offrent pas de prise au démon, — ins À si nos passions, celles même qui paraïssent >ns | calmes, utiles, nécessaires, sont maintenues ap- | dans les limites du devoir et accoutumées à us ! obéir à la loi de Dieu,—si nos facultés sont i: réglées par la prudence, dirigées par la sagesse d’un directeur à laquelle nous nous soumettons généreusement, retenues enfin par la crainte de Dieu,—n'est-il pas vrai que la lutte sera facile et la victoire assurée ?

Gette victoire, nous vous la promettons au nom de Jésus-Christ qui combattra avec vous, religieuses fidèles. Seulement,

Luttez avec calme.—Le démon, disent les saints, fait tout d’abord plus de bruit que de mal. Il'a peur des âmes résolues, dit sainte Thérèse, et il cède bientôt à ceux qui lui

résistent avec intrépidité. Le mépris est un des bons moyens pour repousser la tentation.

—Une distraction ou une occupation maté.

rielle, qui absorbe l'esprit et ie détourne de l’image que présente le démon, suffit souvent pour la faire disparaître. Que de fois, de violentes tentations contre la sainte vertu se sont dissipées par l'application à mettre de l’ordre dans sa cellule, à balayer avec un soin minutieux ou la chapelle ou un corridor, par le simple changement de place montant ou descendant un escalier, par quelques minutes de travail au jardin ou par une visite si elle est possible, au $S. Sacrement ou même à sa supérieure à qui on demande une permission.

—En principe la diversion vaut mieux, dans ce cas, que le combat direct.

Luitez avec confiance.—Dieu est près de vous, témoin de ce combat livré pour vous garder fiaèle à sa loi; Dieu est avec vous, vous en-

courageant par sa présence, vous fortifiant |

par sa grâce et mesurant à vos forces la puissance de la tentation ; Dieu est en vous pour guérir vos blessures et pour se faire sentir à votre premier appel ; mais rappelez-vous que la base de votre confiance doit être la conviction de votre faiblesse; sans Dieu, vous ne pouvez rien, rien !

Luttez avec constance.—Ne vous troublez “pas de la longueur de la tentation; la tenta. tion quelque longue et rude qu'elle soit, dit -saint François de Sales, ne vous rendra jamais

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“1 assez de défiance de gs “a e de Yous-Même et que vous n'avez pas assez rié HP soin ieu et compté sur Dieu. Relevez-vous vite, Per , par UMiliez-vous et r Pprochez-vous davantage (ST Lou | de Dieu, par la prière et Par Papplication à Lin tutes À vos devoirs. Oh! chère âme Consacrée à dut. elle ieu, Chère âme qui appartenez à Dieu et que ad à sa ieu soumet à l'épreuve, Pour vous obliger à ‘4 sion. À Jui lémoigner plus ardemment votre. amour RU dans À restez lumble, elite, défiante de vous-même Ni Précautionnée, confiante en Dieu... et vous nb ous, } serez victorieuse | il rder | de s en: RER rer nu pe fantg CHAPITRE TROISIÈME. NE LE is- FA F8 ENNEMIS A COMBATTRE. : | "a, ir à Fais

nfinies, lentant, par tous les Moyens que lui suggè

re sa haine, de se mettre | En rapport avec ce qu’i | vais etde gâté,

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Ce sont, 2. les penchants au mal, qui, nous l'avons dit. sont, en nous, une force qui nous lire vers ce qui nous plait ou ce qui nous flaite.

Ces penchants sont notre principal ennemi.

L'ennemi domestique est le plus nuisible, dit saint RBernard.—Une place assiégée n’a pas d’ennemis plus dangereux que ceux qui sont au dedans, ajoute saint Liguori. Sans nos penchants sensuels et dépravés, le démon nous aitaquerait en vain. 1l cherche à s'emparer d'eux; il les flatte, il les caresse, il les excite. Et pour cela il se sert de nos sens qu’il impressionne par la vue ou le contact des objets extérieurs ; il se sert de nos facultés qu’il trouble, qu'il aveugle, qu’il détourne de leur fin; et à laide de ces moyens, non seulement il nous fait commettre le mal, maïs il nous fe peu à peu l’orreur du mal, il nous fait aimer le mal. Le péché, qui d’abord nous effrayait, devient à nos yeux moins grave, puis indifférent, puis, par l'effet de l’habitude, il nous semble quelque chose de nécessaire.

Ge sont donc ces penchants, qu'avec le se:

cours de la grâce, nous devons tendre à affaiblir, à réprimer, à détruire ; ce sont les ennemis contre lesquels nous devons énergiquement et continuellement combattre, car, dit

saint Bernard, ce sont des herbes vénéneuses |

qu'on a beau couper, elles repoussent toujours ; —ce sont des béles féroces, dit saint Grégoire ; on croit toujours les avoir tuées, elles vivent toujowrs. ; nn

Nous les rencontrons: dans notre esprit ; et

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ceux-là nous portent à l'indépendance et par

8 là diminuent en nous le respect pour l’auto- " rité, nous font négliger nos devoirs et les à omettre sans scrupules.

# Dans notre cœur; et cux-là nous portent À. aux amitiés trop naturelles, à l'attachement "A excessif à nos parents el par là affaiblissent ts en nous l'amour de la prière, le dévouement, ait et nous exposent à des chutes humiliantes.

il Dans nos sens ; et ceux-là nous portent à la

ur | vie molle et routinière, à la fuite de toute

ne contrainte et par là, nous faisant trouver la

rS; vie religieuse pénible, nous poussent au murmure et quelquefois à la révolte.

Ces différents penchants ont tous quelque chose de commun, c’est qu’ils ne se présentent pas à la religieuse sous leur point de vue réel : ils effraieraient la délicatesse de sa conscience; quelle est donc la religieuse qui voudrait sciemment être désobéissante, sensuelle, révoltée ? Ils se montrent à elle comme à travers un verre trompeur qui en dénature la gravité, en affaiblit la laideur, et montre les effets de ces penchants comme des actes de peu d'importance, ne nuisant que légèrement, ow même pas du tout, à la perfection de la vie religieuse.

C’est ce qu’on appelle illusion.

L'âme inexpérimentée se laisse prendre à ces illusions ou apparences qui montrent les choses autrement qu’elles sont; elle se laisse aller à ces penchants et c'est ainsi que petit à petit elle tombe dans le relâchement, dans la

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tiédeur, dans le mécontentement et quelque fois même dans le désordre.

Nous allons examiner et réfuter ces i//u sions; nous dirons:

Les illusions sur l'esprit religieux,

* Les illusions sur l’obéissance,

Les illusions sur la pauvreté,

Les illusions sur la chasteté,

Les illusions sur les dangers de la vie religieuse,

Les illusions sur la valeur personnelle,

Les illusions sur la perfection.

Mais pour bien comprendre la gravité et le danger des illusions que nous avons à combattre, il est nécessaire d’avoir des données précises sur la nature des différentes choses que ces illusions nous montrent autrement qu’elles sont,—c'est ce que nous allons faire.

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