‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 121 sur 222 · Tentation d’orgueil. est · texte numérisé non relu

Tentation d’orgueil. est

| d ‘Le démon ne tente pas d’orgueil les âmeæsaint dévotes comme il tente les âmes mondaines sait

mples, Ê mais nous ne savons dans quel cas la victoire est plus difficile à remporter. Il y a dans

l’orgueil des personnes dévotes quelque chose

provo- À de si subtil et de si séduisant, qu’on ne peut ira pas Ê y échapper qu'avec une grâce toute spéciale e. LesE de la bonté de Dieu. De ce genre d’orgueil c'est-à-Æ naissent les jugements téméraires sur le pro-

les sens, chain, beaucoup de rigueur et d’exigences, une uu-Æ un zèle inopportun et de mauvais goût, un en con-E grand penchant à se plaindre, un plaisir dans cetE secret à entendre médire, la confiance en ses plus deR propres forces, une avidité imprudente et me, plus pompes des états extraordinaires de sera plusÉ l’âme, et toutes les illusions qui accompagnent fautes deË cette espèce d’avidité. Dans cet état, et dès Dieu, quil qu’on en conçoit le moindre doute, il faut qui neË s’en humilier beaucoup dans l'oraison et les

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moments de recueillement; s'exercer aux choses qui donnent de la honte; prendre sur soi d’avouer ses fautes sans aucun déguisement; affronter quelques hiuniliations en actions cu en paroles, mais ne suivre en cela que l'avis du directeur, car les erreurs de l'anour-propre pourraient encore là devenir dangereuses. Ne jamais parler de soi que par nécessité, et ne pas se presser de donner son avis. :

4, Tentation de désespoir.

Cette tentation, portée à un certain degré, est épouvantable et exerce même sur le corps de terribles ravages, comme on l’a vu dans les âmeSsaint François de Sales étudiant à Paris. On ndaines sait par quelle héroïque disposition il en

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triompha, avec l'assistance de la très sainte Vierge.

Si Dieu vous soumet à cette terrible tentation, s’il vous semble que tout espoir est ts pour vous, que vous êtes destinée à ‘enfer, que vous vivez dans un état de péché mortel, repoussée de Dieu, de la Ste Vierge, de tous... oh! de grâce, ne vous laissez pas abattre ; allez vous prosterner aux pieds du S. Tabernacle et dites à Jésus comme Job disait à Dieu : Quand vous me t'ueriez, j'espérerai encore en vous; dites-lui comme $S. François de Sales: Si je dois vous haïr pendant toute Péternité, laissez-moi au moins maintenant vous dire que je vous aime !

Cette tentation vaincue laisse arriver à l'âme l'amour le plus pur, les lumières les plus vives et des grâces de toute espèce. Les défauts les plus subtils s’y corrigent, la nature y meurt pour y faire place à la foi, et ces jours et ces années d’angoisses affreuses produisent même avant le ciel quelquefois des délices que les mots de la langue humaine sont impuissants à exprimer.

Les moyens de combattre cette tentation, sont une extrême fidélité aux exercices de piété, la fréquentation assidue des sacrements, dût-on, comme sainte Marie-Madeleine de Pazzi, se traîner à la communion, l’humilité et la dévotion à la très sainte Vierge.

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Conduite pratique à tenir à l'égard de:

tentations.

1. Ne demandez pas à Dieu qu'il vous délivre de la tentation, demandez-lui seulement la grâce de ne pas succomber; celui qui refuse le combat, renonce à la couronne.

Abandonnez-vous, pour le combat, à la sainte volonté de Dieu. Il ne permettra jamais que vous soyez tentée au-dessus de vos forces et pendant la lutte, si seulement votre regard se tourne vers lui, il combattra avec vous et pour vous.

2. Laissez courir le vent, dit S. François de Sales, et soyez sûre que toutes les tenta. tions de l'enfer ne sauraient souiller un esprit

qui ne les aime pas. Il y à, dans le fond de

l'âme, un fond encore plus intime où le démon ne peut pénétrer : Dieu se l’est réservé, c'est son sanctuaire. Le démon s’agite, il fait du bruit, il émeut l'imagination, il fatigue même les sens, mais dans cette partie supévieure de l’âme, la paix réside parce que Dieu sy trouve. ‘ Que le démon agisse sur mes sens et sur mon imagination, il le peut malgré moi, disait un saint, mais ma volonté

aura beau me dire que je veux le mal, je lui répondrai toujours non.” - 8. Vous craignez d’être coupable parce que

n’appartient qu'à moi, il n’y peut rien; il

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ment et que prenant un état passif de votre imagination pour un acte de votre volonté, vous croyez avoir cédé à la tentation, parce que vous l'avez vivement ressentie ; rassurezvous: l'imagination s'exerce d'ordinaire hors des limites de notre pouvoir.—S. Jérôme était retiré dans le désert, il avait fui pour ne plus être témoin des scandales du monde, et son imagination lui représentait les danses des dames romaines; il macérait son corps, comme $. Paul, il le réduisait à une rude servitude, et le feu de la concupiscence torturait encore son cœur. Au milieu de ses combats effroyables, il souffrait, mais il ne péchait pas” il était tourmenté, mais il n’était pas coupable, et la douleur qu'il éprouvait était une marque de son ardent amour pour Dieu.

4, Pénétrez-vous bien de cette doctrine qui servira à rassurer votre âme si la crainte d’avoir péché mortellement vient la troubler. Pour constituer un péché mortel, il faut la réunion de trois circonstances :

Que la matière soit grave.

Que l'esprit ait une pleine connaïissance de la culpabilité de l’action que l’on commet, ou de l’omission que l’on se permet, ou du danger de l’occasion où l’on s'expose.

Que a volonté se décide de plein gré et par une préférence criminelle pour l’action défendue,ou l’omission coupable, ou l’occasion dangereuse.

"Si l’une de ces circonstances vient à man-

quer, il n’y a pas péché mortel.

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La sécurité parfaite ne peut et ne doit venir que de l'obéissance ; vous devez donc avec simplicité et candeur exposer l’état dans lequel vous vous trouvez à votre directeur ; et lorsqu'après vous avoir écoutée, votre directeur a prononcé, vous devez vous arrêter à sa décision, vous y fier avec une imperturbable tranquillité et repousser toute crainte de n'avoir pas été comprise ou de ne pas vous être assez complètement expliquée.

. L'état de votre âme, quelque tourmentée qu’elle ait pu être, peut s’exposer en trois mots : Ou je suis certainement coupable et je m'accuse de ma faute,—ou certainement je ne suis pas coupable, —ou je ne puis me rendre compte si je suis coupable ou non ; j'ai l'utté, j'ai combattu, et je m'accuse telle que le bon Dieu me voit.—Toutes les paroles que vous pourrez dire pourront toujours se résumer par une de celles-là.

Rappelez-vous, que pour les âmes qui veulent sincèrement être à Dieu, l'important, dans la confession, n’est pas d'expliquer beaucoup, mais d’être bien humbles, bien soumises et de vouloir sincèrement éviter les moindres occasions de péché.

6. Que devez-vous aller chercher auprès d'un directeur éclairé ? La grâce du Sacrement et une direction conforme aux desseins de Dieu sur votre dme.

Ces deux choses importantes ne manquent jamais, mais elles ne suffisent pas à votre nature avide de contentement. Votre âme

voudrait être comme déchargée du poids qui loppresse,—trouver un:appui qui l’aidât à s'élever au-dessus de ses misères et à sortir des épreuves du dedans et du dehors ; —elle voudrait se sentir portée dans le chemin du ciel pour y éviter touté fatigue et toute difficulté. C’est l’occasion de se rappeler cette parole bien féconde dans ses applications : S'il en était ainsi où serait le martyre de la vie ? En général, la mission du directeur est d'éclairer l'âme, d'agir sur elle autant qu'il le juge: à propos pour la conduire à Dieu,et, suivant l'expression de Bossuet; pour ne. la laisser respirer que du côté de Dieu.

‘ Ne lui demandez pas autre chose.

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