‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 132 sur 222 · LL · texte numérisé non relu

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d'huitf La souffrance expie, dit Mgr Gay, — elle forme, —elle transforme. |

lus de L de dt LA SOUFFRANCE EXPIE,

L’expiatinn est une trop grande choso, ajoute cet illustre et profond écrivain, que nous allons analyser, pour n’en pas contenir beaucoup d’autres.

“ Expier, au sens chrétien, c’est satisfaire, 'est-à-dire ôter à celui qu’on a eu le malheur l'offenser toute raison de demeurer irrité et le tenir l’offensé en disgrâce.”.… La douleur ait assez en nous ou mieux elle nous fait ire assez; assez pour détruire le péché dans otre âme ; assez pour changer la malédiction ivine que nous avions méritée en bénédicion,—l’absence de Dieu qui s'était retiré en résence,—la colère de Dieu en tendresse,— aversion de Dieu en embrassements,—assez nfin pour que Dieu pardonne et qu'il lui dejenne comme impossible de ne pas paronner. |

“ Evpier, au sens chrétien, c’est purifier, est-à-dire effacer les taches et détruire les ifformités que le péché a fatalement produi- Æs dans l’âme coupable.”—[L'âme coupable tioute ténébreuse et semble devenue opaque:

le a perdu sa pureté, son intégrité, sa transence; son jour intime, son doux éclat, s4 Bunesse, $a santé, sa vigueur, 84 beauté, 84

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virginité, sa sainteté, ce qui faisait d'elle 1Bl'innc miroir de Dieu et partant son image, puisqueRMieu c'est justement en le réflétant qu’elle fai reque l semblait, ce qui faisait que si tout à coup elle “E sortait de ce monde elle verrait Dieu tout degutiie suite et se sentirait prise entre ses bras. Elldcréand a pan tout cela dès que le péché est venu ractéé salir; eh bien, la douleur chrétienne est pourMquitta elle un baptême qui, grâce au sang de JésugMune dé la lave, la purifie, lui rend sa beauté priB*mps, mitive. noire, ‘# Evpier, au sens chrétien, c’est restaurer ela à c'est-à-dire relever tout dans une âme en JE nCes refaisant l’ordre et en la rétablissant ellsptaient même dans son premier état.”—La douleumu Cie sert comme de conducteur à la grâce qui agilpurgat avec elle et par elle; et la grâce produit dan@}i0Us 56

l'âme comme une résurrection, un rajeunissléchire ment, un refleurissement de toutes choses RlVine. et quand cette restauration intérieure a et a dou lieu, tout. ce qui nous entoure nous devienPouvol

favorable. L'ange gardien se rapproche ‘à *

l'âme, la très sainte Vierge la protège et l'asélivre siste plus volontiers, la créationentière, depuilfntrave qu’elle a pleuré, ne lui envoie plus que delpntière. sourires. Elie éprouve quelque chose de coin de que le prodigue dut ressentir en retrouvaniompre tout à sa place dans cette maison rouverte dif €t no son père, où, plus que jamais, tout est à lui.-Wf Passé La douleur est un creuset si puissant que ltreinte coupable sori parfois de son péché pus grand, Dieu qu'auparavant s’il sait utiliser cette triste eh Ymn périence. Sans doute, dit le P. Caussetth"® C8!

elle 1Rl'innocence est préférable à la pénitence, mais uisqueRmieux vaut une pénitence humble et fervente ai re que l'innocence présomptueuse ei relâchée. up elle “ Expier, dans le sens chrétien, c’est s’actout ddmguiter, c’est-à-dire remettre aux mains du , EleMcréancier le montant intégral de la dette convenu litractée par la faute et obtenir de Jui une st pouuittance finale et entière.”—Le péché est > JésusMune dette envers Dieu ; nous lui devions notre - 1té prifitemps, nos sens, notre intelligence, notre ménoire, notre Cœur; nous avons donné tout staurerMela à d’autres qu'à lui, attirés par les jouisle en Pances plus ou moins coupables qui nous nt elleétaient promises.—[l faudra, pour être reçus douleu@u ciel, payer toutes ces deites, et c’est au qui agi purgatoire que se fera cet acquittement ; mais it danMous savons ce qu’elles ont de terrible et de sunissMéchirant ces flammes agent de la justice hosesmivine.— Dieu, dans sa miséricorde, a donné à > a ele douleur chrétienne, sur la tèrre, les mêmes devienMouvoirs qu'aux flammes du purgatoire.

che ‘4 ‘ Expier, dans le sens chrétien, c’est enfin et l'aélivrer, c'est-à-dire rompre tous les liens qui depuipntravaient le débiteur et lui rendre sa liberté tue dentière”—Que de liens nous enchaînaient de de coin de Dieu! Que d’habitudes difficiles à ouvanompre retenaient loin du devoir notre volonerte die et notre cœur surtout! Quand la douleur à lui. passé là avec son feu qui dévore, avec ses que l@treintes qui brisent, oh! alors l'âme monte ibre, heureuse et aimante. Que

$ gran, Dieu, e ste em tymnes de reconnaissance doivent retentir,

setthiu ciel, eu faveur de la souffrance ! . Que de

saints, au ciel, seraient dans l'enfer, si hsoumis

douleur n'était pas venue les arracher palnent force à leur vie de péché! ance

les IL oies, LA SOUFFRANCE FORME,

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La souffrance est un second noviciat po l’âme religieuse. Elle supplée au premia noviciat s’il n’a pas été bien fait, elle le com pee et le perfectionne s’il a été dans toute es conditions voulues.

Pendant ce second noviciat, c’est la soul france qui forme l'âme religieuse; c’est e qui est sa maîtresse et qui /a travaille sous regard de Dieu; et si l’âme est docile, oh comme il lui sera profitable ce second novi ciat. Il est plus rude que le premier, ma aussi le but qu’il se propose est plus grand: |

premier noviciat ne formait que pour la prifelle fession religieuse ; le second noviciat form@die, 80 pour le ciel. ons, ju

dontre.

avenir béir.—]

La souffrance, cette maîtresse envoyée diret tement par Dieu, — éclaire l'intelligence, — cœur,—la volonté de la religieuse.

Dans sa cellule, en face de son crucifil qui, pendant de longues heures de la journé et les heures plus longues de Ja nuit, est s0 seul compagnon, la religieuse malade ou pr fondément humiiée, ou même hélas ! injust& ment rebutée, voit avec précision et netteté @Stsemb qu'elle n’a pas eu de patience, d’humilité, déchirée

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swumission, de silence; elle voit, tout autre-

nent qu'elle ne l'avait vu jusque là, l’imporince de la vie de foi et de l'esprit de prière,

les grandeurs de sa règle, —les gloires, les oies, les avantages de l’obéissance, de la paureté et de la chasteté,—la nécessité du déouement, du zèle, de la charité.

Elle comprend la futilité des amitiés partiulières auxquelles elle s’est si facilement t si fortement abandonnée,—la petitesse des ntiments de vanité dont elle nourrissait son prit.

Ile aperçoit la lâcheté avec laquelle elle a empli ses devoirs, le peu de sincérité dans ss excuses qu’elle apportait pour se dispenser 6 la règle.

Et à mesure que la souffrance est une luière qui l’illumine, elle est aussi un feu qui à brûle pour la purifier, pour l’assouplir, our venir en aide à la grâce qui veut faire elle une sainte ; et pénétrant soit par la madie, soit par les ennuis, soit par les humiliaons, jusqu'aux replis les plus cachés, elle se aontre l’expiatrice du passé et la directrice de avenir ; elle se fait écouter et elle se fait béir.—Et l’âme s’assouplit sous son étreinte ;

e demande pardon, elle promet, elle s’huilie, elle prie, elle se transforme.

Que de r£ligieuses à qui il n’a manqué pour re de grandes saintes que l'empreinte. plus arquée de: la croix de Jésus-Christ ; l’âme t semblable à la terre, elle a besoin d’être schirée. pour être féconde, : ;; 1: :}

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LA SOUFFRANCE TRANSFORME. | Rie

I La souffrance a pour but la transforma.

tion de l'âme pécheresse en éme sainte en l'ame nant, par l’humiliation, à la connaissance de la souveraine puissance de Dieu, à la soumis sion à sa volonté, à l’obéissance à ses ordre —Généralement, dit un philosophe chrétien:

la douleur conduit le genre humain au seuil de la grâce ; dans la nature elle fait l’hommeké dans l’homme elle fait le saint et on peut dir que ce qu'il y a eu de sauvé dans l'antiquils paenne l'a été par la douleur.

Voilà pour l’homme en générai; pour religieuse, la souffrance Ia transforme et:

faisant d’elle selon le mot de S. Paul, un aut Jésus-Christ. Cette transformation s'opère pal les douleurs qu'elle lui fait éprouver sen blables aux douleurs de Jésus-Christ,—par | sentiments de soumission qu’elle lui fait p duire pendant qu'elle souffre semblables a sentiments de Jésus-Christ,—par l’amour s tout qu’elle fait naître en son cœur po Jésus-Christ, qui par les souffrances l’unil lui de la manière la plus intime. Duffri

‘ La douleur établit entre le parfait ch sou tien, la religteuse par conséquent, et Jésiaisir Christ une sorte d’ideatification par voie Œière sympathie; ils subissent par sympathie Bonre même passion ; ils souffrent l’un dans l’aut@ourir La religieuse partage la souffrance de Jésus so

Jésus participe à la souffrance de la religieuse. | 1ls sont unis par les liens de la compassion.— Rien n’unit plus étroitement deux âmes que la souffrance des mêmes douleurs.

‘ Le chrétien n'aurait pas même un soupcon de la violence des souffrances du Rédempteur si lui-même n'avait jamais connu les brisements et les angoisses produites par le malheur.—$'il n'avait jamais été humilié, il n'aurait pas idée des hontes et des abaïissements de Jésus-Christ. —S'il n'avait jamais été navré dans ses affections humaines, il ne se retracerait pas la moiadre image des blesures du cœur de Jésus.—$'il n'avait jamais bié pauvre, malade, persécuté, menacé par la Mort, l'Evangile serait à ses yeux lettre morte, til ne comprendrait pas les douleurs de la roix.

“ Mais la passion dans laquelle il fut luinème victime est comme un flambeau à la larté duquel la passion du Christ s’illumine t paraît intelligible et sensible dans sa réalié dans ses horreurs, dans tout ce qu'elle a e poigrant... Et alors parce qu'il comprend ue c’est par amour pour lui que Jésus à puffert tout cela, lui aussi, par amour, veut uffrir pour Jésus et avec Jésus. Il court à

souffrance comme d’autres courent au aisir et ce qu’il recherche surtout par la ar voie Mière et par la douleur c’est une conformité dé npathie Blonté avec la volonté de Jésus.—Souffrir ou as l'autlourir ! souffrir et ne jamais mourir pour tou- \ de Jésiurs souffrir, c'est le cri de son Mn c’est le

asfor mt n l'ame sance de goumis s ordre& chrétien au seul hommes peut diré Pantiquil

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