‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 140 sur 222 · LA · texte numérisé non relu

LA

“ cette maison que tu m’as librement consp truite. J’y poserai mon nom, mon autorité, ma sagesse ; mes yeux et mon Cœur seront | “ici tous les jours.” Tout supérieur religieux est, lui aussi, un temple : le jour de sou institution est celui où ce temple est dédié. Dieu pose en lui son pouvoir, sa raison, sa force ; il fixe en lui ses yeux et son cœur: ses yeux, OU veiller sur toutes les âmes qu’il lui cone; son cœur, pour s’incliner vers elles ; ses yeux pour les conduire, son cœur pour les aimer. Tout supérieur devient ainsi une sorte de sacrement humain dont les apparences, il est vrai, restent, comme celles de l'Eucharistie, petites, fragiles et misérables, mais qui comme celles du pain consacré, contiennent réellement Dieu pour le transmettre aux hommes. Dieu est dans l’eau du baptème pour régénérer l’âme et lui communiquer la vie surnaturelle ; il est dans le saint chrème pour faire croître cette âme et la rendre divinement) virile ; il est dans la sentence du prêtre pour remettre les péchés à qui vient les confesser lavec les dispositions requises ; il est substantiellement sous les espèces du pain et du vin our entretenir cette vie de la grâce, que le lapième nous donne et que la pénitence répare après que le péché l’a détruite. Vous croyez tout cela sur la parole du Christ: croyez. donc, sur cette même parole, que, par la même. rertu à laquelle rien n’est impossible, Dieu st présent dans cette créature, investie dul ouvoir; et comprenez, vous tous spécialement.

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qui vivez en religion, que la fin de celte pré. sence de grâce est de vous façonner à la sain. teté et de vous conduire sûrement dans ce chemin de la perfection où l’état embrassé par vous vous engage.

Vous êtes dans l'inquiétude, votre cons.

cience esi embarrassée ; vous avez perdu votre chemin, vous doutez de votre devoir et de la volonté de Dieu sur vous : à la bonne heure, que vous alliez alors vous prosterner devant le tabernacle, ou, mieux encore, communier s'il se peut: vous recevrez là mille grâces, uisque vous y trouvez et y recevez Jésus, Mais si définitivement vous n’aviez que l’Eucharistie pour éclairer vos doutes, est-ce que, vingt fois contre une, vous ne quitteriez pas l’autel dans le même état d'incertitude où vous y êtes venues ; et s’il vous semblait même en rapporter quelque décision pratique, ne risqueriez-vous pas toujours d’être le jouet d’une illusion? Jésus, en effet, n’est pas là pour résoudre des difficultés et trancher des cas de conscience ; il y est pour nourrir les âmes et les vivifier divinement. C’est pour.

quoi, connaissant vos nécessités et soigneur d'y pourvoir, il vous a fait, dans chacun de vos supérieurs une sorte d'Eucharistie par:

lante ; et lorsque, comme Saul sur le chemit de Damas, vous lui adressez cette question qui est la grande question de la vie, pour né s dire l’unique, et que nous sommes amenés répéter presque à chaque pas: ‘Seigneur, que voulez:yous qué je fasse ? ”'il vous répond

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e pré. R comme au futur apôtre : ‘Va trouver cet sain. & homme qu'on appelle Ananie, ” mon prêtre, ns ce Æ mon voyant, ma bouche humaine; c'est lui prassé Æ qui te dira tout ce que tu as à faire. Va donc, | âme qui hésites et m’interroges, va trouver cons. à ton père ou ta mère ; expose-leur ton embarvotre & ras, ils t'en sortiront; confie-leur ton attrait, t de la B ils le vérifieront; raconte-leur ta tentation, heure, à ils la dissiperont ; enfin, ce que je veux, ce devant & que j'attends de toi, ce que, pour m'être agrénunier able, tu dois présentement penser, vouloir et grâces, M faire, ils te le déclareront. “Qui les écoute Jésus. & m'écoute ;” qui leur obéit m'’obéit, si bien e l'Eumaquen faisant leur volonté, tu seras toujours ce que, sûre de faire la mienne.

riez pas De plus, quand tu aurais la pureté de saint ude où Jean ou la ferveur de Madeleine, tu ne pourtmimelrais cependant communier qu'une fois le rue, neRiour, et le fais-tu chaque jour? Mais grâce à > jouetR ma présence dans le pouvoir qui te gouverne, pas là tu peux cent fois dans la journée recourir à er desmmoi, m'aborder, m'entretenir, m'entendre et rir lesMrecevoir ainsi la lumière que tu cherches. t pour. Par là, il n’y a rien de ta vie quetu ne puisses igneur Re soumettre et faire régler par moi; que je un deMne puisse dès lors ajuster à mes desseins, je par-mrarquer de mon empreinte, pénétrer de ma heminmeève, et rendre éternellement l’objet de mes restionmtomplaisances. Par là, je veux dire par celte our neMioi qui me découvre à toi sous l'enveloppe de menésiies supérieurs, et par l’obéissance que tu me gneur rends en leur personne, tu n’es plus jamais Fépondeule ici-bas. Je disais dans les jours de ma

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notre âme.—En lui aussi, l’obéissance vous ?

vie voyagère : “ Mon Père qui m’a envoyé ne de D “6 m'a pas laissé seul; mais, demeurant tou. ‘€ “ jours avec moi et en moi, il opère vraiment Wtmc “toutes mes œuvres ”; l’obéissance où tu vis don, étend jusqu’à toi le mystère de cette compa- la P° gnie et le bienfait de cette assistance. Elle B'SE réalise en perfection ce que j'ai promis dans Le l'Evangile, à savoir de demeurer avec les par miens jusqu’à la consommation des siècles. sainte Et c’est de quoi j'ai dit aussi que le bon gpar r pasteur, ayant appelé ses brebis par leur nom voile et les ayant fait sortir de la bergerie, passe ment devant pour marcher à leur tête, de telle sorte MGhris qu’elles entendent sa voix et n’ont plus qu’à Bensto: le suivre.” C'es If. Cette doctrine, si belle et si rassurante, Brisou s'applique d’une manière spéciale au confes- KPlus seur à qui le bon Dien a confié le soin de Bparde seul p rÈs Se doute l'auto 10m bi Les es der

montre Dieu.

Dans les communautés ce n’est pas la reli.

gieuse qui choisit son confesseur comme elle pouvait le faire dans le monde, on le lui choisit. (1) Et ce choix qui pour la nature a parfois quelque chose de dur est, au point de

(1) Dans le monde la sympathie, l'attrait naturel, l’amour-propre quelquefois pouvaient nous conduire à un confesseur.—En religion la foi seule nous y conduit,

Dans le monde nous ne pouvions être absolument sûrs que le confesseur choisi par nous était celui que Dieu nous destinait.—En religion cette assurance est! devenue certaine par le choix de l’évêque. .

* Dans le monde nous pouvions nous attacher à notre

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vue de la foi, une nouvelle preuve &e l’amout

é ne 7 tou. Bde Dieu et un nouveau moyen, pour l'âme, de

témoigner à Dieu sa confiance: et son abandon, et de pratiquer envers lui l’obéissance la plus complète, la plus soumise, la plus respectueuse.

Le confesseur, dans le tribunal sacré, est par rapport à Jésus-Christ ce que, dans la sainte Eucharistie, sont les saintes espèces par rapport à Jésus-Christ lui-même qu'elles voilent à nos yeux.—Ici le prêtre est réeliement Jésus-Christ qui vous écoute et Jésus- Christ qui vous parle, il est près de vous l’extension de Jésus-Christ.

C'est du prêtre qu'il a été dit et dans une igoureuse vérité : LL est un autre Jésus-Christ. Plus puissant que les anges qui peuvent bien sarder les âmes, mais ne peuvent enlever un seul péché du monde; plus puissant que la rès sainte Vierge Marie elle-même qui sans doute a plus de crédit que lui, mais a moins l'autorité, qui peut accorder des grâces sans

aiment L tu vis COM pa- , Elle is dans vec les siècles.

le bon ar nom ), passe le sorte us qu'à

urante, confessoin de e vous

a relie elle

le lui Mombre, mais ne peut donner une absolution. ature a Les voilà, votre supérieur et votre confesseur,

int de es deux créatures en quelque sorte divinisées

naturel, iduire à!

onduit, blument :

lui que ince est:

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nfesseur par un sentiment toujours pur sans doute ais qui risquait de diminuer l'effet de la grâce.—KEn eligion le changement fréquent de confesseur empêche u détruit rapidement ces attaches.

Dans le monde nos confessions pouvaient être plus ouces et plus consolantes.—En religion elles sont lus fortes et plus sanotiflantes,

en face desquelles vous place l'obéissance | E de N'êtes-vous pas heureuse et fière de leur Rimr

obéir ? que IL ue

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L'OBÉISSANCE EST GRANDE DANS SA NATURE. | la : mue

L’obéissance est plus que le sacrifice (! Rois B que XV, 23), ou mieux elle est elle-même le plus E mou grand sacrifice après celui du calvaire.

Le sacrifice suppose une victime, or l’obéis sance fait de l’homme tout entier une hosti vivante, sainte, agréable à Dieu ; et ce n’est pas seulement le corps de l’homme, mais son dm y son cœur, sa vo’ té, tout ce qu'il a de plus in time et de plus , . ..ieux, qu’elle offre et qu’elle immole à la gloire et à la volonté de Dieu.

Le sacrifice met la victime à la disposition totale du sacrificateur ; l’obéissance met l'âme religieuse à /a disposition totale de Dieu pa le ministère de son supérieur qui a sur ellk tout le pouvoir de Dieu, jusqu’à celui de l’er

. voyer à la mort si cette mort était nécessair pour sauver l’âme ou même le corps du pr chain.

Le sacrifice suppose une victime amenée limmolation Pa a elle; l’obéissance su] pose une victime qui vient librement, voloi tairement et joyeusement s'offrir au glaive de préceptes comme l'appelle S. Grégoire.

Ce sacrifice n’est pas, comme les autres s

crifices, une immolation qui dure quelqut

heures, c’est une immiolation de toute la vi

L'o | le Dié us-C Inion vec 1 Celu Œ Cié Eur el uelqr cile M n esn nté, D

sance! & de tous les jours, de toutes les heures ; une o leur & immolation renouvelée, une immolation qui quelquefois sans doute a sa douceur, mais ui souvent aussi fait sentir tout ce qu’il a ’amer et de déchirant. Et la religieuse, comme mure. MB la victime et plus que la victime, doit être muette ; elle ne laisse échapper de ses lèvres À Rois @ que cette parole qui est un cri de paix et d’a-

, le plus R mour: Fiat !

e, l'obéis 4 re hosti CHAPITRE QUATRIÈME.

n’est pas son dm e plus > qu'ell Dieu.

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