‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 152 sur 222 · TT · texte numérisé non relu

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cile, puisqu'obéir c’est mettre volontairement sa nature indépendante sous la conduite d’une personne qui peut-être est bien au-dessous de nous sous tous les rapports ; — obéir ainsi est impossible sans un secours divin et ce secours n'est accordé qu’à la prière.

C'est ce qui a fait appeler l’état religieux un état de prière, et les religieux des hommes de prière. La prière est la vie du religieux. L’E.

lise l’a établi le réparateur des prières que es hommes ne peuvent pas ou ne veulent pa faire et lui a imposé une prière presque per pétuelle. On ne concevrait pas un religieur qui ne prierait pas ; et une maison religieuse, dans laquelle la prière n’entrerait pas comme

un élément de vie, n'aurait pas de raison

d’être. Un homme de prière est propre à tout: et c'est pourquoi, disait S. Vincent de Paul.i importe que les missionnaires s’adonnent avec

une affection particulière à ce saint exercice Æ sans lequel ils ne feront que peu ou point de

fruit. Avec la prière, qui est leur arme, ik toucheront les cœurs et ils convertiront les âmes bien plus que par le talent et l’éloquence. IT. La religieuse doit plus particulièrement que tout autre obéir à Jésus-Christ, le maitre à qui elle est venue si librement et si géné reusement se donner pour le servir,— et nou verrons tout à l'heure combien est formel ke précepte de la prière imposé par Jésus-Chris

Elle doit aussi, poussée par l'affection dt son cœur, imiter Jésus-Christ l'époux qu'elk s’est choisi pour vivre de sa vie ; or la vie d

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Jésus-Christ est une vie de prière. Certes, si quelqu'un avait dû se dispenser de prier c'était bien lui, le Dieu-Homme; il n'avait aucun besoin de prier puisqu'il possédait en son adorable personne tous les trésors de la science, de la sagesse, de la puissance, et cependant, après avoir employé le jour aux travaux pénibles de son ministère, il consacrait les nuits à la prière. Fuyant le tumulte du monde, il se retirait dans la solitude ou au somrnet des montagnes afin de prier avec plus de liberté (Luc vr, xx1). Et la veille de sa mort, au milieu des cruelles angoisses, il se mit à prier ; les souffrances redoublent, il prie encore ; il prie sur la croix, il prie partout.

Il y avait là sans doute une pensée d’expiation, mais il y avait aussi un enseignement pour nous.

IIT Et d’ailleurs, cette pensée d’expiation

| n’est-elle pas dans la vocation de la religieuse ?

Nous vous l’avons dit en parlant de la souf-

L france, mais c’est {a prière qui donne à la

souffrance, comme à tous les travaux aposto-

| liques, sa valeur divine. (C'est la prière qui

fait monter la souffrance jusqu’à Dieu, qui la fait accepter par Dieu et en distribue les effets sanctificateurs aux âmes. Ni la souffrance, ni la prédication, ni aucune œuvre ne peut être utile si la prière ne vient pas lui donner ‘4 uissance divine de convertir et de ramener jeu.

La prière est surtout l’apostolat par excel-

lence de la religieuse cloitrée, qui ne peut ni

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rêcher ni enseigner ; et cet apostolat sv pplée à tous les autres tandis que nul autre ne peut le remplacer.

L’apostolat de la parole, comme celui de la charité, ne peut s'exercer en même temps qu'auprès d’un petit nombre d’âmes. Il est borné par les limites du temps et de l’espace: ; mais l’apostolat de la prière franchit toutes les limites ; son action peut s'exercer à la fois aux extrémités opposées du monde; elle peut s'étendre jusqu’à la fin des temps; elle atteint partout où atteint la puissance divine. Car tandis que l’apostolat de la parole est Pinter. médiaire par lequel Dieu distribue sa grâce aux âmes, l’apostolat de la prière se sert de Dieu comme d'un intermédiaire tout puissant pour exécuter dans les âmes les saints désirs que Dieu lui a inspirés.

O0 religieuses! priez! priez! priez! Et ce sera vous qui donnerez son éloquence à la parole du missionnaire, sa force, sa douceur, son charme irrésistible à la sœur de charité et à la sœur enseignante ; ce sera vous qui re:

muerez les âmes et qui les ramènerez à Dieu!

L’être le plus utile au monde n’est pas celui qui contribue de sa fortune, de ses forces, de ses talents à l'entretien matériel de quelques êtres comme lui.—mais celui qui par l’ardeur de sa charité empêche la foudre d’engloutir, comme le furent Sodome et Gomorrhe, des cités entières remplies de scélérats, de débauchés, d’impies, de sacrilèges, dont les crimes Jlassent le ciel et provoquent sa vengeance, À

atsvpplée Ecelui qui écarte les pestes, les famines et ces re ne peut Sterribles fiéaux que nous n'avons que trop mérités,—celui qui soustrait à ia damnation elui de la féternelle une infinité d'’âmes si éloignées de me temps Dieu,—celui qui veille à l’accroissement de es. Il est EDieu sur la terre, qui sauve les empires et > l’espace ; fleurs Césars, qui procure tout à la fois aux hit toutes Kpeuples les prospérités du temps et les biener à la fois Bfaits de l'éternité.

; elle peui Æ Tout cela est le fruit de la prière parce que elle atteint Ela prière attire la protection de Dieu. Une vine. Car prière bien faite vaut incomparablement est inter mieux, pour le bien, la paix et la prospérité à sa gràce d'une nation que le plus beau système sur les se sert de finances et la plus brillante conquête. ut puissant Æ Oh!sivoussavez prier, religieuses, si vous ints désirs Ésavez adorer, remercier, expier, demander, jquel bien précieux vous êtes pour une ville ez! Et ce Bet pour un Etat!

uence à la Dans la vie de la Sœur Marie de Valence, a douceur, que saint François de Sales appelait une relicharité el qu: vivante, il est rapporté que ses prières us qui re- ffonvertissaient tous les jours un nombre proez à Dieu! Migieux d’âmes. Dieu lui disait quelquefois : st pas celui En ta considération, ma fille, je vais faire forces, de Bortir de la voie du crime tant de pécheurs quelques ans telle ville où se donne une retraite.—Je ar l’ardeur Bais mettre dans la voie de la perfection tant ’engloutir, Be religieuses dans ce monastère...” et aux orrhe, des Bfeux de tous, Les prédicateurs et les directeurs de débau: Bvaient la gloire de ces conversions, tandis les crimes Mv'elles étaient dues à cette pauvre veuve qui igeance,-— Re faisait que prier dans sa petite chambre,

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