Conditions pour la fréquente communion
1. La communion de chaque dimanche ne constitue pas, en principe, la communion fréquente.” Dans les communautés où la règle prescrit la sainte communion deux fois par semaine, on pourrait encore dire que cela ne constitue pas toujours, pour une religieuse, la communion fréquente ; mais si la règle prescrivait trois communions par semaîne, — nombre qui ne peut jamais être dépassé dans les règles, —la communion serait regardée comme fréquente et il faudrait alors exiger les dispositions demandées pour ces communions (P.
IL Pour que la sainte communion soit bonne et produise, d’une manière générale, les effets pour lesquels elle a été établie parJésus-Christ, c’est-à-dire de nourrir ét de fortifier l’dme, il suffit que l'âme soi évempte de péché mortel.
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gieuses, il faut:
1. Que l'âme soit exempte de péché véniel,—et il est facile à toute âme. avant la sainte communion, de se purifier des péchés véniels qu'elle a commis; elle le peut soit par un acte d'amour et de contrition.—soit par le
signe de la croix fait avec de l’eau bénite dans
l'intention de se purifier,—soit en s’unissant, dans cette intention au prêtre qui, au bas de l’autel, récite le confileor,—soit en déposant ses fautes près de la sainte hostie et priant Jésus de les pardonner et de les expier pour elle pendant la sainte messe.
2. Que l'âme n'ait point d'affection au péché véniel—C'est-à-dire qu’elle évite tout péché véniel pleinement délibéré, que si elle tombe
dans ces sortes de fautes, ce ne soit ordinaire-
ment que par surprise et qu’elle travaille habituellement à éviter tout ce qui peut conduire à ces péchés (1). Tomberait-elle souvent
(1) Il faut pour la communion fréquente et quotidienne, hors le cas d’un besoin. particulier, 1. l’exemption de toute affection au péché véniel.— 2. l’exemption de tout péché véniel pleinement délibéré.—3. la tendance à la perfection, selon son état, par la fidélité aux exercices spirituels,—4. la dévotion actuelle ou plutôt l'application à l’exciter, (8. Liguori, Praxis 149). —Pour communier tous les jours, dit S. François de
Sales, il faut avoir soumis une grande partie de se8
inclinatiens perverses,
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dans des fautes vénielles, si elle s’en humilie, si elle les déplore, si elle cherche à les réparer par plus de fidélité, elle ne doit pas s'abstenir de communier à cause de ces faiblesses : Les injirmités quotidiennes, dit Fénelon, loin de nous empécher de communier tous les jours, sont, au contraire, ce qui doit précisément nous exciter à recourir à ce remède quotidien.—La sainte Eucharistie n’a pas été instituée pour des anges impeccables, mais pour des hommes pécheurs, faibles, imparfaits et elle est, nous l'avons dit, l’antidote qui purtfie des fautes journalières et qui préserve des péchés mortels. (Conc. de Tr. sess. xn1.)
IV, Une âme qui vit habituellement dans ces dispositions peut faire la communion fréquente et même quotidienne. Mais, lisonsnous dans le Directoire spirituel de la Trappe, s'il y avait une seule faute que nous ne voulussions pas habituellement éviter,—un | seul point de règle que nous négligeassions volontairement d’observer,—un seul défaut | dont nous aurions été repris et que nous ne | travaillassions pas sincèrement à corriger, ce serait assez d’une telle habitude et d’une telle | disposition pour rendre toutes nos communions tièdes et sans fruit et nous ne pourrions à que savoir gré à notre confesseur de nous en retrancher alors quelques-unes pour nous mieux disposer à les faire toutes saintement.
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âmes les plus saintes peuvent s’y laisser entraîner; aussi se confessent-elles et communient-elles pour cela, an des effets de la communion étant de servir de remède au péché véniel lorsqu'on veut réellement en guérir.
Mais ce qui est tout antrement dangereux que ces actes de fragilité vénielles, c’est l'affection, la disposition au péché véniel et le peu de cas qu'on en fait, car cet acte n'indique pas seulement une faiblesse de nature mais un véritable dérèglement de la volonté. (1)
Un religieux qui se montrerait pe’ occupé de son avancement spirituel.—peu
(1) C’est une erreur, dit S. Liguori, d'après Benoît XIV, d'accorder ls communion fréquente à ceux qui ont des fautes vénielles auxquelles ils conservent de l'affection et dont ils ne veulent pas se corriger. Cependant il convient de la permettre aux personnes qui, sans cette communion, seraient en danger de tomber das des péchés mortels (Praxis 149).
La communion fréquente et même quotidienne, dit S. Thomas, est une chose excellente et très utile en elle-même ; mais quant à ceux qui ont à la recevoir, elle ne convient pas indistinctement à tous ceux qui sont en état de grâce (condition de rigueur) mais seulement à ceux qui sont convenablement disposés.— Recevez chaque jour la sainte communion, dit S. Augustin, afin que chaque jour elle vous soutienne ; mais vivez de manière à mériter de la recevoir chaque jour, —J’aurais beaucoup de peine, dit 8. Liguori, à permettre la communion Begins à une personne qui refuserait de se corriger de certain défaut qui bien qu'il ne fût pas évidemment un péché véniel, serait certainement contraire à la s'agissait d'un manque d'humilité où d’obéissance,
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exact à faire son oraison et son examen,— irrégulier par négligence,—ne se corrigeant pâs,—ne se comnaissant pas,—ne voulant pas même se connaître ni prendre la peine de se surveiller, — un tel religieux ne pourrait retirer un profit réel de toutes les communions régulières et devrait se considérer comme dans un état de péché véniel permanent, état indigne d’une âme honorée aussi souvent de la visite de son Dieu.
“ Ce qu’il y aurait alors à faire, ce serait, non pas de s'éloigner de la sainte Table, puisque la volonté de Dieu, l'édification de ses frères et son propre intérêt l'y appellent, mais de réformer au plus tôt sa conduite et ses dis positions,—de veiller sur soi-même et de prier, afin de s’en rendre digne et d'en approcher saintement. ”