PREMIER SCRUPULEUX
Le meilleur des pères! Il faut l'avouer ; mais il faut aussi convenir qu'il est en même ! temps notre juge, et un juge formidable ; un juge pénétrant à qui rien n'échappe ; un juge, sévère qui punit tout; un juge vigilant dont les yeux sont toujours ouverts sur nous, un!
juge infiniment saint, qui ne saurait souffrir a moindre tache, la plus légère imperfection. Ah! que sz justice me cause d’effroil J'en tends continuellement gronder son tonnerre.
Partout cette justice me poursuit, me menace, | rae presse avet tant ue violence, que je n'ai Il| pasle temps de respirer, ;. : : |
DO Qi
; rs ne ‘0: Le Directeur, | À LE 104 Votre trouble ne viendrait-i] Point des reà prière proches de la COnsCience, qui se sent coupa- | empôte, e d'anciennes fautes que Vous n’auriez pas Surtout eu le courage de déclarer ? | s f L tr Le même Scrupuleux, | ri Non, mon Père. Je ne Crois pas avoir ja .\ le meil Æ mais rien caché volontairement : Parce que | ès mes Plus tendres années, je me suis toujours senti la plus grande horreur du cacri.
ège.
Le Directeur.
Preuve sensible de la bon t6 de Dieu à vot e gard. Je soupçonne la Mélancolie d’être le ; rincipe de vos agitations et de VOS (erreurs *vouer ; est élle seule qui vous fait envisager le Sei. | même | &neur comme un juge inexorable. Or il n’est le ; un | Point tel durant Ja Cours de cette vie, puis muse que le monde entier est le théâtre de ga misé. | nt dont riCorde, et que tous les siècles sont témoins Jus, un! e8 merveilles qu’elle opère pour ramener à UNS ne les plus grands pécheurs. Dieu est terri- Fection. € aux méchants qui le bravent, et non | J'en. Justes qui l'ai nnerre lenace,|
je n'ai devez songer HR 1 cet esprit de
em 572
si contraire à l'esprit de Dieu, dont le roy
aume, dit S. Paul, consiste dans la paix, la joie et la justice. La lecture des livres d’une morale outrée vous serait très funeste. Regardez, avec 8. Ambroise, leurs auteurs comme des ignorants qui ne connaissent pas la faiblesse de la nature humaine. Tâchez de vous faire une occupation douce, afin d'éviter plus sûrement l’oisiveté, qui fournit à l'ennemi de vos âmes tant d'occasions d’y répandre les ténèbres, dont il est appelé le père. Je pense aussi que la solitude ne vous convient pas, et que vous ferez bien de cultiver vos connaissances, de voir surtout les personnes pieuses et spirituelles dont la conversation inspire une gaieté douce, honnête et aimable. Cest ainsi que les entretiens de sainte Thérèse remplissaient le cœur de joie et de consolations toutes célestes. Si vous savez des cantiques ou des hymnes, des psaumes et autres chants ordinaires de es ayez-y recours,
suivant l’avis de S. Paul, dans vos moments | de loisir. Les Prophètes employaient la musi-
que avec succès pour s'élever l'âme et la ren- | “À a docile aux impressions de la Divi-
‘ nité.