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VIE DE PRIÈRE

I. La vie de prière, c'est-à-dire la vie d'union avec Dieu est proprement la vie de la religieuse. Vivre de prière, c'est ne jamais cesser de penser à Dieu; c’est accomplir le précepte de Jésus-Christ: Ne cessez jamais de prier.

Si une âme a voulu se lier à Dieu par les vœux de religion, c’est qu’elle a voulu non seulement étre à Dieu comme le sont toutes les créatures, mais étre plus près de Dieu et se mettre dans la nécessité de ne jamais s’éloigner de Dieu ; elle a voulu rester unie à Dieu matériellement d’abord, portant ses livrées, s’assujettissant au travail qui lui serait imposé en son nom, restant dans une maison qui lui est consacrée, mais unie surtout par le cœur et par la volonté.

Cette union lui rend douces toutes les obligations de la vie de religieuse.

Elle aime Dieu; et ce Dieu qu’elle aime, elle ne le quitte pas même par la pensée. Dieu est celui-là seul à qui elle veut plaire, pour qui élle travaille, et pour l'amour de qui elle aime toutes les autres créatures. < ‘Ellé'combat ; mais c’est pour ne pas se sépa:

rer de son Dieu, loin duquel voudrait l’entraîner le démon ; et ce combai serait-il plus pénible, durerait-il jusqu’à la fin de sa vie, elle le soutiendra toujours avec la même fidélité.

Elle souffre ; maïs c’est avec paix et avec joie, sous le regard de son Dieu, qui lui-même lui envoie la souffrance parce qu’elle lui donne un trait de ressemblance de plus avec lui.

Elle obéit et rien ne lui est doux comme l’obéissance parce qu’elle la rapproche toujours davantage de son Dieu. Cest lui qui l’appelle, lui qui l’envoie, lui qui lui impose tel travail; l’obéissance lui permet de ne jamais se séparer de son Dieu.

IT. La vie de prière, c’est-à-dire la vie d’union avec Dieu se résume en ces mots qui du reste résument tout ce que nous avons dit dans ce livre: penser comme Jésus, — juger comme Jésus, — aimer comme Jésus, — agir comme Jésus.

Les pensées de Jésus étaient toutes à Dieu et toutes pour Dieu. Les choses extérieures ne le touchaiïent qu’autant qu’elles pouvaient le conduire à Dieu. De là cette union continuelle à Dieu dans les occupations les plus ac: tives de son ministère ; de là cette facilité de passer de l’action à la prière ou plutôt de rester dans une prière continuelle,

Les jugements de Jésus avaient toujours pour règle les jugements de Dieu, Il y avait en Lui comme un conseil où Dieu présidait tou:

jours et c’est à cette lumière divine que:s0

lrait l’enait-il plus de sa vie, même fi-

x et avec lui-même lui donne ec lui.

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es joies, la réputation, le travail.

L'amour de Jésus était tout à Dieu et avait DqUemnent pour but de procurer à son Père la gloire qui lui était due, — de réparer les injures que lui faisaient les créatures, d’accomplir en tout ses volontés et de le faire con-

naître, aimer et servir par toutes les créatures;

et pour atteindre ce but rien ne lui coûtait.

La vie de Jésus à été une vie toujours active, mais cette activité avait son principe dans l’esprit de Dieu qui l’animait. Cet esprit était l’âme de son âme comme $. Paul le dit des justes ; il parlait, il agissait, il priait, il instruisait, mais c'était l'esprit de Dieu qui instruisait, qui priait, qui agissait et qui parlait en iui : De moi-même, disait-il, je ne fais rien. Ce que je vous dis je ne le dis pas de moi-même, mais mon Père qui demeure en moi, fait lui-même les œuvres que je fais (Joan xvi, 10).

III. La vie de prière, c’est-à-dire la vie d’union avec Dieu, est parfaitement résumée dans la page suivante que nous pouvons appeler avec vérité : La journée de la religieuse.

Tout par Jésus, tout avec Jésus!

Ce n’est plus moi qui vis, c'est Jésus qui vit en moi;

Ce n’est plus moi qui agis, C’est Jésus qui agit en moi ;

Ce n’est plus moi qui aime, c’est Jésus qui aime en moi et par moi. |

| dis les choses de la vie, les souffrances,

. I faut donc que je fasse chacune de mes actions comme les aurait’faites Jésus ;

‘Il faut donc que je ne perde pas un seul instant la présence de Jésus.

Jésus est mon aide et fait de moitié avec moi tout ce que j'ai à faire ;

Il est mon modèle, et me dit tout bas comment il aurait fait ce devoir qui m'est commandé ;

Ilest mon soutien, il m’encourage et me fait supporter la fatigue et l'ennui;

Ilest ma récompense, et compte toutes les minutes du temps que je passe à faire mon devoir, pour me tenir compte de toutes ces minutes ; |

Il est mon protecteur, éloignant le démon pendant que je prie ou que je travaille, éloi. gnant les méchants ou me fortifiant contre leurs paroles, et ne permettant pas que je sois accablée.

Aussi je l’aime, Jésus!

Dans mes récréations, je pense à sa douceur, à sa bonté, à son sourire habituel. — Il ne re. .butait personne, il ne méprisait personne. I était toujours le même, rempli de complaï sance, d'affabilité, n'étant jamais las de ren: dre service, — heureux surtout alors qu’il s génait ou se fatiguait pour les autres.

Dans mes conversations, je parle quelquefoi de lui; je parle toujours 4u moins en sa pré. | sence, de manière que rien de grossier, d'in

convenant, ni même d'imprudent ne m# chappe : — Je suis heureuse lorsque je pui

e de mes porter quelqu'un à l’aimer, et, lorsque je suis s ; appelée au parloir, ma première pensée est 3; un seul celle-ci: Mon Dieu, que je vous fasse un peu aimer ! FE avec moi . Dans mes études, je pense à la bonté de Jésus instruisant ses disciples, leur expliquant pas com- lui-même ce qu’ils ne comprenaient pas, et je | ’est com- me figure que c’est lui qui me parle par les | livres que je lis, lui que j'écoute avec respect | re et me et reconnaissance. | Je l’invoque quand j'éprouve quelque diff- | outes les culté, — je me soumets quand je subis une | aire mon humiliation ou que je rencontre un obstacle ; | outes ces M —je le remercie quand j'ai un peu de succès, |

parce que c’est lui qui a ouvert mon intellie démon gence.

ille, éloi- Dans mes repas, je pense à sa tempérance, nt contre à sa sobriété, à ses mortifications ; avec quelle ue je sois bonté il servait lui-même ses apôtres, avec

quelle charité il faisait des miracles pour nourrir les pauvres ! Oh ! que je suis heureuse

jouceur, M quand je puis être là, comme partout, la ser- Ilnere.ÆS vante de mes sœurs, heureuse quand je puis

onne. ll: me priver de quelque chose pour elles ! ne complai: Dans mes prières, je me figure être près de | 4 s de ren: Jésus et je l’'entends me dire : ‘Tout ce que | 1e s qu'il se tu demañderas à mon Père en mon nom, il te

L" l’accordera ; ” — et je me recueille comme il lquefois se recueillait, et j'aime à répéter quelques-

n sa pré Ë unes des paroles qu’il disait lui-même: Mon

er, dir Père ! que votre volonté soit faite et non pas ne me la mienne ! — mon Père ! donnez-nous au- 1.

je pui jourd’hui notre pain de chaque jour ! — Mon

Père, que tous vous connaissent et vous ai.

ment 1... Et je lui recommande ma commu nauté, ma supérieure, mes sœurs, ma famille du monde, tous ceux qui m’aident à l’aimer.

Dans mon travail manuel, je pense ax actions, quelquefois toutes semblables au miennes, que faisait Jésus... 1l faisait tout « qu’on lui commandait et il le faisait parfaite ment ; il laissait son travail dès qu’on l'appe lait, puis le reprenait ou le laissait encore ; il ne se plaignait ni de la longueur de sa tâche ni de sa monotonie, ni de sa difficulté ; il mn craignait pas, — lui qui savait tout, — de dé mander à saint Joseph et à la sainte Vierge:

‘ Comment faut-il faire telle chose ? et il suk vait parfaitement les avis qu’on lui donnait

Dans mes peines, je l'appelle. et j'attends, je sais qu'il est là, et même quand il ne 1 dit rien, je n’ai pas peur, il empêchera que k mal me tourmente trop ou que l'ennui se pr longe de manière à m’accabler, que la tent tion me presse au point de me faire succot ber.. Je l’invoque... je sais qu’il viendrai temps, et, tout en pleurant quelquefois et 4 gémissant, je continue mon travail, ma priè ma vie ordinaire.

Dans les afflictions que permet la Providen® je m’approche davantage de lui, et si je nek, trouve pas à mes côtés, je vais le chercher.

Je le trouve dans les bras de la sainte Vierd qui me le donne toujours après une dizaif de chapelet dite avec piété ;— je le trouve il milieu des pauvres que je vais visiter, et di

et vous ai. eulfa j mis Que je vais j a comm. r x NSiruire : je 1 na famille 16 M ir que pplus de force de pr, à l'aimer. ISSance m'i LT pense aux réid dans la maison de Nazaraih Je le ables awx re de ses Mains, et il vient À Moi, si cu | ait tout ce … Je travaille ;— je Je trouve sur la eme | t parfait. 4 A pe Les Oro Que je vais Pire LU | ’on l’appe née ? TENd avec le‘ cal encore ; comen tion ;—je le trouve enfin Te LPS : sa tâche ag j 2100, ef alors je lui dis: Ne me quitte. [té ; il Ps! ne me Quittez pl quittez ls a d plus | Plus ! ne me quittez fl —de : ; Dans m :

lergs: 1: ON Sommeil, ; | > Vierge: ct, Je pense à | et il st rg eau repos, et je le vois dormant peus. 50 j, donnait du D tantôt dans les bras d Make A . 1) attends, tôt danse 4 118 que ]a tempête agilait, Le ilne 1 EE crèche de Bethlé di ra quel $ ai se pr

la tent

succot iendral fois et #i 1a priè#

he sus, je Vous aime | à Jésus uce ma Journée ainsi unie

)vident i je nek ercher, à Vierg dizaif ouve il

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Se 2» NN À

Le

res

lequel nous pouvons tout, soyez avec moi maintenant et toujours.

Soyez avec moi maintenant, pour me donner votre bénédiction, mais une bénédiction qui éloigne de moi le péché,qui me fortifie contre les tentations, qui me conserve dans la grâce,

ui me préserve de tout danger, et qui me

asse persévérer dans le bien.

Soyez avec moi dans mes prières, pour me À communiquer le mérite des vôtres et les k& saintes dispositions avec-lesquelles vous avez

rié, afin qu’en vous, par vous et avec vous, je sois exaucée dans mes demandes pour tout ce qui m'est utile et nécessaire.

Soyez avec moi à la sainte messe, afin de m'en appliquer le fruit pour tous mes besoins temporels et spirituels, et d’y opérer dans 1 moi le sacrifice de moi-même, pour ne faire avec vous qu’une même victime, une victime pure et sans tache.

Soyez avec moi dans mon travail et dans l'exercice de mon emploi, pour le bénir, et afin que je me conforme à la volonté divine, qui veut que je m'occupe selon l’obéissance.

Soyez avec moi dans mes délibérations, pour me donner la prudence, le discernement ; et} me faire choisir ce qui doit plus sûremeil procurer votre gloire.

Soyez avec moi dans mes repas, pour m8 faire conserver la sobriété et l'esprit de mor tification. Pi

Soyez avec moi dans mes récréalions, pot me donner une joie douce, paisible, édifian :

or

vec mof Soyez avec moi dans mes Conversations poür me faire | à le silence à Propos, et mettre

e donner 8DS ma bouche des Paroles d’é6 ification, de

tion qui bonté, de force, de consolation.

fe contre Soyez avec Moi dans mes lectures ou mes

la grâce, | études, pour me donner vos

qui me

lumières et peur c'airé et mon cœur plus fortifié.

pour me |

0ÿez avec moi dans mes Sowfrances, mes

s et les À aflictions, mes disgrâces, Pour me consoler

ous avez me donner ]a Patience et ja SOUmMission aux

2C Vous, ordres de la rovidence.

Dur tout 0yez avec moi dans la prospérité et les D succès Pour me donner Ja léConnaissance et

afin de humilité

besoins à Soyez avec moi dans toutes les Circonstances

er dans à Particulières et nai

ne fdire

victime

et dans énir, el divine, ISSANCe.

ns, pour ent ; el trement

our mp

le mt frande que je dois y de moi-même, ÊN ‘ ctme disposer à passer Säintement la journée,

1S, poit Soyez dans mon intéri

ifian ;

| : pour en régler (a

laquelle il'se relève en la bonté divine J

pour le rendre édifiant. En tout et partout, donnez-moi votre secours, pour imiter vos vertus, afin que Dieu le Père céleste soit lorifié en moi, par vous Seigneur Jésushrist.

O Jésus! qui êtes mon unique espérance, Jésus, pour qui j'ai tout quitté, venez en moi, restez en moi, vivez en moi, {

LB vw +

En finissant ces pages, qu’il nous soit permis de faire nôtre, l’Adieu si touchant que S. François de Sales adressait à ses pieux lecteurs. Nous vous l’adressons, pieuses religieuses, à qui nous demandons dès maintenant et!

après notre mort, un souvenir devant le!

S. Sacrement. | ‘ Je vous dis de tout mon cœur adieu.

À Dieusoyez-vous à jamais en cette vie mor-{

telle, le servant fidèlement au milieu des per « nes que l’on a en portant la croix à sa suite, C et en la vie immortelle, le bénissant éternelle:

ment avec toute la cour céleste. C’est le grani te bien de nos âmes d’être en Dieu, et le très « grand bien de n'être qu’à Dieu. F :

* Qui n’est qu'à Dieu ne s’attriste jamais

sinon d’avoir offensé Dieu, et sa tristesse sui l’a cela consisle en une profonde mais tranquille *

et paisible humilité et soumission, aprè

partout, ter vos ste soit Jésus-

érance, en moi,

permis . Franurs.

rieuses, | ant et. ant le!

So

ie Mor-

des peï-.

L suite!

rnelle- > grand le très

jamais se sui aquill aprè ne I

l'amour divin, l'unique bien de n

tout le gi

= bs [9 7) ® bang ® Cul = = E &

4 Dieu soyons- U& Jamais puissi Croix à la si

* Je vous Souhaï

donnés qu 8, Qui ne nous on Pr. 8 pour Celui q on$

Que Jésus soit notre couronne ! Que Marie

soit notre’miel ! Je suis, au nom du Fils et de la Mère, tout vôtre : “ FRANÇOIS DE SALES. ”

25 mars, jour de l'Annonciation de la très sainte Vierge.

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