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HUITIÈME SCRUPULEUX

Les assauts que j'ai à soutenir sontà certains égards beaucoup plus dangereux que ceux qui menacent la foi. C’est sur l’article de la chasteté que le tentateur me tourmente sans relâche. Il n’y a point de saletés dont cet esprit inmonde ne me remplisse l’imagination. Or la correspondance entre l’imagination et l’esnrit, entre l'esprit et la volonté est si étroite, si intime, qu’il m'est impossible de discerner ce qui les distingue ; en sorte que je crains toujours d’avoir consenti à ce que

M: j'ai senti si vivement, si fortement, si persé-

véramment...Cruslle incertitude de mon état

devant Dieu, que tu me rends la vie amère!

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Je conclus, moi, de votre incertitude, avec assurance, que vous n'avez donné aucun vé.

ritable consentement aux illusions qui vous obsèdent, et parce que le consentement sup.

pose un plein acquiescement de l’âme, une dé. termination absolue de la volonté, après lesquels il ne reste aucun doute; et parce qu'a. vec une conscience aussi délicate, aussi tendre, aussi timorée, aussi inquiète que vous paraissez l’avoir, on ne doit point croire avoir consenti librement à une mauvaise pensée, qu'on ne soit prêt à lattester par sermunt, Ainsi l’ont décidé les maîtres de la vie spirituelle ; et je suis convaincu que quiconque serait témoin des efforts que vous faites pour repousser les attaques de la concupiscence, jugerait comme moi de l’état de votreâme.

Ces gémissements, ces serrements de cœur, les contorsions (passez-moi le terme), les mouvements convulsifs qu’on remarque dans la plupart des scrupuleux de votre espèce, annoncent-ils un objet séduisant qui les charme, ou auquel ils s’attachent avec quelque complaisance ? Témoigne-t-on tant d'horreur pour ce qu’on aime ?

Le même Scrupuleux.

Ah! ne vous fiez pas à ces dehors trompeurs... ‘Il n’est que trop vrai que nous sommes presque toujours d'intelligence avec Pen:

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nemi perfide de l'innocence et de la pudeur.

C’est un sergent caché sous des fleurs ; et il y a dans noùs un si grand faible, un penchant si dangereux pour tout ce qui flatte la nature corrompue, qu'il semble qu'on ne triomphe qu'à demi de la séduction, et que la victoire même reste douteuse. Cette indécision n'’a-telle donc pas de quoi nous faire trembler ?

Le Directeur,

Dites plutôt, de quoi zous humilier. Nous serions trop fiers 81 nous sortions du combat avec un témoignage intime trop avantageux.

Peu à peu ce témoignage nous inspirerait de la confiance en nous-mêmes. Nous nous reposerions sur notre vertu. L'expérience du passé deviendrait notre garant pour l'avenir, et cette |. vaine suffisance nous perdrait dès la première IF | occasion. Il faut, il faut que nos victoires | mêmes nous laissent toujours le sentiment de notre faiblesse et la crainte du danger. La paix nous est utile; maïs la sécurité nous nuirait, C’est pourquoi Dieu, qui sait ce qui | | nous convient, veut nous mener à la gloire | par la voie de l'humilité. Ne soyons donc pas surpris que la nature se fasse plus sentir en nous que la grâce. L’Apôtre même de la

râce n’a-t-il pas eu besoin de sentir cette loi es membres qui le rendait si petit à ses ropres yeux, malgré la grandeur & ses révéations ? Il suffit que la ri domine dans la région supérieure de l'âme. Ce qui se passe

dans sa région inférieure nous avertit d'être toujours sur nos gardes, et de mettre en Dieu ten tout notre espoir. Les plus grands saints n’ont point été exempts de nos tentations et de nos misères ; mais ils ont su tourner au profit de leur humilité ce qu’ils avaient à souffrir du malheur de Jeur origine. Apprenons d’eux à nous bien mépriser, et nos scrupules tomberont avec noire orgueil.

Sans doute nous n’avons pas répondu à toutes les objections des scrupuleux et nous ne chercherons pas à leur répondre en prolongeant ces entretiens qui pourraient être interminables. Nous conclurons par ce simple avis qui à ramené la paix dans l’âme de tous ceux qui ont voulu s’y conformer : Dites posément et humblement votre chapelet demandant à Marie de vous rendre bien soumis. —La prière à la sainte Vierge, prière humble, confante,

constante, est. un remède infaillible contre tous les genres de scrupules, contre toutes les peines, contre toutes les tentations.

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