‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 206 sur 222 · SEPTIÈME SCRUPULEUX · texte numérisé non relu

SEPTIÈME SCRUPULEUX

Je suis comme un réprouvé qüe lenfer poursuit partout... Les pensées les plus | impies, les: plus abotinables contre! Dieu, |

" contre l'humanité. adorable de Jésus-Christ, | m'obeèdent ei fort à l’office, au sermon st à la messe, que Jai tout lieu de craindre que le

Seigneur ne m'ait abandonné en pünitionu de ma mauvaise vie. Plus je m'efforce de com.

battre ces blasphèmes, plus ils se vent d'une manière ' affreuse dans mon âme. I] semble même que je ne puis alors calmer la violence et l’excès du trouble qui m'agite, | Reel a ça eq des paroles injurieuses à la sainteté de nos plus redoutables mystères. Et se pourrait-il faire que je n’eusse pas consenti | à toutes ces horreurs ? Si j'en juge par l'imression du désespoir que déjà je sens au ond de mon cœur, je ne suis, hélas ! que trop coupable.

Le Directeur.

Vous ne l’êtes point du tout ; rassurez-vous, et écoutez un principe clair, solide et précis, d’après lequel il ne tiendra qu’à vous de juger mieux de vous-même. Non, Dieu ne vous imputera point ces extravagances qui se passent dans l’imagination et non dans 1a volonté. La marque sûre que la volonté n'y :

a aucune part, c’est la peine et le chagrin que vous en ressentez, c’est la frayeur et la cons. ternation que vous cause le soupçon même | d’y avoir adhéré. Si votre cœur s’était ouvert aux malheureuses suggestions de lenfer, le démon y régnerait en paix. La violence qu'il vous fait prouve qu'il my est pas entré. } Voyez ces légions d'impies dont la société est infectée : souffrent-ils Ges blasphèmes qu'ils ont sans césse à là bouché’et dans l'âmie ? Il

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faut pourtant prendre garde de combattre avec trop de contention d'esprit ces sortes de pensées, qui se multiplient ou se renouvellent par la réflexion, au lieu que le seul mépris qu’on en fait en efface jusqu’à la moindre trace. J'ajoute enfin pour votre consolation que les monstres les plus hideux que puisse engendrer le noir abime, bien loin de faire tor, à votre âme et de souiller votre conscience, serviront au contraire à la purifier de plus .en plus, et à augmenter le fonds de vos mérites, en mettant votre courage et toutes vos vertus à une si rude épreuve et en vous portant à plus de confiance en Dieu.

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