QUALITÉS DE L'OBÉISSANCE
L’obéissance religieuse, dans son sens le plus étendu et le plus complet, étant l’union de la volonté d'une religieuse à la volonté de sa supérieure qui, pour elle, remplace Jésus- Christ, cette obéissance n’est que la conséquence du dévouement, de la dépendance et du renoncement qui constituent l'esprit reli. gieux dont nous venons de parler ; et les qualités que nous allons indiquer ne sont que la mise en action de ce dévouement, de cette dépendance et de ce renoncement.
Il y a, sans doute, une obéissance stricte, nous le verrons, qui suflirait à la religieuse voulant s’en tenir à l'observation de son vœu ; mais, ditS. Bernard, ce n’est qu’une obéissance imparfaite. * L'obéïssance parfaite ne connaît pas de loi, ajoute le S. Docteur, et ne s’enferme pas dans des limites ; mal à l’aise dans les entraves de sa profession, elle se dilate par une volonté meilleure et gagne le large de la charité. La règle de S. Benoît dit : que le religieuæ se soumelle à son supérieur en toute obéissance ; en toute obéissance n'est-ce pas nous dire, qu’en obéissant, il ne faut pas s’en tenir à sa profession,—ne pas se contenter de payer sa dette,—ne pas marchander sur son engagement, mais franchir gaiement son vœu et obéir en toutes choses ? ”
La religieuse qui a l'esprit de son état, l'esprit
religieux, ne trouvera dans cet exposé des quahités de l’obéissance que l’exposé de ce qu'elle fait et de ce que sa conscience lui dit de faire. L —Celle qui y verrai: de l’exagération ou de la minutie laisserait penser que Jésus-Christ ne règne pas dans son âme.
L'énoncé de ces qualités vous aidera à comprendre les illusions sur l’obéissance.
L’obéissance religieuse doit être :