‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 33 sur 222 · SOURCE DES ILLUSIONS SUR L’OBÉISSANCE · texte numérisé non relu

SOURCE DES ILLUSIONS SUR L’OBÉISSANCE

La source de toutes les illusions qui nous montrent l’obéissance sous un point de vue entièrement faux, c’est l'orgueil,—lorgueil, qui engendre la présomption, l’arrogance, la révolte. ne

1. L'orgueil engendre la présomption, cette de opinion de soi-même tellement avantageuse !

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qu'elle nous porte à préférer notre jugement à celui de tous, même de nos supérieurs, nous persuadant facilement qu'ils nous sont inférieurs en talents, en sagesse, en expérience. Comment avec ces pensées aimer et pratiquer l’obéissance ? La religieuse présomptueuse s'imagine qu'elle en sait plus que ses supérieurs et elle blâme les ordres qui lui sont donnés ; elle censure les défenses qui lui sont faites ; elle ne se gêne pas pour dire à ses compagnes que la supérieure aurait mieux fait d'agir autrement, que si on l’avait consultée elle aurait conseillé d’autres mesures plus utiles et plus convenables aux temps, aux lieux, aux circonstances.—De ces paroles à /a désobéissance il n’ÿ a qu’un pas. Comment obéir promptement, aveuglement, joyeusement à un ordre qu’on voit irrationnel, importun et dont on pèse à loisir tous les inconvénients ?

2. L’orgueil engendre l'arrogance, ce sentiment né de la présomption, qui se produit au dehors par des paroles blessantes et par un air de mépris.—C'est cet air de mépris qui se montre le premier, il s’étale, il affecte de se montrer ; puis viennent des paroles dites d’abord en petit comité ; et là, on se fait un mérite de savoir résister. — La supérieure avertie veut-elle arrêter le mal, c’est à elle que l’arrogance répond ; elle est féconde en paroles mordantes et elle se retire glorieuse de ce qu'elle appelle une leçon donnée—Oh 1 que de mal dans cette pauvre âme aveuglée |

t 3. L'orgueil engendre la révolte.—La révolte ! est rare dans les communautés, elle a lieu ! t quelquefois cependant, et elle est bien triste : . | et ses suites sont bien funestes.— Quand la r résistance à un ordre ne se passe qu'entre la € supérieure et la sœur qui refuse d’obéir, les 6- conséquences sont moins désastreuses, il peut at n’y avoir qu’un oubli momentané et un simple [ at accès d'orgueil; mais quand elle a eu lieu es publiquement et que la supérieure a dû punir, 1X cette révolte peut devenir le commencement n- de ruines irréparables. Alors,presque toujours, es deux partis se forment ; l’un, et c’est le plus ux grand, se prononce en faveur de l'autorité, la l’autre prend la défense de la coupable ; et ïl | nt y a des murmures, des accusations d’injustice, { se- de trop grande sévérité. heureux quand ce oT- mouvement de révolte s’apaise vite. [l peut é- quelquefois faire disparaitre l'esprit religieux d’unecommunauté pendant de longues années. f ti Une autre source d'illusions sur l’obéissance au est le peu de réflexions sur l'obligation que

nous impose le vœu d’obéissance et sur les consolations, la joie, la paix que procure la pratique de ce væœu.— Nous en parlerons au chapitre cinquième,

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