‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 34 sur 222 · NATURE DES ILLUSIONS SUR L'OBÉISSANCE · texte numérisé non relu

NATURE DES ILLUSIONS SUR L'OBÉISSANCE

PREMIÈRE ILLUSION

L'objet de l'obéissance n'est pas parfaitement défini.

L'objet äe l’obéissance est, en général, tout ce qui est commandé par le supérieur, soit verbalement, soit par une loi fixe et déterminée ; —-mais, pour la parfaite intelligence de ce principe, il faut distinguer, avec les théologiens, plusieurs sortes de commandements :

Les uns qui seraient contre la règle,

Les autres qui seraient au-dessus de la règle,

Les autres qui sont selon la règle,

Les autres enfin qui seraient au-dessous de la règle.

JL Un commandement contre la règle et qui ordonnerait des choses expressément défendues par la règle serait nul et inique ; tel par exemple celui d’un supérieur ordonnant à un chartreux de faire gras.—Le pouvoir du supérieur lui est donné pour l'édification et non pour la destruction ; et comme, dans ce cas, il abuserait évidemment de son autorité, les inférieurs loin d’être obligés de lui obéir, doivent lui résister.—Mais ces cas sont rares et presque chimériques.

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IT. Un commandement au-dessus de la règle, prescrivant par exemple des austérités plus grandes que celles de la règle, comme de ne point porter de linge de corps, de se lever à minuit, de s'abstenir de vin ou de chair, dans les ordres où ces rigueurs ne sont point dans la règle,—est injuste, déraisonnable et n'oblige point en conscience, — à moins qu'il ne fût imposé à une religieuse en particulier pour la punir de quelque faute grave. Que l'ordre ou la défense, dit S. Bernard, n’aille jamais au delà des bornes de la profession, et que le supérieur se contente d’exciler et non de forcer au plus parfait.

IL Un commandement selon la règle oblige en conscience ; si un supérieur, en effet, a le droit de se faire obéir, c’est bien dans le cas où son commandement est jiste et raisonnable ; or qu'y a-t-il de plus juste et de plus raisonnable que ce qui est ordonné conformé:-

ment à la règle et aux constilutions,—ce qui y.

est compris implicitement ou explicitement, — ce qui est nécessaire ou expédient pour le bon ordre de la maison, pour y conserver la régula: rilé et maintenir l'esprit de l'institut ? Tout cela, disent les théologiens, est renfermé dans la règle, —tout cela est de la règle, —tout cela est selon la règle.

Aïnsi un supérieur a le droit de punir les coupables, — d'interdire un jeu dissipant,— d'ordonner des prières pour des besoins pressants,—d’obliger ces inférieurs, au péril même de leur vie, de servir les malades du monas-

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