‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 36 sur 222 · ES LS · texte numérisé non relu

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religieux, dit S. Bernard, qui méprise les crdonnances même petites, est une faute considérable et change en un crime notable de désobéissance, une transgression qui, de sa nature, ne serait qu'une imperfection légère. (1)

3. Quand il y a une désobéissance volontaire et habituelle à tous les commandements d’un supérieur, alors même que chaque commandement n’ohligerait que véniellement.

En effet, la disposition d’une âme qui, de propos délibéré, néglige constamment et en toute occasion l’obéissance, est très criminelle ; elle suppose un mépris formel de l’autorité et est d’ailleurs contraire, non pas seulement à la perfection, mais au désir de la perfection et à l’essence de l’état religieux.— Il est difficile, dit Suarez, que le mépris formel ne se rencontre pas dans celui qui est résolu de ne jamais observer la règle.

DEUXIÈME ILLUSION

La règle n’oblige pas sous peine de péché.

On peut facilement abuser de cette parole, vraie er elle-même. Expliquons-la avec soin.

(1) D'après 8. Liguori, le religieux désobéissant à son supérieur, se rerd coupable d’une double faute : L'une çonir la religion, à cause du vœu; l’autre contre ia vertus d'obéissance qui lui fait un devoir d'obtempérer aux ordres do celui qui a le droit de lui commander — Ce droit, il l'a donné au supérieur au jour de sa profession. FAN TRRE ES

La règle, en elle-même, n’est pas de conseil, mais de précepte, et son observation n’est pas

une œuvre de surérogation mais d'obligation ;

elle est une loi véritable émanée d’une auto-

rité légitime et a toujours été regardée comme

l'objet de l’obéissance religieuse.

Le concile de Trente ordonne que toutes les personnes religieuses, tant hommes que femmes, aient à conformer leur vie aux ordonnances de la règle dont elles ont fait profession (sess. 25,1.) Sainte Thérèse, exhortant ses religieuses à garder leurs règles et leurs constitutions, s'exprime ainsi: Je ne vous impose rien de nouveau, mes filles, je vous demande seulement d'observer les choses à quoi votre vocation et votre profession vous obligent. (Ghemin de la perfection, ch. 4.)

II. LA règle oblige, mais en quoi consiste cette obligation ? Toute transgression de la règle est-elle un péché et quelle sorte de péché?

Nous avons déjà traité ces questions dans la première partie de ce livre. (Chap. IT, conclusions pratiques 2.) — Nous résumerons ici ce que nous avons dit, et nous le compléterons, en montrant les graves inconvénients de la transgression des règles.

1. La totalité des règles n’oblige pas sous peine de péché : et une novice qui, lors de sa profession, s’engagerait sous peine de péché à ‘observer la totalité de ses règles, dépasserait ‘les limites assignées par l'Église au vœu d’obéissance, et 1! y aurait lieu de blâämer sa

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2. La règle oblige, sous peine de péché, dans les choses qu’elle commande rigoureusement, comme ce qui concerne les vœux, la clôture, — dans leschoses qui forment es statuts de l’ordre, c’est-à-dire /a base de la communauté, son but, son régime général, ce sans quoi elle ne serait pas la communauté qu’elle est. (1)}—La transgression de la règle sur ces articles est péché mortel ou véniel, selon la gravité ou la légèreté de la matière, selon l'intention qu'on a eue en désobéissant, selon les suites plus ou moins graves qui résultent de cette transgression.

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