La règle n’oblige pas sous peine de péché
(1) Chaque communauté possède des sialuls ou une règle proprement dile qui indiquent la forme spéciale de cette communauté et la manière dont elle doit se gouverner et se recruter.—Indépendlamment de cette règle, ia communauté conserve le droit de se faire des règles secondaires ou conslilulions qui expliquent ce qui est nécessaire, utile ou convenable pour la parfaite observation de la règle. ‘ Ainsi, dit S. François de Sales, Za règle commande qu’on vaque soigneusement à la prière, et les conslilulions particularisent le temps, la quantité et le genre de prières qu'il faut faire. de là vient, ajoute-t-il, que la règle étant le fondement de la vie religieuse doit être approuvée par l'autorité de l'Eglise catholique ou par décret apostokque ; mais les constilulions, ne contenant que les moyens et la méthode d'observer ce que /a règle prescrit, n’ont besoin d’être confirmées que par l'autorité des supérieurs ordinaires ou par les chapitres des congrégations.”—Ce sont ces règles secondaires ou constilulions
qui, par elles-mêmes, n’obligent pas sous peine de | péché.—Nous avons parlé ailleurs des règles Spprou- D À : vées à Rome et des règles non encore approuvées *"
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dans les cas où le législateur n’a pas voulu
obliger ainsi, et pour lesqueis il n’a pas fait
un précepte rigoureux, à moins d’une #ntention plus ou moins coupable dans la personne qui transgresse la règle.—C'est ainsi que les règles disciplinaires, celles qui établissent l’ordre et la vie journalière de la communauté dans une maison, n’obligent pas par elles-mêmes sous peine de péché ; mais il y a obligation de subir la pénitence imposée par ie supérieur pour une transgression most she n’est pas à cause de son vœu d’obéissance, que la religieuse est tenue ordinairement d'observer la règle ; ordinairement, en effet, les religieux ne font pas vœu d'observer, mais seulement d’obéir selon la règle. Ils ne sont donc tenus de l’observer sous peine de péché, qu'autant que les supérieurs ont eu l'intention de Les obliger de cette manière.— Si la règle garde le silence sur la nature de l'obligation qui peut résulter de la violation de tel ou tel article, il est généralement reçu que cette obligation est la matière de la vertu d’obéissance, mais ne tombe pas sous le vœu.
4. Si toute règle n’oblige pas, par elle-même, sous peine de péché, ilest rare qu'on re pèche pas en violant volontairement un point de la règle.
C’est un péché que le mépris de ce point de règle et ce péché peut devenir grave ;— c'est un péché, qu’un acte de sensualité, de curiosité, de volonté propre qui nous fait omettre, sans
autre raison, un paint de règle ;—c'est un
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péché, qu’une négligence qui nous fait omettre un acte commandé, pour un acte qui n'est bon ni en lui-même, n1 dans sa fin, ni dans ses circonstances. Oserait-on dire qu’une religieuse qui rompt le silence sans sujet, — qui, sans besoin, resie dans sa cellule, lorsque la règle loblige d'aller au chœur,-qui ne quitte pas le parloir quand la cloche l'appelle à un exercice, oserait-on dire que cette religieuse fait une action ou une omission bonne en elle-
inême, bonne dans sa fin, bonne dans ses circons-
tances et qui puisse se rapporter à Dieu? On regarde comme coupable la résistance volontaire à une inspiration divine qui nous porte à faire un bien qui d’ailleurs n’est pas commandé ; les personnes qui ont la conscience délicate s’en accusent comme d’une faute; mais une religieuse ne résiste-t-elle pas à l’inspiration divine quand, sachant que la règle lui prescrit une œuvre bien déterminée, elle l’omet, n'ayant aucun motif raisonnable pour s’en dispenser ?— Le péché, en lui-même, n'est pas grave, mais une religieuse ne doit-elle éviter que les péchés graves ?
C'est un péché que le scandale que donne ordinairement une religieuse, violant devant ses sœurs un point de règle, quand on sait qu’elle n’a pas de raison pour le violer ; et ce scandale, s’il est multiplié, peut amener un grand relâchement dans la discipline et dans le bon ordre.—Le religieux, dit Sanchez, est tenu sous peine de péché grave de ne pas nuire
4 d’une manière. oué
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rable, entraînant au relâchement par ses mauvais exemples : ce qui aurait lieu s rompait le silence à tout propos, s'il laissait de côté la prière, s’il avait des allures peu modestes,
s'il entrait habituellement dans la cellule de ses
frères, ou transgressait d’autres points de rè;, le de même genre.
5. Quand même la religieuse ne pécherait point en violant sa règle,—- quand elle ne scandaliserait point ses sœurs, elle se priverait de beaucoup de grâces. Nous le verrons en parlant de la nature de l’obéissance, il y a des grâces abondantes attachées à la pratique de la règle ; c’est une vérité enseignée par tous les docteurs, qui assurent que comme la force de Samson était dans ses cheveux, si peu de chose par eux-mêmes,—qu'il fut invincible tant qu'il les conserva et qu’il devint faible et le jouet de ses ennemis quand il les perdit ;— de même une religieuse est fervente, forte, intérieure, inébranlable dans le bien tant welle garde ses règles, et elle devient tiède,
issipée, lâche, en proie au démon dès qu’elle les abandonne. (1) 6. Mais enfin la transgression de la règle
(1) ‘ Quant aux violations de la règle qui ne se font point ni par désobéissance, ni par mépris, si elles se font par nonchalance,infirmité, tentation ou négligence, ‘On pourra s’en confesser comme de péchés véniels, ou bien comme de choses où 17 peut y avoir péché véniel ; car bien qu'il n’y ait aucune sorte de péché, en vertu de l’obligation de la règle, il y en peut néanmoins avoir à raison de la négligence, nonchalance, précipitation; ou autres tels défauts, puisqu'il y arrive
peut-elle être un péché qui damhe? Non sans doute, à moins qu'il ne s'agisse d’une transgression grave des vaux ou d’un précepte essentiel à la religion, comme nous l'avons dit, ou d’une habitude qui éloigne sciemment de la perfection ; mais cette transgression rend indigne des grâces attachées à la fidélité à la règle, et ces grâces venant à manquer parce qu’on n’a pas voulu les recevoir et qu’on s’en est privé volontairement, on tombe dans /e relächement, dans la tiédeur, dans la dissipation, dans la paresse et de là à un oubli total de ses devoirs, il n'y a qu'un pas.