RER ARE
| | d'autrui, —si juger les autres sans en avoir | reçu de Dieu l’autorité, c’est usurper la sou- | veraineté divine,—si la charité exige que nous | ne pensions mal de personne,—c’est se préparer, C au tribunal de Dieu, une sentence bien rigou- Î reuse que de juger témérairement, impitoyable- t ment, et souvent faussement une personne C établie par Dieu. lui-même pour nous juger P | nous-mêmes, et de qui il a dit, celui qui le q | blesse, me blesse à la prunelle de l'œil. | \ k Mais répondez vous-même à ces questions à L du simple bon sens : SI (l Votre supérieure est-elle confiée à vos soins? Sé (l Êtes-vous chargée de la diriger ? — Avez- Îe | vous reçu quelque autorité sur elle ?—Devez- d | j vous, devant Dieu, au dernier jour, répondre Ce al d'elle dme pour dme comme elle doit répondre JU [48 de vous ?—Que vous importe denc son ex- ur {| térieur plus ou moins gracieux, sa parole plus À 4 | ou moins douce, son humeur plus ou moins | de | aimabie ?— Quand un messager vous porte T6 les ordres de votre père, examinez-vous, pour ( Lil vous en moquer, si ce messager est grand ou ne 1h: petit, s’il parle avec facilité, s’il a un esprit de f supérieur ? — Et votre supérieure n’est-elle FA | pas la. messagère de Dieu, vous iransmettant péc ses volontés ? fese :: 2. L'illusion nous porte à exagérer les impes.. mêr
fections et les fautes que la supérieure peut
commettre, en grossissant, à nos regards préve: nus, ses défauts corporels ou intellectuels.
Si votre supérieure a des défauts, si elle tombe dans certaines fautes d'impatience, de colère même, ne devez-vous pas l’excuser avec AS de charité qu’une autre ? Elle est encom-
rée de tant de travail, elle est exposée à tant
d'occasions, elle est distraite par tant d’af faires, elle est tiraillée à toutes les heures par tant de personnes,—elle est en butte à tant de contradicteurs,—elle a tant d’ennuis qu’il est presque impossible, serait-elle une sainte, qu’elle ne tombe pas dans quelque faute.— Vous êtes donc injuste de n’avoir aucun égard à sa position ; injuste et méchante de la censurer sans pitié, parce que si vous occupiez sa place, que de fautes bien plus graves ne feriez-vous pas ?—Vous souvient-il de ce mot d’un empereur romain, de Constantin, qui, certes vous valait bien en bon sens et en jugement : Si je voyaisun prêtre commettre une faute, je le couvrirais de mon manteau royal, afin que personne ne connüt cette faute— Ne devriez-vous pas agir ainsi avec votre supérieure ? (1)
(1) Les jugements léméraires contre la supérieure ne sont pas proprement contre l'obéissance ; ils sont de même nature que les autres jugements téméraires mais plus grands à cause de la qualité de supérieure ; cette qualité ne change pas cependant l’espèce de péché et il n’y a pas obligation de le spécifier en confession, quoiqu'il soit bon de le faire.— Il en est de Nom des murmures sur les imperfections de la supé:
nd UD LU tre
Et d’ailleurs les défauts personnels des supérieurs, quelque réels qu'ils puissent être, n’empèchent pas qu’ils ne nous tiennent la place de Dieu. Quand Dieu a voulu nous soumettre aux hommes, ne savait-il pas qu'ils avaient des défauts ? A:t-il pu nous autoriser à séparer, au préjudice de l'obéissance, {a personne et ses qualités d'avec la place et le caractère ? N’at-il pas diten parlant des Scribes : Ne faites pas ce qu'ils font, mais faites ce qu'ils vous disent ? Et saint Pierre ne recommande-t-il pas d’obéir à ses maîtres, non seulement bons et modérés, mais aux plus difficiles ?
Rappelez-vous la punition de Coré, Dathan et Abiron ; ils avaient murmuré contre Moïse, le chef du peuple. Rappelez-vous la malédiction jetée sur Cham, malédiction qui pèse encore sur sa race ; ils s'étaient moqués de leur père.
Encore une considération importante: les défauts des supérieurs entrent dans les desseins de Dieu ; il a voulu par là donner du mérite à notre foi et à notre patience. Quel mérite y aurait-il donc à obéir, si ceux qui nous commändent étaient foujours bons, loujours aimables, toujours saints ? On lomberait dans une espèce d’idolâtrie, dit S. Augustin, on les aimerait trop et pour rendre notre obéissance surnaturelle et méritoire, il aous faudrait des efforts que nous serions souvent impuissants à faire.—La conduite de Dieu à l'égard de l’obéissance est la même que pour les
In
z D W met ee DU U & @ D D ES A
autres vertus ; c'est sous les voiies trompeurs du pain, qu'il veut être adoré dans l’Eucharistie : c’est sous les haillons du pauvre, qu'il veut être servi ; c’est dans la personne d’un ennemi, qu'il veut être aimé; c’est aussi dans la personne d'une supérieure qui ne m'est pas sympathique et qui ne m'inspire pas de confiance, qu'il veut être obéi.
3. L'illusion nous porte à dissimuler les vertus de notre supérieure; elle nous les rend suspectes par mille raisons que l'orgueil, l'envie, la jalousie nous suggèrent.
Vous suspectez ses vertus ; vous interpré-
tez ses intentions dans tel changement qu’elle
fait, dans tel ordre qu’elle donne ; vous blämez sa conduite envers telle sœur ;—mais ses intentions.les connaissez-vous? Est-elleobligée de vous rendre compte des motifs qui la font agir? Pourrait-elle quelquefois, sans man-
uer à la discrétion et à la prenons vous
ire pourquoi elle ôte cet emploi à telle sœur ; ou même, sans vous faire rougir, dire publiquement pourquoi elle vous impose tel office qui vous humilie ? Soyez donc plus chrétienne et plus humble.
4. L'illusion nous montre que c’est la brique et le parti ou d'autres vues humaines qui ont fait élire notre supérieure.
. Peut-être seriez-vous embarrassée pour prouver cette assertion et pour vous innocenter, vous, de tout esprit de parti ;— mais supposons vrai ce que vous dites ; qu'importe à Votre salut? Celà regarde uniquement votre
supérieure, et non pas vous. Mélez-vous d'être une bonne religieuse, régulière, obéissante, charitable ; regardez votre supérieure comme le canal par lequel Dieu vous transmet ses ordres ; ne vous occupez ni de ses qualités, ni de la manière donte 3 a été élue ; il vous suffit que l'autorité ecclésiastique ait approuvé son élection. Quand vous paraîtrez devant Dieu, Dieu ne vous demandera pas compte de ce qu'ont fait vos sœurs au moment des élections, mais de ce que vous aurez fait vousmême et des vertu: que vous aurez pratiquées sous cette supérieure que vous n'avez pas nommée,
Voici quelques règles pratiques, qui faciliteront l’accomplissement toujours un peu pénible du devoir de l’obéissance.
1. Evitez les familiarités et les entretiens avec celles de vos sœurs qui sont naturellement portées à être mécontentes; caractères imélancoliques, elles aiment à se plaindre:
censeurs mordants, elles se plaisent à critiquer tout ce qui émane de l'autorité ; esprits adroits, elles s’insinuent facilement dans l'esprit des autres et, dans peu de temps, vous dev'endriez comme elles.
2. Imaginez-vous qüuéiqüefcis que vous êtes supérieure vous-même ; mais ne séparez point les contradictions et les peines de ce que votre imagination vous montre honorable et avantageux.—On dit que pour bien commander il faut avoir su longtemps obéir; on pourrait dire, avec: autant et plus de vérité, que pour
bien obéir, #1 serait utile, du moins aux gens raisonnables, d’avoir eu quelque temps la charge de supérieur.
3, Accoutumez-vous à obéir, autour de vous, à toutes vos sœurs ; et cela, sans ostentation, uniquement par esprit d’humilité. Comme c'est ordinairement notre orgueil et notre mauvaise humeur qui causent nos révoltes, l'habitude de vous dompter vous rendra plus facile l’obéissance aux supérieurs: Suivez la volonté d'autrui, plutôt que la vôtre, dit l’Imitation ; chotsissez toujours d’être sous la dépendance plutôt que de commander, ajoute ce livre si pratique, c'est le moyen de vivre en paix avec tout le monde.—Hors ce qui offense Dieu, soyez toujours complaisante, toujours prête à céder et à faire ce que l'on souhaite de votre affection.
Résumons ces pages, sur l’obéissance et le respect aux supérieurs par les réflexions suivantes, cinpru tées à l’Instruction des Novices.
Une fois admis ce principe, que les supérieurs tiennent la place de Dieu, il suit que si les inférieurs leur manquent de respect et d’obéissance, Dieu regarde ce manquement comme une injure faite à sa personne. Aussi, Jésus-Christ, après avoir dit des Apôtres et des supérieurs : Qui vous écoute m'écoute, ajoute Comme conséquence : Qui vous méprise me méprise (Luc x, 16). Et saint Paul, après avoir rappelé qu’il faut être soumis aux puis-. sances supérieures, parce que touce autorité vient de Dieu, ajoute: Quiconque résiste à l&
d'impressiqnners. 4.
| — 106 — puissance, résiste à l'ordre de Dieu (Rom: xrir, 2).
Les châtiments extraordinaires dont Dieu a souvent puni ceux qui manquaient de respect et d’obéissance aux supérieurs font voir clairement qu’il regarde ce manquement comme fait à lui-même.
Pour avoir murmuré contre la conduite de Moïse, Marie, sa sœur, fut frappée d’une lèpre horrible et demeura sept jours hors du camp, séparée des enfants de Dieu.— Le peuple
. d'Israël, ayant murmuré contre Moïse au
retour des envoyés dans la terre promise, les premiers auteurs du murmure furent frappés de mert en présence du Seigneur et le reste du peuple fut condamné à rester 40 ans dans le désert.—Coré, Dathan et Abiron s'étant plaints de Moïse et d'Aaron, comme prenant trop d'autorité dans le gouvernement. virent la terre s’ouvrir sous leurs pieds et ils furent engloutis vivants avec leurs tentes et leurs richesses.—Une autre fois, les enfants d'Israël ayant murmuré contre Moïse, à cause de leurs souffrances dans le désert, Dieu envoya des serpents qui en tuèrent un grand nombre.
e que Moïse pouvait dire à tout le peuple, nous vous le disons, religieuses qui vous laissez si facilement aller à blâmer et à critiquer vos supérieures: Sachez que votre murmure n'est pas contre nous, mais contre le Seigneur. (Ex. xvi, 8)
Voici une page tirée de la vie de la bienheureuse Marguerite Marie et. bien capable
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É. me dit alors que c'était à cause de sa paresse
Je vis € songe une de nos sœurs décédée depuis quelque temps. Elle me dit qu’elle souffrait beaucoup en purgatoire, mais que Dieu venait de lui faire sentir une douleur qui surpassait toutes ses peines, en lui montrant une de ses proches parentes précipitée dans l'enfer. Je me réveillai sur ces paroles et ie sentis tout mon corps si brisé que j'avais peine à me remuer. Comme on ne doit point croire aux songes, je ne fis pas grande réflexion sur celui-là ; mais cette religieuse m’en fit bien faire malgré moi, car elle ne me donna point de repos depuis ce moment, et elle me disait incessamment : “ Priez Dieu pour moi; offrez-lui vos souffrances, unies à celles de Jésus-Christ, pour soulager les miennes, et donnez-moi tout ce que vous ferez jusqu’au premier vendredi de mai, où vous communierez pour moi.” Je le fis avec la permission de ma supérieure. Cependant la peine que cette fille souffrante me communiquait s’augmenta si fort qu’elle m’accablait sans trouver ni soulagement ni repos. L’obéissance me fit retirer pour en prendre dans mon lit; mais je n’y fus pas plutôt qu’il me semblait la voir proche de moi et elle me disait: “Te voilà dans ton lit, bien à ton aise ; regarde celui où je suis couchée et où je souffre des maux intolérables.” Je vis ce lit, qui me fait encore frémir toutes les fois que j'y pense. Le dessus et le dessous étaient de pointes aiguës et enflammées qui entraient dans la chair. Elle
et de sa négligence à l’observance des règles. ‘6 On me déchire le cœur, ajouta-t-elle, ce qui est ma plus cruelle douleur, pour les pensées ar murmure et de désapprobation dans lesquelles je me suis entretenue contre mes supérieures : ma langue est mangée de vermine et on me l’arrache continuellement pour les paroles que j'ai dites contre la charité et pour mon peu de silence. Ah! que je voudrais que toutes les âmes consacrées à Dieu pussent me voir dans ces horribles tourments! Si je pouvais leur faire voir ce qui est 2 à celles qui vivent négligemment dans leur vocation, elles marcheraient avec une tout autre ardeur dans leurs observances et se garderaient bien de tomber dans ces défauts qui me font tant souffrir.” Je fondis en larmes à ce spectacle. Cependant l’âme souffrante continua. “ Hélas ! un jour d’exactitude au siience de toute la communauté guérirait ma bouche altérée ; un autre, passé dans la pratique de la sainte charité, guérirait ma langue ; un troisième, passé sans aucun murmure ni désapprobalion contre la supérieure, quérirait mon cœur déchiré; mais personne ne pense à me soulager, ” Après avoir fait la communion qu’elle m'avait demandée, elle me dit que ses horribles tourments étaient bien diminués, mais qu’elle était encore en purgatoire pour longtemps, et que là elle souffrait les peines qui sont dues à celles qui vivent avec tiédeur dans le service de Dieu. 5 + RARE SE - Obéissez donc à votre supérieure et,
sol n’a aut
our vivre heureuse, demandez à Dieu de ‘aimer.
‘ Ily a, dit le P. Champagnat, deux personnes de qui dépend le bonheur de chaque religieuse ; pour être contente et heureuse dans votre vocation, il vous faut nécessairement étre bien avec elles. Ces deux personnes sont le bon Dieu et votre supérieure.
‘“ Pour être bien avec le bon Dieu, deux choses vous sont nécessaires : craindre le péché et éviter avec soin, —être fidèle à tous vos exercices de piété et les faire avec toute la ferveur possible.
‘* Pour être bien avec la supérieure, deux choses sont également nécessaires : l’ouverture de cœur pleine et entière, —la docilité.
‘“ Donnez-moi une religieuse qui soit bien avec Dieu et avec sa supérieure et qui ne soit pas heureuse dans sa vocation et dans sou emploi ; je ne crois pas qu’il en existe une seule—Donnez-moi une religieuse qui ait peu de rapports avec sa supérieure, qui lui cache son cœur, ses défauts, ses faiblesses, une religieuse qui ait quelque rancune contre sa supérieure,—qui s'en croit maltraitée, et qui soit heureuse, contente et solidement vertueuse ; vous courriez toute la terre que vous n'en trouveriez pas une seule.
“ Pour une religieuse, obéissance, bonheur, solde vertu sont trois mots synonymes ; qui n’a pas le premier n’aura jamais les deux autres, ”
QUATRIÈME ILLUSION
L'obéissance doit étre raisonnable.
Oui sans doute, et certes c’est bien raïsonnable que d’obéir à une autorité légitime, à un supérieur, qui est pour nous le représentant de Dieu, et qui ne nous ordonne rien
contre les commandements de Dieu et contre:
la règle.
C'est bien raisonnable que de maintenir, par sa soumission simple, prompte, entière, le bon ordre et la paix dans la communauté ; et n'y aurait-il pas confusion et anarchie, s’il était permis à chaque particulier de raisonner sur les ordres du souverain et de discuter ses commandements ?
L'obéissance doit être raisonnable. —Mais quel est le sens que vous donnez à ces paroles ?
N'est-ce pas de citer devant le tribunal de votre raison à vous, les ordres qu’on vous donne ?—D’examiner s’ils sont en harmonie avec votre manière de voir,—et de les approuver alors seulement qu’ils sont tels que vous les donneriez vous-même ? Mais alors est-ce la volonté de votre supérieure que vous faites où la vôtre? et pour agir ainsi, était-il nécessaire de faire un vœu ?
Au lieu d’une obéissance raisonnable, c'est une obéissance raisonnée ou mieux raisonneuse que vous voulez,
longt insist:
accep l’exéc pouvc comm nous
| L'obéissance doit étre raisonnable—Direz-vous
|! que quelquefois on commande des choses
| contre le bon sens, et citerez-vous le comman-
dement d’arroser tous les jours, à heure fixe, un bâton desséché ?
Ce commandement n’est pas plus contre le
bon sens, que celui du chef militaire obligeant
À pendant plusieurs mois, ses soldats à remuer, : } d’une manière ridicule en elle-même, et leurs 1) M Dras et leurs jambes. Cet exercice, qui prête à. à rire à l’ignorant, a pour but d’assouplir les membres.—L'acte commandé par un supérieur , et qui fait sourire l’ignorant des choses de e A Dieu, a pour but d’assouplir la volonté, et la t novice qui, pendant un certain temps, l'aura ] fidèlement et pieusement accompli, deviendra r | une professe humble, généreuse, à qui ses g supérieures pourront demander les sacrifices A les plus héroïques, et ces sacrifices elle les 1] M accomplira avec bonheur (1).
e (1) L'obéissance ne consiste pas tant à faire toul ce, À qui est commandé, qu'à vouloir loujours le faire et à R essayer de le faire.
F Quand un ordre nous est donné pour agir,par exemple 3 | de telle manière, dans tel emploi : il est permis sans < doute nous le dirons, de faire les observations qui ; nous paraissent justes, si surtout nous sommes depuis
longtemps dans tel emploi ; mais si notre supérieure insiste, si elle n’admet pas nos raisons, nous devons accepter l’ordre et être intérieurement résolues de l’exécuter. Le moment de l'action venu, si nous ne pouvons pas 7cellement faire comme on nous a commandé, ne nous inquiétons pas et agissons comme nous pouvons. Au retour, rendons compte de notre
CINQUIÈME ILLUSION
J'ai échappé à l’obéissance,—on ne m'a pas commandée.
Êtes-vous bien en sûreté de conscience, uniquement parce que on ne vous a pas commandé?
—Cherchez les motifs de ce silence de votre supérieure :
1° N'est-ce pas parce que votré supérieure vous trouve ordinairement si hautaine avec elle, si raisonneuse, si peu portée de bonne volonté, qu’elle n’ose plus rien vous commander ? Vous lui avez tant de fois désobéi, vous avez tant de fois scandalisé la communauté, que, pour le bien de la paix, elle préfère s'adresser à une autre.—Devant le bon Dieu, pouvez-vous vous dire soumise, quand c’est vous qui forcez votre supérieure à se soumettre à vos caprices ?
20 N'est-ce pas parce que prévoyant que votre supérieure va vous ordonner ou vous
manière d'agir ; on nous grondera peut-être, on croira à notre mauvaise volonté, on insistera ; promettons
‘encore sincèrement, essayons encore ;—où Dieu
donnera des lumières à notre supérieure et elle changera d’avis, ou Dieu ncus donnera à nous le savoirfaire qui nous manquiuit.
: Nous aurons été humiliées, soupçonnées, mais nous
n’aurons ni murmuré, ni désobéi ; et Dieu aura été glorifié. 5 |
D < LQ 4<Omm
1niléc?
Dtr'e
urs VeEC nne 1ailous uté, fère eu, ’est SOU-
que DUS
défendre quelque chose, vous l'avez circonvenue, vous avez employé, sans qu’elle pût le soupçonner, toutes les industries de votre:
imagination et de votre habileté, pour que ce commandement fût fait à une autre ? vous vous êtes cachée, quand elle cherchait quelqu’un, de peur qu'elle pensât : vous ; vous avez dit, avec une indifférence calculée, que vous éprouviez une légère fatigue ; vous avez exagéré le savoir-faire d’une sœur pour qu’on l'employât...—Devant le bon Dieu, pouvezvous dire que vous êtes soumise, quand c’est vous qui forcez votre supérieure à se soumettre à votre lâcheté ?
3. N'est-ce pas parce que vous avez obtenu une dispense en donnant des raisons, non pas peut-être entièrement fausses, mais à demi vraies ; en étendant une permission au-delà du temps ou de l’objet pour lequel elle vous à été donnée ; en l’interprétant selon vos désirs ou vos caprices ; en mettant votre supérieure dans limpossibilité de refuser ce que vous désirez, parce que vous l'avez fait en partie, ou parce que vous avez employé des personnes à qui elle ne peut refuser ?—Et, devant le bon Dieu, pouvez-vous dire que vous êtes soumise, quand c'est vous qui forcez votre Et on à se soumettre à votre duplicité |
SIXIÈME ILLUSION
L'obéissance m'est trop pénible.
I. L’obéissance est réellement pénible à l’orgueil, à la sensualité, à l’indépendance, car sacrifier sa volonté et son jugement pour dépendre d'autrui non seulement dans sa manière d'agir, mais encore dans sa manière de penser et de juger et cela, non dans des choses indifférentes ou de peu de conséquence, mais en
ce qui semble regarder le salut et la sainteté,
—sacrifier sa raison et se conduire d’après les
lumières d'autrui, ne se rien permettre sans
l’aveu d’un autre, faire à l’aveugle tout ce
qu'il conseille ou ce qu’il ordonne, sans lui opposer la moindre résistance mème inté-
rieure ; c’est pour l’homme quelque chose de lus difficile que les privations, les jeûnes et es austérités. ;
Mais quand ce sacrifice est fait pour Dieu et au nom de Dieu, il perd une grande partie de ce qui le rendait pénible et il devient glorieux.
C'est l’orgueil, c’est la sensualité, c’est la lâcheté qui trouvent toujours des prétextes pour se récrier et pour murmurer.