S'agit-il des emplois
Préteate de faiblesse.—Cet emploi est trop péniblle, il nuira certainement à ma santé et je succomberai—Mais votre santé vous est-elle plus
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chère que votre salut et que la volonté de Dieu, et êtes-vous en religion pour votre santé ? Souvenez-vous donc qu’il n’est pas nécessaire que vous vous portiez bien, mais que vous vous sauviez. C’est votre supérieure qui répond de votre santé devant Dieu, ve n’est pas vous; vous répondez, vous, de votre obéissance. Non certes nous ne voulons pas que vous souffriez, nous voulons seulement que vous vous sauviez; et si le bon Dieu permet qu’on vous oublie, qu’on vous accable même, si, après avoir fait part de votre faiblesse, de votre fatigue, de vos douleurs on ne vous écoute pas, on ne vous croit pas.
allez au martyre, allez-y en pleurant. mais n’y allez pas en murmurant.
Et vous qui avez vieilli sous le faix du travail, trainez-vous encore pour accomplir la règle autant que vous le pourrez. Ne vous prévalez jamais de votre ancienneté, de vos travaux, des chargis que vous avez exercées, pour vous exempter sans permission des observances communes. Oh! que de bier vous ferez, quand on vous verra, courbées sous le poids de l’âge et des infirmités, aimer la règle et ne manquer à aucun exercice (1). Q
(t) Les théologiens exceptent de l’obéissance les cas où la chose commandée est d’une exécution très difficile ou périlleuse; comme si, en obéissant, l’inférieur s’exposait ou exposait quelqu’autre à un grave danger de perdre Za vie, ou l'honneur, ou la répulalion, ou la fortune. Dans des cas si critiques l’inférieur n’est pas tenu de se priver du droit certain qu’il a de conserver
Prétexte d'antipathie.—J'aurai pour compagne cette sœur qui me déplait; sa présence sera pour moi une source de fautes et une occasion de chutes : elle paralysera mon travail, elle mettra mon salut en danger.—Trop belles paroles et dont vous sentez bien l’exagération et même la fausseté. Qui sait, si dans les desseins de la Providence, ce rapprochement avec cette sœur n’est pas pour vous une occasion de multiplier vos mérites et de faire revivre votre charité? Qui sait si Dieu n’a pas altaché à ce sacrifice ses grâces les plus abondantes et même vatre salut ?
Prétexte d'incapacité. —Je n'ai pas les talents nécessaires pour cet emploi ; je ne réussirai pas, et la honte retombera sur la communauté.— Est-ce encore bien vrai? Est-ce la honte et lhumiliation pour la maison ou pour vous que vous redoutez ?—— Et supposons que ce que vous dites soit l'expression de la vérité, Dieu ne récompensera-t-il pas votre soumission en vous donnant des grâces de succès, si, après avoir exposé vos craintes, vous allez au travail avec dévouement et générosité.
2. S'agit-il des exercices de communauté et de la ponctualité à s'y rendre ?—Ici encore que de prétextes. On n’en peut plus ; on est accablé ;
des biens aussi considérables, lorsque le droit de lui imposer de pareils sacrifices n’est pas bien clair dans celui qui les lui impose. On peut même dire que, d'ordinaire, les supérieurs n’ont pas droit de prescrire des actes héroïques ; l'Eglise même s’abstient d’obliger avec cette rigueur. (Craisson, 503.)
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François de Sales, j'ai eu quelque sentiment de fièvre. Notre médecin n’a point voulu m'ordonner d'autre remède que le repos et je lui ai obéi. Vous savez que c'est aussi le remède que j'ordonne volontiers, la tranquillité, et que je défends toujours l’empressement. … Laissons pour un peu la méditation à cause de notre mal de tête... Que nous importe-t-il que nous soyons à Dieu d’une façon ou d’une autre ? ”— Voilà l’exemple à suivre.
Il est bien difficile d’avoir raison de ces esprits moins scrupuleux souvent qu'étroits et malades; essayons de donner quelques règles qui pourront leur être utiles dès qu'ils deviendront un peu humbles.
1. Il est certain qu’il est des choses qu’une supérieure ne peut jamais commander et auxquels les inférieures ne doivent pas se soumettre : Celles qui sont contre Les commandements de Dieu et celles qui sont évidemment contre la règle.
2. Il est certain qu'il est des choses qui peuvent être permises en certaines occasions, quaique défendues ou commandées en général par la règle, par l’Église ou même par le droit divin positif, comine le jeûne de Carême, l'obligation d'entendre la messe, de ne pas travailler le dimanche, la récitation de l'office divin,—ces lois peuvent souffrir des exce tions ; il est des circonstances où elles n’obuigent pas, et, dans le doute, l'autorité du supérieur qui explique la loi, doit tranquilliser la conscience des inférieurs. Quand il s’agit
d’un commandement de PEglise, une supérieure ne peut pas dispenser, parce que ces commandements ne tombent pas sous sa juridiction, mais elle peut juger, comme personne prudente et désintéressée, que, vu l’état de telle religieuse qui lui est confiée, ce com. mandement ne l'oblige pas dans ce cas particulier.—Et c'est à ce jugement que la religieuse doit se soumettre.
Mais, dira-t-on, une supérieure ne peut-elle pas se tromper ? Oui sans doute, mais une inférieure, en lui obéissant, ne se trompera pas. —Mais ne peut-on pas croire celle qu’on dis-
pense plus malade qu’elle ne l’est en réalité ?
Oui sans doute, et cette malade doit simplement dire sa pensée, et quand elle a exposé son état, elle doit obéir et former sa conscience sur celle de sa supérieure, méprisant complètement ses doutes et ses inquiétudes.—Voici comment s'exprime un théologien: ‘“ Dans le doute du pouvoir du supérieur ou dans ie doute de la licéité de la chose commandée, l'inférieur est obligé d'obéir… parce qu'alors ia condition du supérieur est préférable ; il est eu possession de l'autorité du pouvoir de commander et l’inférieur s’est dépouillé, en sa faveur, de sa liberté; c'est ce qu’exige le bon ordre el la subordination commandée ; le süipérieur, d’ailleurs, a droit d’ordonner tout ce qui certainement n'excède pas son pouvoir.” (P. Antoine.) :
Un autre théologien ajoute: ‘Il n’est pas nécessaire, afin que l’inférieur soit tenu d’o-
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