NATURE DE LA VERTU DE PAUVRETÉ
La vertu de pauvreté consiste à se détacher intérieurement de toute affection pour les biens terrestres. |
Le vœu de pauvreté a pour objet immédiat et direct le dépouillement effectif, la pauvreté extérieure . et matérielle. —La vertu a pour objet immédiat et direct le dépouillément affectif, la pauvreté d'esprit, le détachement intérieur.
Le vœu de pauvreté a des limites précises, la vertu n’en 4 pas, en quelque sorte, dans son désir de dépouillement complet ; c’est elle qui dit avec $. Cyprien : Quand on a Dieu, on n'a pas besoin d'autre chose, car celui qui a Dieu a tout. Dicu, dans une âme qui possède la vertu de pauvre‘é prend la place qu’aurait oocupée ou ce dent eile s’est privée pour l’amour de
ui. |
Toute transgression de la vertu de pauvreté n'est pas une violation du vœu, mais toute violation du vœu est une transgréssion de la veriu.
Üne religieuse possède la vertu de pauvreté, lorsque étant privée, ou par sa supérieure ou par un accidenté de certaines choses qui étaient
par- , de
8 He
‘à son usage, elle supporte cette privation sans
se plaindre, sans murmurer et avec beaucoup de paix, alors même que cette privation lui est très sensible.
Une religieuse ne possède pas la vertu de
pauvreté, lorsqu'elle tient avec affection à
une chose,—qu'elle aime à y penser, —qu'elle la désire, —qu’elle la recherche avec empressement,—qu'elle craint de la perdre,—et qu'elle murmure et sa trouble quand elle l’a perdue.
Le manque de vertu de pauvreté se mani- ‘feste surtout, on pext le dire, dans l’attache aux petites choses, à un vétement, à un meuble, à un objet de piété, à un livre, à une image.
La vertu de pauvreté est le complément du vœu de pauvreté, elle lui donne sa valeur.
‘ La pauvreté toute seule, dit S. Bernard, n’est pas une vertu, mais l'amour de la pauvreté est plus qu'une vertu, c’est une béatitude et la première des béatitudes. De grandes promesses sont faites aux autres; celle-ci est mise en possession du royaume du ciel: il ne lui est pas seulement promis, mais, dès ce monde, il lui est donné.”
Le but qu’on s’est proposé, en faisant le vœu de pauvreté, a été d'éloigner les embarras qui accompagnent toujours la possession des biens de la terre, afin de servir Dieu avec la liberté qui dispose à l'union divine et arriver ainsi à Aa perfection ; or, :l est évidenc que la religieuse qui n'a pas {a vertu de pauvreté, n’'at-
teindra qu'imparfaitement le but de son vœu; re
née ni racer à
os
la vertu de pauvreté pouvant seule la détacher intérieurement des biens de ce monde.