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que toute propriété lui est défendue, pour sin. terdire le plus petit acte qui blesse cette défense? La religieuse qui, en cette matière comme en toute autre, cherche jusqu'où elle peut aller sans commettre un péché grave, prouve par là qu’elle a bien peu l’esprit de sa vocation. D'ailleurs n’est-il pas à craindre que la cupidité ne l’entraîne petit à petit et ne lui fasse regarder comme vénielles des fautes qui peuvent être mortelles ?
Le vœu de pauvreté, lors même qu’il n’est que simple, oblige de sa nature sous peine de péché mortel. La violation ‘peut cependant n'être que légère à raison des circonstances. Mais quelle est la quantité requise pour qu’une religieuse pêche mortellement en disposant sans permission et sans raison suffisante des biens de la communauté ? |
Les théologiens conviennent généralement que la quantité qui suffit pour un péché mortel en matière de vol suffit pour le même péché en matière de vœu.
Quelques-uns enseignent, avec assez de probabilité, qu’il faut raisonner des vols que les religieuses font à leur communauté, comme des vols que les enfants font à leurs parents; c’est-à-dire que pour un péché mortel, il faut probablement une matière à peu près double de celle qui est requise dans les vols faits à des étrangers.
On ne peut, du reste, donner à cet égard une règle fixe et précise ; il faut pourcela connaître les circonstances qui accompagnent
cation ? Jésus-Christ pendant trente ans n’a-t-
la faute commise contre le vœu. Ainsi, pour former une matière grave, il faut une moindre quantité quand il s’agit d’une somme d'argent prise à la communauté, que quand il s’agit de choses qui se consument ou se détériorent par l'usage: aliments, linges. — Ainsi, si au vol même d’une chose minime, se joint le mauvais exemple qui directement ox indirectement entraîne les autres religieuses à voler à leur tour, le péché peut devenir grave. Malheur, dit S. Liguori, à la religieuse qui introduit le relâchement dans la pratique de la pauvreté |
Du reste, n’appelez pas, peu de chose ce qui vous fait pratiquer le vœu de pauvreté et conserve en vous l'esprit de votre état, En raisonnant et en agissant comme vous ie faites, le vœu de pauvreté ne coûterait ‘rien; or si un vœu ne coûte pas des sacrifices journaliers peut-on dire qu’on l’observe d’une manière vraiment méritoire ?
TROISIÈME ILLUSION
Je ne prends rien, je ne reçois rien, je ne gaspille rien; mais je ne travaille pas autant que je pourrais le faire. — Suis-je tenue à vivre comme une mercenaire ?
Ce mot de mercenaire semble vous humilier; ne répond-il pas à l’esprit de votre vo-
i,pour ilpas travaillé au métier pénible d’un artioindre E san? $S. Paul, qui pouvait vivre aux dé- ‘argent À pens de ceux à qui il prêchuit l'Evangile, agit de Æ ue se rend-il pas ce glorieux témoignage qu'il entpar Æ n'a été à charge à personne et que ses mains au vol Æ ont fourni à son entretien et à celui des personnes le mau- qui étaient avec lui ?
lirecte- L'état religieux, étant un nouvel engageà voler E ment à la pénitence et à la pauvreté, ne disre. Mal- E pense pas de gagner son pain à la sueur de son iintro- E front? Quelques savants ont même prétendu e de la E que le travail des mains était de l'essence de l'état monastique ; il est au moins certain que ce qui à ce travail a de tout temps été recommandé etcon- aux religieuses d’une manière particulière ; En rai- E et que ne pouvant prier Dieu toute la journée e faites, et n'étant po obligées, comme les religieux, n; orsi | à vaquer à l'étude, il leur a été enjoint, pour rnaliers À éviter l’oisiveté et ses suites, d'employer leur manière E temps libre à travailler de leurs mains. Sainte Thérèse, chargée du gouvernement de tout un ordre et de la conduite de trentedeux monastères qu’elle avait fondés, s’appliquait à un ouvrage manuel dans les intervalles que lui laissaient ses maladies, ses occupations et ses prières; et elle recommande ce
gasprtie travail dans plusieurs endroits de ses œuvres. HA FA s Ce travail est nécessaire pour éviter les ten-
tations et se conserver dans les vertus. L’oisiveté n'est-elle pas la mère de tous les vices ? — Il est nécessaire pour persévérer dans sa vocation. Je suis convaincu, disait un supérieur expérimenté, que presque tous les jeunes religieux
di
RE nnneseroin cotée
qui sont sortis de l’institut, n’ont perdu leur vocation que parce qu'ils se sont laissés aller à la paresse : non que ce vice soit la cause directe de leur sortie, mais il les a conduits à des fautes graves, et ces fautes,après leur avoir fait perdre le goût et l'amour de leur état, les ont portés à l’abandonner... Aussi le service le plus important qu'un supérieur puisse rendre à un jeune religieux, c’est de l’occuper de telle sorte qu’il ne lui laisse pas un moment de relâche. | Ce travail est nécessaire pour entretenir le bon ordre et la régularité dans la communauté. — Le bon ordre, la régularité et par conséquent la paix et la charité ne peuvent régner dans une communauté qu’autant que chacun des membres s’acquitte consciencieusement de l'emploi qui lui est confié. IL en est des emplois dans une cemmunauté bien réglée comme des anneaux d’une chaîne; un seul ui vient à manquer ou à se relâcher dérange orcément tous les autres.
Ce travail est nécessaire quelquefois pour subvenir aux besoins de la communauté; et,
dans ce cas, celle qui ne fait pas tout ce qu'elle
peut est cause de la souffrance qu’éprouvent ses sœurs ; et sielle ne souffre pas elle-même c'est aux dépens des autres auable ne manque de rien. — Si la communauté se suffit largement, le travail des sœurs est utile soit pour faire des aumônes, soit pour fournir une dot aux postulantes trop pauvres.
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De les sœurs obligées à faire la classe ; celui à est trop évidemment nécessaire pour qu’on le néglige volontairement. Le trop d’ardeur à l'étude serait plutôt à blâmer, surtout quand il porte à des études étrangères à la classe qui nous est confiée.
QUATRIÈME, ILLUSION
Si j'ai quelque chose de plus que les autres et si je demande quelque chose de plus, c'est que j'en ai besoin.
Cette raison est bien vague et peut s'étendre à beaucoup de choses. Oh ! sans doute, exposez vos besoins mais ne demandez pas avec trop d’insistance. Malade, laissez au médecin l’ordonnance des remèdes qu’il jugera convenable,
| laissez à votre supérieure et à l'infirmière ie
soin de faire venir ces remèdes et de les préparer. Acceptez-les avecreconnaissance, mais ne murmurez pas si on ne vous ls donne pas.
N’exigez pas les soulagements que peut-être vous ne pourriez pas avoir dans votre famille et que surtout un pauvre ne pourrait pas se procurer. | |
‘ Il est des religieuses peu animées de l’esprit de leur état, lisons-nous dans un ancien traité, qui dans leur maladie veulent essayer de tous les remèdes, quelque coûteux qu'ils puissent être ; elles veulent consulter tous les médecins d'une contrée ; elles ne craignent
pas d'oublier la clôture pour demander un voyage et prendre les eaux ; les attentions qu'elles exigent ne finissent point ; leurs recherches sur la nourriture et le bien-être sont infinies ; elles lassent les infirmières, dérangent toute une communauté et meurent enfin comme elles ont vécu, en vraies mondaines. ”
Et dans les cellules ? que de choses dont on pourrait et dont on devrait se passer!
Qu'’elles soient propres, mais qu’elles soient nues comme les cellules des pauvres et que le bon Dieu n’y voie que ce que la règle y a fait placer. — Ecoutez cette page de sainte Thérèse : ‘“ Nous passâmes quelque temps,mes deux compagnes et moi, n’ayant pour tout meuble que notre couverture et nos deux garde-pailles ; ‘et il y eut tel jour que nous n'avions pas seulement autant de bois qu'il en faudrait pour faire rôtir le plus petit poisson... Comme le froid était grand, nous le sentions fort durant la nuit et nous y remédiions le mieux que nous pouvions avec cette couverture et nos manteaux de gros drap.
Cette pauvreté nous remplissait de tant de consolations et de joie que je ne saurais m’en souvenir sans admirer les-trésors cachés que Dieu renferme dans les vertus,
ps,mes ir tout )s deux 2 nous s qu'il it poisious le reméc cette drap...
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CINQUIÈME ILLUSION
J'use seulement du pécule qui est permis en religion.
Le pécule est sujet à une foule d'abus. Voici comment la question a été traitée par un auteur ascétique,