DIFFÉRENTES ILLUSIONS SUR LA CHASTETÉ
PREMIÈRE ILLUSION
Se croire chaste parce qu’on n’a pas de penchant = pour le mariage.
L’éloignement naturel pour le mariage n’est pas un motif suffisant pour rassurer une religieuse sur sa chasteté.—Elle peut, hélas ! sans aucune de ces pensées profanes, oublier le respect qu’elle se doit, en oubliant ces enseignements de S. Paul : Faites donc mourir les membres de l'homme terrestre qui est en vous (Col. 11, 5.) et ne cherchez pas à contenter
| votre sensualité en satisfaisant vos désirs. (Rom.
xin, 14.)— Nous ne sommes point redevables à la chair pour vivre selon la chair : si vous vivez selon la chair vous mourrez, mais si vous faites mourir par l'esprit les œuvres de la chair, vous vivrez. (Rom. 1x, 12.)—Ne savez-vous pas que vous étes le temple de Dieu et que l'Esprit-Saint habite en vous : or si quelqu'un profane le temple de Dieu, Dieu le perdra. (1. Cor. ir, 16.)
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Quelle lumière et quelle instruction dans ces dernières paroles ! Nos corps sont les temples de Dieu ; donc, dit Tertullien, /a pudeur doit en être la gardienne et comme la portière, veillant continuellement afin que n'approche aucune pensée qui risque d’uffenser la majesté de Dieu, qui l'habite et l'oblige à l'abandonner.
Ecoutez encore le même apôtre : non seulement, dit-il, nos corps sont le temple de la divinité par la création ; ils sont encore, par l'incarnation, les mémbres de Jésus-Christ, | (1 Cor. vi, 15.) et par cette union ineffable du | Verbe avec la nature humaine, ils ont acquis une fignité nouvelle, ils soni entrés en société de nature et de grâce avec le corps dé Jésus- Christ, et comme le sien a été divinisé, les nôtres ont été divinisés aussi—Qui donc, continue l’apôtre, oserait profaner son corps ? | ce serait ôter à Jésus-Christ ses propres membrès et de purset chastes qu'ils sont les rendré impurs et souillés comme ceux d'une femme gui à violé ses devoirs.
Cette doctrine est commune à tous les chrétiens ; elle a pour les religieuses une force toute spéciale : c'est que votre corps, à vous, est plus saint que le corps des simples fidèles ; le vœu de chasteté que vous avez fait l’a dévoué tout particulièrement au service de Dieu et il a acquis par là une nouvelle consécration.
Voyez quel respect vous devez avoir pour votre corps, avec quel honneur et quelle révérence vous devez le traiter, surtout depuis
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qu'admise plus fréquemraent qu’'autrefois à la sainte Table, vous êtes en quelque sorte les ciboires vivants de Jésus-Christ.
La modestie doit être votre caractère dominant et votre vertu de prédilection. Devant vos compagnes ou dans votre cellule, sous le regard de quelqu'un ou sous ls regard de Dieu seul qui ne vous quitte jamais, la nuit comme le jour, dans la santé comme dans la
: maladie, ne vous permettez rien qui blesse la sainte vertu, même d’une manière légère ;
manière de vous vétir, soins à vous donner à vous-même ou à donner aux autres, Soyez toujours guidée par une grande réserve et un profond sentiment des convenances ; celles
jui manquent de délicatesse s’exposent au idanger de perdre la chasteté. Ne veuillez nas
passer pour étre large sur ce point ; soyez simple sans doute, mais prudente et respectez votre ange gardien tout autant que vous respecteriez une compagne.—Un peu d’excès dans les précautions en matière de chasteté n’est jamais blâmable.
C'est ainsi que, selon la belle expression de S. Paul, vous glorifierez Dieu, le portant dans
| votre corps. (1 Cor. vi, 20.)
II, DEUXIÈME ILLUSION
Se croire chaste parce qu'on n’est pas tenté conire celle vertu.
Ne vous fiez pas à ce calme plus apparen
que réel ; il y a là, de la part du démon, un ruse qui à fait de nombreuses et triste:
victimes.
Le démon vous laisse en paix pendant si:
mois, un an peut-être, afin que vous voi relâchiez de votre vigilance, afin que vor:
vous permettiez des visites, des lectures, u: laisser-aller, qu’autrefois vous n’auriez pa osé vous permettre, afin que, contente de vou: vous vous laissiez aller à une pensée d’orguei: et que Dieu vous abandonne.
Prenez garde, le démon est un insidieu:
agresseur : tantôt il se cache et ne se montr: qu’à demi ; puis, comme un voleur, il s’avance à pas comptés, protégé par le sommeil dans lequel il vous a plongée ; tantôt, lui qu'on : cru mort, ressusCite, il apparait subitemeni, il nous renverse.
Il y a en effet des apoplexies morales et des morts subites pour l’âme comme pour le corps Que faut-il pour les provoquer ? Une imprt
dence, un mut, une lecture, une entrevue.—Tout À ile
cela, dix fois déjà, nous l’avions fait, nous l'avions vu, nous l’avions entendu impuné.
ment...; c’est que le démon attendait. Le démon prépare longtemps d'avance la chute d’une âme, d'une âme religieuse surtout ; il y tra
vaille deux, trois, quatre, dix ans, s’il le faui. |
Il prévoit les événements, il épie les circonstances, il suscite des relations, il réveille des sympathies,,.
Oh ! ne vous fiez ni à votre vertu passée ni.
à votre force présente ; veillez et priez, afin
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nt en tentation.
TROISIÈME ILLUSION
Se croire Chaste e
M ROUrrissant une amitié trop af eclueuse
Pour une COMmpagne.
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dätrice du XVII . eut-être :
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Comme des anges et eémons.
Les dllachements de Cœur,
si On ne Veille à
les déraciner dès qu'ils se font sentir, durent quelquefois des années et sont plus à craindre qu’on ne pense communément pour la chasteté.
On se Les dissimule tout d’abord, on ne veut pas en convenir ; on impose silence à sa conscience, on repousse les conseils, les avis, les réprimandes, les défenses d’une supérieure ci expérimentée ; et, ne se croyant pas malade, E ce on ne prend aucune précaution, aucun remède } ve pour se guérir. pr
On se les pardonne facilement, parce qu'on |! /'a croit avoir le droit de se les pardonner ; les à il : raisons ou plutôt les prétextes ne manquent f on pas : c’est une affection légitime,—elle n'a rien & lan de sensuel,—elle me porte au bien,—je prie À ron mieux avec celte compagne, près d'elle, en pen- E me sant à elle,—je ne puis me passer de cette amitié. À mer
On les rend de jour en jour plus difficiles à E favc briser.—GCes liens du cœur se mont: nt d’abord E con comme des fils de soie très doux en apparence Etran et faciles à rompre ; peu à peu ils prennent la Efolle consistance des fils entrelacés formant unekpron corde ; puis ils deviennent cette chaîne de ferEne à dont parle saint Augustin et qui lui coûtafPam tant à briser. |
Oh, ma sœur, si vous saviez le bonheur, le paix, le repos qu’éprouve l’âme quand elle est} débarrassée de tous ces liens et qu'elle est® , seule avec Dieu !
Tranquillité, liberté, douceur, lumière, il y a tout cela dans l'âme l‘Et Dieu s’y fait sen’i:,: Ja il se montre, il aime : et c’est alors, mais 2/0r4Paui seulement, que la vie religieuse est le reii:
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r, durent craindre chasteté.
1 ne veut Ice à sa les avis, périeure malade, 1 remède
e qu'on
ner ; les h 1] anquent |
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—je prie |
en pen.
e amitié.
Îfficiles à d’abord parence anent la | int une e de fer 1 coûta
de la vie du
ciel et que la Maison, quelle qu'elle soit, est l'antichambre du paradis.
ÉCOUtez sur ce sujet la doctrine de S. Fran.
S0IS de Sales. Elle s'applique surtout qu Personnes du dehors, mais elle
dre aussi aux amitiés entr s1euses : Souvent Satan donne le
n Commence p à Moins de prendr
ment dans le cœur quel favorables à Ja Pureté...Je crie fort haut à qui- COnque voudra l'entenq
tranchez ; ne vous à