‹ Le livre des professes [microforme]Chapitre 78 sur 222 · PE · texte numérisé non relu

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qu’on ne nous passe rien à nous, tandis qu'on ne dit rien à d’autres plus coupables que nous, —se retrancher au moins sur les intentions qu'on a eues et qui, dit-on, connues de Dieu seul, suffisent pour justifier et pour consoler.

13. Être hypocrite, c'est-à-dire s’abandonner en secret à des passions qu’on ne peut se dissimuler à soi-même et les cacher sous les apparences de la vertu ;—c’est le dernier degré de l’orgueil.

14. Se montrer d’une grande susceptibilité, —voir presque toujours daus les paroles et dans les démarches des autres des injures qu’on nous fait ou qu’on nous prépare,—prenant en mauvaise part tout ce qui nous est dit ou nous est fait.—s’offensant d'un mot entendu, d’un geste surpris, d’une manière d’être qui a choqué, s’exaspérant, se fâchant et quelquefois même se laissant aller à l’emportement.

15. S'irriter de tout ce qui dans les autres n’est pas comme on voudrait et se plaindre de tout le monde,—reprocher à l’une son caractère singulier, à l’autre son air prétentieux ; à celle-ci son humeur chagrine, à celle-là sa

trop grande gaité ;—voir toujours une paille |

dans l'œil de celles que le bon Dieu nous a données pour compagnes et ne pas voir une poutre dans son œil à soi,

16. Ne rien passer à personne parce qu’on se croit toujours blessée par tout ce qui contrarie : c'est une parole échappée en récréation et qu'on regarde comme une injure,—c’est un

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refus qu’on a essuyé et qu'on regarde comme un affront,—c’est une contradiction qu’on ne peut supporter,— un manque d'égards dont on se souviendra...

17. Etre habituellement mécontente de tout et de tous : on ne nous rend pas justice, —on ne nous estime pas à notre valeur,—on ne se sert pas de nous,—on ne nous demande jamais conseil... |

18. Exagérer ses peines, ses malaises, ses délaissements,—on souffre de tout le monde :

des supérieurs, du confesseur,des compagnes, de l’emploi du temps, des infirmités, de l’âge. et personne ne compâtit à nos souffrances ; on nous laisse de côté, on nous oublie, on nous abandonne ; on ne l’a pas cependant mérité,ce traitement.—Ah ! si on avaitsu!

19. Etre méfiante de tous et s’en faire gloire, attribuant ce manque d’humilité à la pénétration de l'esprit qui fait connaitre combien dans les communautés il y a peu d’amies sincères, droiîtes, franches.—$Si tout le monde était comme elles, disent ces âmes orgueilleuses, elles vont droit, elles, mais les autres! elles trompent, elles trahissent.. aussi gardent. elles tout pour elles seules !

20. Vivre boudeuse après une observation, un refus, un reproche,—passer des journées

entières sans se dérider, sans dire un seul

mot, montrant un visage froid, sec, raide et répondre sèchement à une parole d’affection : Laissez-moi tranquille, je sais ce que j'ai à faire.

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— Ces actes de mauväise humeur ne sont que des accès d’orgueil.

21. Parler avec affectation du travail qu’on a à faire,—de la fatigue qu'on éprouve, —du peu de temps qu’on a pour prendre haleine, — du peu de secours et de soulagement qui est donné,—dire souvent qu’on ne tiendra pas longtemps à un labeur si incessant et répéter à tous les reproches qui sont faits sur le peu d’exactitude aux exercices ou à toutes les demandes d’un service à rendre : qu’on n'& pas le temps.

22. Exiger rius que les autres soit pour les soins du corps, la nourriture et les vête ?nts, soit pour les dispenses sous prétexte . la charge qu’on occupe ou de l'emploi qu’on remplit, — commander ses inférieures, les sœurs plus jeunes ou celles qui sont dans le même emploi, avec un ton raide, aigre, impérieux.

23. S'accuser quelquefois pour obliger les autres à faire notre éloge,—dire tout ce qu’on trouve de mal dans une action qu’on a faite pour entendre dire par les autres que rien n'est mieux réussi—demander avec instance qu’on nous fasse connaître nos défauts et se montrer susceptible et se fâcher contre celle qui à la simplicité de nous les dire,—on appelle cette manière d'agir : hwmilité à crochet.

24, Prodiguer les conseils, mais ne jamais

en demander au moins avec sincérité, —mépriser ceux qu'on nous donne, et trouver étrange et hardi qu’on ose nous en donner.

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25. Se révoller et se raidir contre toute réprimande, sous prétexte qu’elles découragent et qu’elles désespèrent, qu’on ne doit plus être traitées comme des enfants et des novices,

ue pour des religieuses anciennes et qui ont e l'expérience, la conscience suffit.

Nous arrêtons là cette Liste déjà longue des prétentions de l’orgueil. Qui de nous, en sondant son cœur, ne pourrait pas la prolonger encore !

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